Archive for the torture Category

518. Sa Robe De Voix Appelle Les Essences De La Course : Mère 1/2

Posted in torture with tags , on janvier 6, 2020 by 1000morts

La scansion de ses pieds sur le sol dur. L’odeur du métro à venir. L’obsession des tunnels. Le blanc métro dans son extension. Vaporeuse comme un miroir, Liz dessine des silhouettes avec ses doigts, qu’elle ne voit pas dans l’obscurité. Tout remonte autour d’elle, défigurée dans la descente, elle pense aux quartiers d’ouvriers, aux maisons à un étage, greffées les unes aux autres, à ces sœurs siamoises où circulent des fluides qu’on ne nomme pas. À ces luttes au poing levé. Ces ruelles sans fin. Ces passages entre les jardins, comme un autre jardin qui mène à d’autres routes, à des trottoirs, des courbes, des croissants, des ronds-points où tournent des voitures sans fin, ces longs rubans de voitures sans fin, Liz invoque des puits à ciel ouvert, des essaims damassés, des arbres toujours, pétrifiés dans la nuit des collines creuses. Elle court ici, dans les sons déformés et sa faim d’univers, sous un dais fossile.

Elle court vers rien, termine les tessons dans la gorge d’où sort non pas un son, une graisse qui glisse dans la nuque, et dans son dos ce sautoir de glaire, ses osselets pendus, ses instruments de torture chinoise abandonnés les uns après les autres, aux reflets sur la roche, les yeux d’enfants apparus soudain au détour d’un cauchemar, des enfants dressés dans leur nuit d’urine, leur soif, l’assouvissement du compte à rebours interne.

Tant qu’elle peut elle ferme les yeux, alourdie de sommeil, ses mains tendues contre les veines du bois, ses tendons déchirés d’alcools, sa robe de voix appelle les essences de la course.

497. L’Annihilation Permanente Des Nutritions Sacrificielles : Contemplation de L’Ombre Déchiquetante VI

Posted in sacrifice, torture with tags on décembre 16, 2019 by 1000morts

Suspendu au plafond, observant le grenier comme une cuvette, une caverne inverse pleine de stalactites concassées, branches humaines brisées par le souffle du nord, toute cette magnésie empoisonnée énumérée au plancher, et face à lui les deux portes, l’une ouverte sur un rouquin qui se tord, l’autre fermée sur l’amoncellement des shrapnels du souvenir.

Sous ses pieds et la paume de ses mains, le crissement d’un insecte, là de l’autre côté, du côté des éclairs, des signes cabalistiques du ponant, et de toutes les tauromachies des invocations.

Perdu dans les rues, les artères du bois et du plâtre peint, perdu dans la pénombre qui jette ses couloirs dans l’épaisseur du béton, en contre-haut des verrières d’arêtes, là où mènent les monte-plats et les voies de l’est.

Ici vont les prédateurs du naos.

Nile Rossetti, sa lumière intérieur projetée contre un écran de peau, suspendu aux crochets qui descendent du plafond, attend la montée des branches chargées de fruits et l’épanchement des rivières, l’annihilation permanente des nutritions sacrificielles.

Se vêtir d’un homme, se dit-il.

Se vêtir par la voix.

Toucher une chose du bout d’un doigt.

Dans la tristesse et la dévastation, trouver le sang qui monte aux yeux.

Ici sont les corps des dés jetés au visage.

473. Chiffres Pour Cauchemars De Tourelles

Posted in sacrifice, torture with tags on novembre 22, 2019 by 1000morts

Nous sommes cachés ici dans la maison de la chair.

Tour de sel offerte au soleil.

Murs réfléchissants de verre braqué.

Courbure de l’espace-temps qui concentre la chaleur.

Et cette silhouette de Glass en musique répétition. L’abrutissement des sons délacés d’une minute et cinq secondes. Palais de verre. Montants en fer. Tous prennent feu quand les yeux se détournent. Demeure impériale taillée dans la glace.

Les murs absorbent le sang qui passe. Salle de bal où les souliers se doublent de cuir.

Éclairs abrutis.

Toiles de chasse. Chiens peints qui attendent des proies d’ombre.

Jeter la lumière du soleil sur les branches chargées de fruits et de vers luisants.

Le détective découpé au fond de papier peint, gémit dans son réceptacle. Première pointe s’enfonce sous une perspective de personne diffractée.

Ses propres marques sur propre peau.

Dessins à l’eau lourde. Point d’impact à l’intersection de l’âme et du corps.

Langage simple des esprits. Bruits d’articulation aux manques d’ailes brisées.

Retour à l’antre pour une partie d’échardes.

Bras d’honneur au dieu intérieur.

Décoration tentaculaire dans la peau d’un autre.

Rideau rouge pour attirer les chasseurs.

Seringue enfermée des proies offertes.

Tim S. Glass, incarnation involontaire de l’esprit de sacrifice.

