490. La Musique Nucléaire Des Cités Qui Déferlent Sous La Peau

Posted in evisceration with tags on décembre 9, 2019 by 1000morts

À rebours voici Tim S. Glass, œil privé de paupières, sa descendance entre la pierre et le plâtre, confinée aux interzones.

Couper du papier pour comprendre le monde ; agiter les cloches tibétaines pour couvrir le bruit des machines à écrire, le grincement des enregistreurs à bandes, le bruissement des couteaux.

Être le troisième à marcher dans les antichambres. À moitié nu dans la maison de tous les angles. Sur une île au milieu du monde. Promontoire de béton régnant sur ville de cendres.

Sur son visage l’odeur de l’essence.

La moelle du monde.

Épidurale vers l’autre côté. Glass poussé entre les vertèbres, en direction des enchevêtrements de pièces. Se vendre d’abord et négocier ensuite ; l’œuvre au diable.

Ses mains ont conservé leur position, l’une ouverte, l’autre désignant la première, comme un salut et un flingue. Glass est loin de ses dispositifs, de la nucléarisation des énigmes, sa vie une œuvre d’art volée pendant la guerre, tout ici vous a une odeur de placard, qu’il pense.

Tout ici s’éventre sous la poussée.

Chambre d’enfant.

Le matelas dans un tiroir.

Les choses bien rangées pour l’apocalypse.

Deux petits corps entourés de fleurs séchées.

Glass prend une gorgée d’alcool qu’il n’avale pas. Il attend le déferlement des lunes mortes.

Allongé presque nu sur le tapis qui étouffe.

Enfiévré des cités sous la surface, bouillonnantes à la lisière de sa peau, mêlées du soleil d’acier sous la langue, la guérison, la guérison, imprudences masquées de liège, plaques de soupir fixées aux murs courbes, Glass presque nu découpé par la vitre du royaume des incendies, attend la musique obscure des retentissements.

489. Wier Sourit Au Surgissement Du Néant

Posted in electrocution with tags on décembre 8, 2019 by 1000morts

Soupirs du Wendigo.

Ellipse sur la ville.

Une traînée d’étoiles fugaces sous les pieds.

Et son manteau rouge, son manteau rouge de la nuit, ici vers l’Extrême-Nord.

Celui qui ment sur son âge et la longueur des précipices.

Survit aux abîmes.

Aux cathédrales qui surplombent les cités triangulaires, Wier répond par la nuée des mouches de la faim.

Porté par l’essaim, il pénètre aux cascades.

Et dans les miroirs atmosphériques, ceux où se reflète le visage de Byble, où tout paraît mener à cette heure de la nuit, où les constellations reçoivent de nouveaux noms, des configurations, les généalogies d’araignées géantes et de titans aveugles, ceux qui portent le monde et celles qui le transpercent, il entrevoit des éclairs.

La cavité sans égale.

Litanie des tatoués.

Wendigos du soupir.

488. Ici Les Impasses Sont Vaines : Sous L’Angle De La Maison-Sorcière XIII

Posted in poison, possession with tags , on décembre 7, 2019 by 1000morts

Comme un couloir mausolée, la rythmique du plomb, un conduit encrassé de fantômes.

Ces photogrammes du temps glacé, alignés tant de parallèles et méridiens des urètres contre la vie.

Avancer dans le couloir à reculons vers les douves. Une femme nue seule dessinant des pentagrammes au sol, prête aux affaires. Le chien à tête d’homme, sa langue pendante sur les traces de sabots brûlants. Soupirs en ancien français. Le rire, commerce du Diable. Quelque part au-dessus des corridors s’estompe la marque et les engravements des dieux de la chair, boursouflés dans leur piège.

Ici les hôtes sont interchangeables dans l’éther.

Couloir couleur de marais.

Les affluents de la séparation. La chambre en peau de serpent, simple fenêtre, plus le pouvoir de se parler, vitrine exfoliante, quelque chose d’une tristesse extrême.

Visage de la colère.

Doigts explosés sous les roues. Serpent fin comme du papier d’Arménie. Parfum du silence.

Ici s’endorment les mystères. Anneaux refermés sur eux-mêmes, les crocs plantés dans les gencives, et son venin, son venin dans les pores, extirpé d’un cerveau sans liesse.

Ici gisent les beaux et les promesses. Les poèmes funèbres du sexe. La folie qui se mêle à elle-même. Ils sont venin. Les interrogations des vies africaines. Une vie à canon.

Leurs vies sont venin.

Leurs dégoûts sont venin.

Et aboutissent ici, dans les chambres aux yeux révulsés, derrière les portes qui ne s’ouvriront pas.

487. Chrome En Son Léthé D’Atrocités

Posted in fantôme with tags on décembre 6, 2019 by 1000morts

Ici fondent les fantômes.

L’obsession des constructions.

