Archive for the demembrement Category

459. Voyage Au Cœur De La Colline Intérieure : Sous L’Angle De La Maison-Sorcière IV

Posted in demembrement, fantôme with tags , on novembre 8, 2019 by 1000morts

Après elle, l’espace où tout finit. Monte-charge vers l’infini des enfants désossés, boire le verre au plus vite, cet état où le bois verni disparaît dans son ouverture, plateau articulé, corps qui se momifient dans la certitude, des raccourcis plein la bile, danse des cheveux dans un siphon de musique, ici les hommes se tordent en nuée, ici les femmes changent de nom, et d’ores c’est les carreaux qui déchirent la structure d’un étage en raz-de-marée, et déjà la musique estropiée des généalogies coagule sur une faïence amère. Ici apparaissent les contradictions qui étirent le sourire. Ci-gît l’attente aux cheveux gris. Images qui se tordent sur elles-mêmes, souvenirs d’une carrière gâchée, planisphère des familles du fer de la cordite et du calcaire. Odeur de quelque chose qui ressemble à un viol. Ici dans le carré des pierres arrachées aux bras des hommes, servitude volontaire d’un système perdu, pendu à ses lèvres, à elle qui hante les couloirs d’artères, son fantôme immense, ses yeux à la fenêtre qui n’existe pas, et toute une enfance gâchée dans un carré d’un mètre de côté. La fenêtre de bois. Montée écarlate vers des espaces, incertain, l’échappée aux chiens à crocs, pas ici au-delà de la porte et sur l’escalier des trouées dans la jambe, mais ici, au mètre carré, quelque chose comme l’écho des passages, savoir que tout le monde s’y retrouve, et que l’organisme général plonge ses racines dans la terre marneuse d’une colline intérieure.

451. Comme Incantation Des Terres Qui Dégorgent : Contemplation de L’Ombre Déchiquetante V

Posted in demembrement with tags on octobre 31, 2019 by 1000morts

Au paradis des pièces de couleur successives, les accords de la chance, sa mécanique intérieure prend des ratés pour des traits de génie. Rossetti ses battements de cœur intermittents, la tyrannie des mariages invoulus. Long métrage douloureux projeté sur grand écran, le grain des chairs en gros plan, chaque regard vissé à sa veine, lui ténu debout devant la foule, attaché au premier rang, des paires d’yeux braqués comme flingues sur sa tempe, tous ces gens essoufflés, la toile derrière lui palpitante d’images d’alcool, de lumières atrophiées, de scènes où des filles acceptent tout, où tout part d’un meurtre rituel, des messages au mur, viande grillée, où tout part d’une disparition et d’un retour.

L’agenda caché d’un homme aux tatouages mal placés.

Ses sceaux sur la peau ne veulent rien dire. Répétition du vide. Cage d’escalier qui aspire. Poumons se gonflent. J’entends les chants du vide, il pense. C’est pourquoi je suis ici, dans l’escalier à moitié descendu, quatre ou six ou huit marches vers le cocon, puis un garde-fou, puis le tout-venant.

Rossetti, projetée sur sa peau l’encre de son âme, son algèbre des descentes aux cercles, le jeu des anneaux sur bras tendus, triomphe de l’écartelé, et ici, sous ce ciel tatoué, des nuages faux et l’odeur du porc grillé, ici sur la femme qui enfle et la terre qui dégorge, ici Rossetti étend les bras et accueille en son sein, comme des mouches aux flammes, l’incantation des cordes qui claquent et des visions brisées.

419. Vision De Chrome En Nouvelle Chair

Posted in demembrement with tags on novembre 1, 2011 by 1000morts

Déclic. Il sent la serrure derrière sa peau. Sa clé en main, la forme du couteau. Menace de l’ouverture, mais il lui faut passer.

Au prix des déchirures, syndrome de Münchhausen des crocheteurs du vivant.

