Archive for the torture Category

398. Dans La Couche Du Lion, Le Royaume Des Manticores

Posted in torture with tags , on décembre 20, 2010 by 1000morts

Voici SteelSun couché dans son piège-à-loup. Voyez-le gésir sans percevoir la lumière du dehors frapper son lit, après être passée dans les branches du mûrier, ces rayons de plusieurs verts, des promesses de chaleur. Voyez-le en sa douleur. Il ignore les hautes fleurs bleues au visage penché ; il ne voit que les guêpes, les frelons, toute la domesticité des épidémies. Voyez-le grimacer, se souvenir d’événements qui ne sont pas les siens, pollué des autres protagonistes de cette histoire. Voyez-le, trituré sur sa couche, hanté par Rossetti et ses visions reptiliennes, l’expression pelliculaire de sa colère-serpent. Voyez-le se passer en boucle, projetés sur ses paupières internes, les cauchemars de Rossetti en director’s cut, ses images de greffes à rebours, l’engendrement des chimères, des coutures qui ne tiennent pas. Voyez-le, abattu, gravé au royaume des manticores, noyau planté dans la terre, crevant son propre abdomen pour donner la vie, mais à quoi ?

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390. Les Soleils D’Acier Font Un Bruit De Boucherie

Posted in torture with tags on novembre 12, 2010 by 1000morts

Il ne voit pas mais entend.

Les jambes dans leurs cocons de métal, qui s’entrechoquent en passant dans les couloirs.

Ca fait comme deux couteaux de boucher qui s’aiguisent l’un l’autre en s’approchant de sa porte.

Il ne peut qu’entendre, mais sa peau appréhende déjà la glace palpitante et plane. Et l’échappée des fluides qui s’ensuivra.

Et la haute couture, surtout elle, les petits couteaux d’aiguilles, le fil qui devient chair, l’éternel retour des infirmières, la chute des fragments, gonflement des cellules, les parties sur lesquelles faire une croix, les autres qui repoussent toujours, et son supplice d’enchaîné, avec le bruit des jambes dans leurs cocons de métal, qui s’entrechoquent en passant devant sa chambre.

380. En Wier, Totem Des Désaxés

Posted in disparition, torture with tags on mars 5, 2010 by 1000morts

Ses doigts laissaient des traînées alcalines sur les accoudoirs. Puis Wier se leva en vision, ses fins tentacules oculaires frémissant, collés aux portes des cellules, aux judas goudronnés, tournée des grands ducs, succession des cercles, chenil et son odeur, celle des blessures, des entailles, des anicroches dans les couloirs, disparitions, trappes criminelles, comme un collet qui se referme sur sa volonté.

Wier succède aux grognements de la reproduction. En lui l’image du théologien emmuré. Celui qui a légué ses initiales aux corridors du monastère.

La première porte suinte, ses gonds déformés par la poussée interne de sa digestion ; son judas exsude une pâte noire qui s’agglutine au sol ; coulée de sève comme d’une cire de messe inverse. Wier totem des désaxés, procède par éliminations.

375. SteelSun > Golgotha > Satyres De La Colère-Serpent

Posted in torture, Uncategorized with tags on février 28, 2010 by 1000morts

Il fait le signe de la bête et toute la bande est sur lui, barres à mine et crans d’arrêt, satyres de la colère-serpent, six cents tessons de bouteille dans la gueule recousent un nouveau plan du métro dans ses maxillaires, soixante coups de genou dans les boules l’estomac et sur l’arête du nez, six décharges électriques le font bander dur comme fer, poche de sang sur le trottoir, dégoulinant contre la façade de l’immeuble où les gens sont sortis sur leurs balcons, où les figurines du carillon viennent mater le mecton se faire défoncer la tronche et le reste par des enfants du pays. Repus de leur téléviolence à ciel ouvert, ils retrouvent leurs intérieurs et l’organique ascendance des néons : SteelSun a souffert mille morts pour eux et leur rédemption du Golgotha.

362. Candeur Sucrée Tombée Des Plaies

Posted in involution, possession, torture, Uncategorized with tags on février 15, 2010 by 1000morts

Déplacé, SteelSun a laissé une silhouette de cendre, de quoi jouer les Fu Manchu de l’ombre quand retombe la gravité. Il a voulu cette combustion spontanée.

Elle lui a paru plus logique, plus évidente, comme retentissaient les coups sur la tôle. Ce qu’on entend en crise d’insomnie ; derrière le choc de la pluie, l’incessance des paratonnerres.

A toute vitesse, SteelSun recule dans le temps, emprunte des corps, saute de l’un à l’autre, pénètre les carapaces et les toisons, soupèse les grains de beauté, énumère les taches de rousseur, passe les selles de fée au tamis des malformations, SteelSun tératogénèse à toute berzingue et change de conception du monde.

D’un solipsisme latent, la candeur des torturés.

335. Retour De Messaline Au Waldorf Astoria Du Diable (6/6)

Posted in reproduction, torture with tags on janvier 28, 2010 by 1000morts

14e au 229e étages. On Entre Au Pays Des Morts.

Un univers unique, fruit fusionnel des 215 étages supérieurs. Une reine. Une matrice. La parfaite incarnation. Un univers du développement, de l’expansion. Les voiles se tendent. Le vent se lève. Les vagues se creusent sur le fil de l’échine. Eclatent leurs outres d’hydrogène. Les cocons de cuir qui pendent, gobés de l’intérieur, sèchent, composent de nouveaux globes, participent de l’évolution.

Le choix de l’unique, de l’autosacrifice, de la permanence de la souffrance. De l’augmentation de soi. Du trépan. Du rasoir infini.

309. Je Suis Un Fantôme Dans L’Herbe

Posted in fantôme, torture with tags on janvier 2, 2010 by 1000morts

Debout dans ce square, en léger décalage. Juste un peu de pelouse, deux bancs dans un arc de cercle caché par une entrée monumentale. A la limite du jardin privé, le nano-parc des idées refoulées. Debout au milieu, à équidistance des bancs, North en éprouve la justesse, l’apostase, l’extase de sainte Thérèse. Il sent ses veines au liquide jaune ; expulse un air étrange, comme vomi par ses bronches ; il est ombre pileuse et monstre du cauchemar, masse au coeur de l’émeraude, son front gravé du soleil couchant. Sa rétine gavée des paupières closes. Puis il marche.

North avance de quelques mètres, toujours aveugle, son étoile à cinq branches prend racine dans l’herbe mouillée. Les vibrisses qui le recouvrent sont terminaisons nerveuses à l’air libre, il prédit les tremblements de terre et les tsunamis, entrevoit les hyperborées et les cadavres engloutis, sait quand il faut louer la lune/indigo et vénérer le soleil/opale.

Je suis un fantôme dans l’herbe, pense-t-il. Je suis un fantôme dans l’herbe. Et la plante de ses pieds spectraux s’enfonce dans les pointes d’herbe, elle se laisse traverser, transfixer, elle fait corps et reste en suspens, North sent l’herbe en ses couches inférieures et pourtant la totale différence qui l’en éloigne, il sait la crucifixion qui est la sienne, hormis la douleur.