Archive pour liz

464. Pour Lente Agonie D’Une Main Sans Phalanges : Sous L’Angle De La Maison-Sorcière VI

Posted in operation chirurgicale with tags , on novembre 13, 2019 by 1000morts

Passage sur le billard, l’homme invisible à la main martelée, peau du serpent sur l’étoffe verte et la chair de marbre. Cheminée jumelle, escamotée jusqu’à l’os. Autour de la dalle funéraire, quatre joueurs, quatre queues, quatre bandes. Cinq noms dans le cercle, d’abord le centre puis de gauche à droite. Et dans l’angle où tout soupire, le clavecin du diable, ses marteaux sur tendons résonnent l’hallali des alimentations déficientes.

Trop de fenêtres, trop d’yeux braqués jouant dans les veines, les veines épuisées des oiseaux sans souffle. Peau creusée sous la plume. Témoignage interdit.

Et dans ce renfoncement, les outils de couture, la peau ligaturée, et les statues de femmes nues aux sphères en équilibre, la réunion des farfadets aux dents de sabre, le métronome qui penche de gauche et de droite, et quand les battements s’accélèrent, c’est le monde qui craquelle de droite et de gauche.

Porte-fenêtre ne donne sur rien.

Miroir incandescent.

La lente agonie des mains sans phalanges.

462. Souvenir Du Poème En Noir : Sous L’Angle De La Maison-Sorcière V

Posted in calcification, fantôme, irradiation with tags , on novembre 11, 2019 by 1000morts

Ici la salle-à-manger du meurtre, ses deux portraits en surplomb, l’échange des sangs assemblés, l’ancêtre à la souvenance et l’autre qui calcifie sur sa chaise percée, l’organe a son absence d’os, lieu du chien et de la misère, cheminée sur du vide et bibliothèque qui s’escamote sur le mensonge, promesses sans merci, l’échappatoire des estropiées, un bureau près de la fenêtre par où l’on regarde la créature qui s’approche, le soir qui tombe, la grosseur derrière la mâchoire, ne plus tenir à rien quand les stores s’abaissent comme un train de marchandises. Et derrière les carreaux de verre, la contre-allée vers la falaise, le kiosque où se déclarent les flammes, les champs de moutons et les connexions siamoises, l’erreur et le doute et le troc du sang d’absence. Quand les visages se multiplient en un seul, ces deux portes dont une fausse ouvrent aux plaques de marbre et aux marteaux qui frappent la peau fine des tympans. Elle est miroir sur le manteau. Elle est buffet aux couteaux. Et sous le lustre qui fait pleuvoir la nuit, Liz accroche ses filaments d’hivers nucléaires aux démangeaisons du diable.

459. Voyage Au Cœur De La Colline Intérieure : Sous L’Angle De La Maison-Sorcière IV

Posted in demembrement, fantôme with tags , on novembre 8, 2019 by 1000morts

Après elle, l’espace où tout finit. Monte-charge vers l’infini des enfants désossés, boire le verre au plus vite, cet état où le bois verni disparaît dans son ouverture, plateau articulé, corps qui se momifient dans la certitude, des raccourcis plein la bile, danse des cheveux dans un siphon de musique, ici les hommes se tordent en nuée, ici les femmes changent de nom, et d’ores c’est les carreaux qui déchirent la structure d’un étage en raz-de-marée, et déjà la musique estropiée des généalogies coagule sur une faïence amère. Ici apparaissent les contradictions qui étirent le sourire. Ci-gît l’attente aux cheveux gris. Images qui se tordent sur elles-mêmes, souvenirs d’une carrière gâchée, planisphère des familles du fer de la cordite et du calcaire. Odeur de quelque chose qui ressemble à un viol. Ici dans le carré des pierres arrachées aux bras des hommes, servitude volontaire d’un système perdu, pendu à ses lèvres, à elle qui hante les couloirs d’artères, son fantôme immense, ses yeux à la fenêtre qui n’existe pas, et toute une enfance gâchée dans un carré d’un mètre de côté. La fenêtre de bois. Montée écarlate vers des espaces, incertain, l’échappée aux chiens à crocs, pas ici au-delà de la porte et sur l’escalier des trouées dans la jambe, mais ici, au mètre carré, quelque chose comme l’écho des passages, savoir que tout le monde s’y retrouve, et que l’organisme général plonge ses racines dans la terre marneuse d’une colline intérieure.

454. Où La Faïence Sonne Le Glas De Toutes Les Fins : Sous L’Angle De La Maison-Sorcière III

Posted in defenestration, fantôme, Uncategorized with tags , on novembre 3, 2019 by 1000morts

Vue des cuisines de l’intérieur.

Sous la peau des ongles, un placard aux ossatures, l’autre à l’évier et l’égout, les canalisations souterraines, tunnels vers les nouvelles créatures, jusqu’aux carrières de l’ombre et du schiste, la crayeuse clarté des cadavres. Tous esclaves du même visage. Figés dans la voussure des épaules, leurs bras comme prolongements des siens, leurs yeux ouverts sur son vide, leur souffle haletant dans sa bouche, leur sang pompé par son cœur de veines.

Deux hautes fenêtres sur le chemin des demi-tours.