416. Contemplation De L’Ombre Déchiquetante I

Posted in demembrement, meurtre with tags , on octobre 25, 2011 by 1000morts

Acte 1, Rossetti debout sur la scène, toutes lumières braquées sur lui, la poursuite obsédante, aveuglé, Rossetti se protège les yeux de ses mains et attend que la rétine s’habitue, se focalise à nouveau sur Ce Qui Est En Face : scène de meurtres, lieu du massacre, étal de boucherie, et cette ombre magnifique, son jais jaillissant en lames courbes, vivantes, un tourbillon déchiquetant, Rossetti en perd son alphabet du shéol pendant quelques instants, quelques instants seulement.

401. Les Mille Plaies de Lodger Visitées Par Une Armée D’Incrédules

Posted in demembrement with tags on janvier 14, 2011 by 1000morts

Rien n’indique qu’ils n’aient pas survécu. Leur ombre, pourtant, est ici, dans le shéol. L’Antichambre Des Disparitions.

Des mantes religieuses géantes, il sent les raclements de l’autre côté de la porte.

Des léviathans ressuscités. Des moustiques de la taille d’un faucon, aimantés par sa luminosité intérieure.

Lodger n’est pas en sécurité dans sa chambre. Les autres ont revécu leurs traumas en boucle, n’y croient pas et refont le parcours, reviennent sur leurs pas et recommencent, rebroussent chemin et contre-vérifiient. Lodger est piétiné par leur incrédulité, pendant que les insectes prennent le pouvoir et assèchent l’univers au niveau subatomique, transformant les terres fertiles du Ponant en déserts de rocailles, et tout en souvenir, tout en souvenir.

397. Au Commencement Etait La Cellule Souche

Posted in demembrement with tags on décembre 17, 2010 by 1000morts

La suivante est vide. Son lit de fer, son tabouret, sa fenêtre grillagée, son ampoule nue tombant du ciel, comme une épeire de lumière recroquevillée.

L’ampoule oscille, les murs vacillent, coagulés, Wier regarde mieux et c’est un réseau d’intestins qui les tapissent, toute une flore en excroissance sur les parois, un jardin d’entrailles, les tubéreuses parcourues de frissons, lianes en reptation, amas de nymphéas qui déglutissent, le suc empoisonné des liserons, sphincters de pistils, Wier referme le judas sur une odeur douceâtre, légèrement émétique, d’un jardin trop longtemps enclos, visible seulement de la fenêtre secrète.

370. Passager (9/10)

Posted in demembrement, passage, Uncategorized with tags on février 23, 2010 by 1000morts

– Ne bougez pas. Ne les regardez pas dans les yeux. Laissez-les s’amuser.

Malgré la lumière avancée, ce ne sont que taches sombres autour d’eux, se fondant et s’extirpant sans logique. Un grondement sourd réveille son foie malade. Et la mort passe devant ses yeux.

Ils restent immobiles un long moment, le regard brouillé par la sueur, des ronces prises dans leurs jambes. L’essoufflement, la fatigue criminelle. Et là, devant, partout, derrière, comme un exosquelette de mastication.

– Non, surtout, ne bougez…

Le Passeur est soulevé de terre et projeté dans l’ombre. Sa trajectoire coupe le cercle et tous se jettent sur lui.

Il n’y a bientôt plus personne pour menacer le Passager, figé dans sa dernière attitude : les bras tendus et le corps en avant. Avec cette tension tenace dans les muscles, preuve que c’est bien lui, même s’il en doute sincèrement, qui a consenti le sacrifice. On ne récrit pas le passé.

Les bruits issus du Passeur sont proprement dégueulasses. On déchiquette sa peau, ses liquides éclaboussent les canines, le serpent de viscères file dans les hautes herbes. Le Passager n’attend pas de savoir si le festin est à leur goût : il se retourne, discrètement et à pas feutrés, commence à franchir les grilles. Elles ont disparu.

Un rire éclate comme un applaudissement.