463. Éveil Aux Cités Dévastées Des Montagnes Oculaires : Double Abîme Scalpel Éternel V

Posted in torture with tags on novembre 12, 2019 by 1000morts

À nouveau mort dans la maison sans miroirs, ceux qui tombent le saluent, Tim Glass ouvre un œil, couché sur une statue, un socle des spectres fossiles.

Sa canicule pointe à l’instar d’une clé de verre.

Penché sur lui, sa voilette effilochée comme par trop de baisers humides, son odeur troublée par la désignation des constellations du chien, le visage de jaguar, le visage sans cervelle.

Elle ses yeux minces comme des interstices, accaparée par le show-business, le grand frisson, l’Oubli, inspire et rêve et ses yeux s’agitent sous la membrane.

Ses yeux sans nombre.

Sa chair oculaire.

Électrique pensée d’aventurine.

Ode à la femme-serpent.

Elle ses yeux ses yeux du tracé artériel, mère de toutes les perles, d’une bombe lâchée comme un songe sur une ville endormie, dépiaute les somnambules, désosse les oiseaux de nuit, équarrit la matière même des statues de cire.

Tim Glass sent les ongles qui s’enfoncent dans la bouche et tirent de ses cordes vocales un semblable aux Stukas.

444. Ses Yeux, Ses Yeux, Ses Yeux : Le Double Abîme Du Scalpel Éternel I

Posted in torture with tags on novembre 5, 2017 by 1000morts

Et cette cliente habillée de noir. Celle de l’absorption. Des infrasons.

Des heures qu’elle attend sur son fauteuil. Glass l’épie à travers le tableau noir, flashback dans les modes d’emploi de la nutrition déficiente. Celle qui exige des crocs au lieu des dents, et la famine éthylique à la place du sommeil.

Les adages défilent dans son esprit ; aucun ne s’adapte, aucun ne l’abreuve en sa nuit de pleine lune, aucun ne répond à la situation. Ses doigts courent sur le clavier. Les fréquences se succèdent. Se multiplient comme rats pris dans les vibrations d’un roseau, comme les enfants du paiement de la dette. La mythologie du commerce : tu me prends, je te donne ; tout le monde perd. L’épiphanie des sabots fendus.

La course en esprit de Glass : deux jambes amputées, balancements sur ses gros orteils, ses oreilles percées, les sons en sourdine, le monde qui s’efface en coulisse, le rideau s’abaisse, l’inconscience baigne son cerveau quand la cliente se lève, s’approche du bureau, le contourne, s’approche du tableau noir derrière, son visage à quelques centimètres, sa voilette frôlant la surface irradiée, et ses yeux, ses yeux, ses yeux-vortex chantent des libations aux dieux à tentacules, honorés d’une lueur rougeâtre qui fait glisser de la sueur dans le dos de Glass, qui le pique dans la nuque et le transforme.

– Herr Glass, la multitude…

La voix fait vibrer ses os des échos du scaphisme.

– … vous appelle dans la nuée du double abîme.

Glass, sa chair démultipliée se découpe dans l’immobilité éternelle du scalpel.

398. Dans La Couche Du Lion, Le Royaume Des Manticores

Posted in torture with tags , on décembre 20, 2010 by 1000morts

Voici SteelSun couché dans son piège-à-loup. Voyez-le gésir sans percevoir la lumière du dehors frapper son lit, après être passée dans les branches du mûrier, ces rayons de plusieurs verts, des promesses de chaleur. Voyez-le en sa douleur. Il ignore les hautes fleurs bleues au visage penché ; il ne voit que les guêpes, les frelons, toute la domesticité des épidémies. Voyez-le grimacer, se souvenir d’événements qui ne sont pas les siens, pollué des autres protagonistes de cette histoire. Voyez-le, trituré sur sa couche, hanté par Rossetti et ses visions reptiliennes, l’expression pelliculaire de sa colère-serpent. Voyez-le se passer en boucle, projetés sur ses paupières internes, les cauchemars de Rossetti en director’s cut, ses images de greffes à rebours, l’engendrement des chimères, des coutures qui ne tiennent pas. Voyez-le, abattu, gravé au royaume des manticores, noyau planté dans la terre, crevant son propre abdomen pour donner la vie, mais à quoi ?

390. Les Soleils D’Acier Font Un Bruit De Boucherie

Posted in torture with tags on novembre 12, 2010 by 1000morts

Il ne voit pas mais entend.

Les jambes dans leurs cocons de métal, qui s’entrechoquent en passant dans les couloirs.

Ca fait comme deux couteaux de boucher qui s’aiguisent l’un l’autre en s’approchant de sa porte.

Il ne peut qu’entendre, mais sa peau appréhende déjà la glace palpitante et plane. Et l’échappée des fluides qui s’ensuivra.

Et la haute couture, surtout elle, les petits couteaux d’aiguilles, le fil qui devient chair, l’éternel retour des infirmières, la chute des fragments, gonflement des cellules, les parties sur lesquelles faire une croix, les autres qui repoussent toujours, et son supplice d’enchaîné, avec le bruit des jambes dans leurs cocons de métal, qui s’entrechoquent en passant devant sa chambre.