Le retour aux lieux qui n’existaient pas. Découvrir des histoires inracontées.

Le ciment qui tient toute cette poussière. Tendre la main vers le cachet.

Fixer l’œil immense.

Trembler avec la fleur.

Caché sous la toile. Où se projettent les longs métrages.

Corps penché sur la balustrade.

Son torse percé de fenêtres. Lumière allumée à tous les étages. Les longueurs d’onde. La haute tension des mannequins.

Porte entrouverte sur une main armée de crocs.

Dans l’armoire des vaisselles brisées, le torrent d’un son d’éclairs.

Dehors c’est loin, c’est du passé, la couleur foncée de l’ailleurs ; ici c’est maintenant.

Dès la grille, Chrome sentait les buissons d’échardes. Devant le perron, une pièce de monnaie dans la bouche, il se sent creux. Comme une barque échouée.

Manigance ses tatouages de chevelures.

La peau qui picote aux lieux des pliures.

Il resserre le nœud de sa cravate noire et pose le pied sur la première marche.

486. Porte Arrière Pour Étouffer Sans Être Vus : Extrême-Nord (10/4)

Posted in etouffement with tags on décembre 5, 2019 by 1000morts

L’homme North est la carte.

Planisphère apposé sur un globe lumineux, ses yeux épeires, enclos de flammes, dans les rues où l’on traîne, les rues de poussière où le soleil se couche sans cesse, les rues rouges dans le bleu doré de Tikal, et cette envie de vomir des bouts de verre.

Sous le ciel, cette verrière de couleurs, la lumière émétique du soleil qui se pose.

Henry North aux ruelles qui portent son nom.

Téléporté aux grandes cités vides, aux cimetières gravés de mains, aux seins tatoués et dents rougies des femmes-sorcières de Tikal, celles qui offrent une portée, l’échappatoire aux sentiers brûlés, un passage sous la lune.

Montant la colline, sous les rangées d’étoiles du matin, North approche une baleine échouée aux fenêtres luisantes. Dans sa chair le tracé des galeries.

Les dédales d’aiguilles dans les veines.

Chants d’oiseaux dans l’oreille interne.

Appellent les pépiements de l’asphyxie.

485. Réunion Au Sommet Dans La Maison Des Antichambres : Syphilis Au Souterrain V

Posted in pourrissement with tags on décembre 4, 2019 by 1000morts

Ici l’on sent l’odeur des compositions.

Quelque part où mûrissent les pommes et l’alcool.

Elle hante les couloirs non tracés. Les roches où plongent les veines.

Le mica du pauvre. La brillance des plèvres.

Son nom l’atroce vérité, la parade des monstres, écho des déferlements.

Elle est ici, ses mains révulsées, elle bloque l’interrupteur et caresse les cheveux, les vies minuscules sous le plancher, au cœur du terreau, ses concavités aphones, son royaume d’échos.

Ici tout est vide, on voit la couleur du vide. La Perspective Phyllis, ces pièces sans air où l’on ne pose pas de question.

Ici d’où l’on vient. La maison tirée des antichambres.

Ici d’où l’on vient. Le soleil noir de la haine.

Ici par où les portes s’entrouvrent sur le vide.

484. Les Rangées D’Océans Qui Portent Les Pas De Wier

Posted in metamorphose, noyade with tags on décembre 3, 2019 by 1000morts

Ici les quais rejoignent les avancées du corail vivant.

En contre-haut des carrières fongiques. Toutes ces artères ondulantes, des ombres au fond de l’eau, cachées dans les soubresauts du soleil, les projecteurs des canots de sauvetage, toutes ces formes gonflées échouées sur la plage, prises dans les flotteurs bordant la piste, et ces lumières violettes aveuglantes, signal d’envol, chute toujours, aux pieds de Wier les boulevards de corps, son enchevêtrement incantation, portent ses pas et s’avance le héraut des ordalies noires.

Les épreuves à son sourire.

Johannes Wier, d’une dynastie d’éther. Marche sur l’eau vers la Maison.

Celle où tout converge en cette veille de scission.

À l’horizon, des champignons atomiques dessinent un chemin d’élévation.

Transfiguration du Christ inconscient de Byble.

Minéraux deviennent l’Océan.

Étoile tombée devient l’Océan.

Poison de lave devient l’Océan.

Pas sur le sable vitrifié. Non, pas sur les galets interminables.

Non. Vies de scorpions sous la cendre, non.

Palais de conques deviennent l’Océan.

Labyrinthes de cathédrales englouties deviennent l’Océan.

Ici la moindre goulée d’air devient l’Océan.

Ici les pas de Wier dessinent l’Océan, quand les étoiles de barbelés jettent des crépuscules sur les visages, tous les visages, des reflets dans les bassins des grands prédateurs, ceux où rôdent les pas de Wier aux doubles rangées de dents-rasoirs.