539. Sous La Pluie Acide Des Crépuscules : Descente 2/2

Elle s’enfonce dans le creux de l’oubli.

Lambeaux de peau qui dépassent. Visites ensemble, champs de bataille avec des anomalies, travaux de consolidation du réel, ils passent par le passé, ils passent par ce qui est déjà accompli. D’ores cette ombre projetée sur Liz, sa peau contre la pierre, sa forme de glaive pétrifié, l’esprit des batailles antérieures, le feu et l’incendie, le manque d’oxygène dans les cités profondes, les voix craintives ignorent la peur, amour des vieilles chansons, Liz fait les gestes, les épopées de tête, racle les parois intérieures, invoque les esprits de la terre et de la pierre, des cercles sous la lune inverse, peau brumeuse, voix dentelées, le goût de la souffrance animale, une demi-livre de douleur, Liz tourne la page.

Elle voit le sol se rapprocher.

Remonte par l’autre côté, où les hommes dorment et copulent, où les maisons s’alignent les unes contre les autres, où les mains trahissent leurs volontés, où il faut obéir au soleil levant et à la maison sur les collines creuses.

Tout ce qui a peur est ici.

Les cœurs amoindris par le manque d’oxygène.

Fantômes multipliés dans les halls évidés.

Ici de la peur à la peur, Liz repose, statue de bois verni, peinte de couleurs vives dans les ténèbres, pellicule de voix blanches, désastre des calligraphies du diable où l’amour se cache encore, Liz la tristesse infinie, il lui suffit de changer de bande-son pour changer de peau.

Reposant au cœur des bouches rocheuses.

Sorcière parmi les veines d’or poisonneux.

Gobelins et lamentations. Suivre les mouches vers les issues de secours.

Pas d’issue de secours.

Pas de larmes.

Pas de clé pour les serrures du Levant.

Pas de silhouettes affirmées contre les écrans.

Ici seulement les chants funèbres et la protection des racines. Troncs millénaires, enchâssés dans le temps des membres atrophiés.

Acheter le vocabulaire du diable.

Phalanges qui font mal.

Mots braqués comme un flingue sur sa tempe.

Le temps d’y voir autre chose qu’un jeu d’ombres, pluie de visions, musique des anfractuosités, peuple des broussailles, montée et descente, acide des crépuscules, Liz allongée dans les collines creuses, pousse ses racines dans l’écho des voix affaiblies.

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