Les carcasses du temps jadis. Ne plus savoir où était quoi. Tout tourne, le bois et le métal, la viande et les fragments de ceux qui portaient les pierres. Long ruban humain pétri par la boue et l’incandescence des défenestrations.

Cette pièce presque carrée. Encerclée de faïence. Carreaux bleus des cités bombardées.

Liz ne sent rien ici. Pas le parfum des vernis, bonnets de perles, plastrons de nacres, les armes météores, l’or et le bleu, les pommeau de roche, l’huile qui baigne et anéantit, elle ne sent rien. Ses mains ouvertes comme des antennes. Ses bras trop courts pour caresser les nuages.

Ses pieds trop ronds pour s’enfoncer jusqu’aux nouvelles créatures.

Et ressortir où l’on équarrit la pierre.

La vaisselle baignée de fantômes.

Cachettes de sucrerie. Mangeoire des enfants sans ouïes.

Premier niveau de l’enfer.

446. L’Arthrose Au Puits De La Nuit : Sous L’Angle De La Maison-Sorcière II

Posted in mutilation with tags , on octobre 26, 2019 by 1000morts

Liz plonge en montant l’escalier, tourne dans l’éther figé, la glace du souffle, silhouette du troisième frère coupée en deux, l’un la plante dans le sol et récolte le désert, l’autre ente son âme en tube.acier dans les rangées de fruits et dégorge sa splendeur de dieu.

Sur les marches de pierre Liz bâtit son église. Un échafaud d’hommes et de robes. Enfant escamoté dans les placards magiques. Quêtes et troncs, la forêt cachée des soutanes, Liz se souvient et entrouvre la porte, sans jamais savoir si elle mène à l’escalier ou à l’enfer.

Au premier hall, fenêtre sur arbres, vent dans les feuilles, et le bois fixé sur les parois, le carrelage, les peaux d’animaux tendues d’un mur à l’autre.

Liz sent l’odeur des caillots.

Les écluses qui rompent. Jonction des deux fleuves en contrebas. Ses artères qui s’entrelacent.

Ses fibres qui claquent.

Liz frôle de la main les parois du songe. L’ampoule brûle lentement dans son cocon verre et cuivre. Jette des frelons sur ses bras, son visage, l’eau mouvante coulée par la lumière, comme bassin vitriol des dernières sorcières.

Peau du cou découpée par la lumière. Alterne pulsations et silence, pulsations et silence, dans la jonction muette de la main et du chambranle. De la main qui d’ores tranche son arthrose au pli organique de la nuit ; du chambranle qui déjà pousse sa sève d’os dans les veines gainées de xylophène.

443. Sous L’Angle De La Maison-Sorcière I

Posted in disparition, Uncategorized with tags , on octobre 25, 2017 by 1000morts

Matrice convexe, Liz expire son premier souffle derrière les plantations d’amanites et d’anémones. Là où les miroirs se craquèlent et explosent au ralenti sous le sabot des taureaux. Elle vêle son troupeau d’ombres en creux dans la cave de la Maison-Sorcière.

Là où les chiens se nourrissent dans des toiles de jute qui tremblent après leur passage.

Où d’ores les couleurs du nez qui saigne, et déjà le regard de craie noire ne suffisent plus à amadouer les rats et les artifices. Les murs murmurants des couloirs de poussière.

Elle s’y trouve des échos d’inceste. Des branches noueuses perçant la pierre. Des gouttelettes perlant aux pointes. Des humeurs collant aux bacs d’acide.

Et toute cette vie dégoulinante dans les étages intermédiaires. Ces mains qui s’égarent. Ces culs-de-sac qui mènent à tout. La mise en joue du corps. La mise en pièce des organes génitaux. L’éternelle reproduction du même, vision moderne de la parthénogénèse des monstres.

Etendue parmi les flaques sombres, Liz épouse la forme de son âme perdue dans les corridors murmurants de la Maison-Sorcière.

Aux avancées sur la peau, elle oppose la froideur du vin tourné.

Ecartelée, elle pique du nez dans les rangées de pommes véreuses.

La base du triangle se creuse en pointe de flèche.

Liz, sa forme se dilue dans les artéfacts industriels. La craie des carrières. Le poids de la misère en coulures de maisons à un étage, semblables à des dents cariées. Et lentement elle s’efface dans la moisissure de son premier souffle. Et épouse la forme de la Maison-Sorcière. Sa cave comme crypte. Ses celliers comme tentacules. Ses murs de roche comme cantique. Au retour de l’immondice, l’hymne reprend les décombres. Et son corps devient autel sous les collines creuses.

438. Dans L’Immaculée Ténèbre Des Maisons-Sorcières

Posted in metamorphose, reproduction with tags on juin 25, 2012 by 1000morts

Liz-l’accoucheuse remédie aux sas de l’attente sur les îles du Virus.

A sa décence, remballe sa peau-latex et dévoile ses monstres. L’accumulation drolatique des enfants du goitre.

Soubassement organique, Liz est fleur ouverte sur la rouge bordée des macérations. D’elle poussante les crocus de briques, les amanites d’ardoises et l’efflorescence des gueule-de-loup couleur du verre. Au mastic amer des mastications.

Liz claque des dents dans l’immaculée ténèbre des maisons-sorcières.