Archive for the poison Category

533. Sous Son Dos L’Exosquelette De La Fin Des Temps : Attachement 2/2

Posted in immolation, poison, suicide with tags , on janvier 21, 2020 by 1000morts

Son sourire du feu, Liz à l’écoute des craquements de la pluie sur les murs, les lézardes envahissant les miroirs sur les murs, et les passages interstitiels, une lumière rouge foudre, voitures sans volants déboulent dans les bifurcations, tournent à angle droit dans les avenues euclidiennes, ces rêves sans bruit, ces lames poussées sur les paumes, et ces yeux fermés quand les géants lui tournent le dos. Leurs épées flammes. Les portes gardées en vain. Personne derrière les jardins. Les jardins derrière les paupières, dans les étages vides. Quelque chose se passe au soixantième étage, cette disparaissance, la vocation de rire dans le feu, sa voix comme ligne rouge discontinue sur son bras, coulant dans un flacon de verre blanc.

Est-ce toujours ainsi ?, dit-elle dans sa voix d’os.

Ses premières couleurs fossilisées. Pendentifs tremblant dans les soupirs.

Cette ville bleue, parcourue comme un chant vaudou, de serpents dans les parages, les fenêtres sans reflets, machineries immenses derrière les maisons closes, lentement, lents escaliers, lentes montées vers les cités abandonnées, ses jambes nues la trahissent, baiser des clôtures, le son cuivré des derniers abandons, et cette flambée dans l’huile du matin.

Elle continue de marcher.

Sa peau chante.

Elle vieillit sans parole, elle hurle le rien, l’alcool comme effet testamentaire, ses mains plongées dans l’eau des incendies.

Liz tend un bras vers le Soleil Bleu de Skylight Republic. Ses biospots cyanurés séparent l’or du poison. Partout la poudre et les corps secs. Intestins dénoués sous la lumière crue.

Liz tend un bras vers la Lune Pourpre de Tikal. Ses biospots muqueux, la musique de ses trous de verre, la souple engeance des danses qui s’y donnent, cette maison décevante, à moitié en ruine, en contrebas d’une forge à l’acier froid, et ces traces partout, ces chants à l’ouverture, retranchée dans sa chambre elle écrit des lettres du suicide, traîtresse dans les évocations du matin.

Liz tend ses jambes, jointes aux encolures, vers l’émanation du Core Motel, Les six chambres encore libres, vacuité des intérieurs, où résonnent les pas de cellule en cellule. Tout dessine des caractères romains. Brillant dans l’obscurité. Malades d’une énergie radieuse. Des tatouages démolis à la racine des cheveux.

Aucune rue ici ne se souviendra de sa voix.

Semaine après semaine.

Tous ces yeux brillant de couleurs.

Sous ses pieds les étoiles.

La peau des dragons.

La langue pointue des éperons.

Sous son dos l’exosquelette de la fin des temps.

531. Sa Langue Fissurée D’Angles Goûte Le Bruit Des Filaments Qui Cèdent : Dénuement 2/2

Posted in devoration, noyade, poison with tags , on janvier 19, 2020 by 1000morts

Des oiseaux, ici ?, se dit-elle. Des oiseaux qui plongent pour dévorer leurs proies. Des oiseaux immenses à son visage. Ils dévorent son foie, le lieu de tous les échanges, un creuset où tout le monde frappe, maisons de carton et de bois flotté, tomber dans les couloirs pour ne plus se relever, musique qui suinte des murs, sa propre petite cathédrale de toile et d’araignée.

Dans sa bouche un jardin d’écailles.

Penchée sur un mouvement, morceaux d’étoffe immobiles malgré la tornade, zébrures sur ses bras, vomissures, les dents pointues dessinent des autorisations sur ses bras, l’effet secondaire des préméditations.

Ce goût acide du poisson-globe. L’air qui pourrit tout. Ses poumons enflammés par l’eau. L’étincelle des remous.

Monocorde, sa voix sous influence. Drapée de dorsales, Liz parle aux surfaces. Les grandes cités vides où l’air est l’eau.

Sa langue se recroqueville. Fissurée d’angles. Elle sent la colère. Engloutit les épaves. Elle goûte le bruit des filaments qui cèdent.

Démangeaisons non euclidiennes. Sous ses pieds le sol qui remonte.

Elle touche le fond et émerge, bougie de fèces vouée à la solitude, recrachée sur la grève dans un grand rire sans écho.

519. Liz En Sa Cathédrale Enfiévrée De Tumulte : Mère 2/2

Posted in disparition, poison with tags , on janvier 7, 2020 by 1000morts

Sa main sur l’épaule. Droite dans sa robe intacte, comme un écran blanc où se projettent les images de la fuite. Poursuite qui la suit ; public de poussière.

Liz prononce les mots des disparitions. Elle a peur des enfouissements. De la peine infinie. De la magie de la perte.

Elle voyage dans le temps, revit les déchirements les uns après les autres. L’attaque prochaine des figures féminines, leur intolérance dans le liège des renoncements.

Elle croise le goût du métal, s’apprête aux dernières attaques, à ce niveau l’odeur d’eau est étourdissante. Liz chantonne des cris d’animaux, en musique, dans ces corridors de cordes vocales ; elle s’éveille aux secrets, emprunte les passages secrets, révèle l’acanthe enracinée de ténèbres, et revient toujours ici, au croisement des bifurcations, son visage dessiné dans la tourbe, cette odeur de chenilles et de mariages consanguins.

Liz en sa cathédrale de sang, enfiévrée de tumulte, image pétrifiée gravée dans le temps, comme une ligne jetée ici parmi les souvenirs des fins ultimes. Elle tombe amoureuse. Ses genoux qui touchent terre, le tissu déchiré, l’interpénétration du viol et de la culpabilité, toutes ces bouteilles alignées sur les rayons de glaise. Tout remonte le courant des générations. Tout s’effiloche dans les ambitions démesurées et la tranquille émotion d’une médiocrité révélée.

Liz perd le fil des lacs de lave, de l’ouest et du nord, de l’est et du sud, des horloges sans aiguille et des enterrements dans la boue, du haut comme du bas, des injections diagonales, et du poison, du doux poison des racines. Là où le soleil ne fait que se coucher. Où la seule direction est celle du passé, du plus-loin, de l’au-delà.

512. Venin Des Myrtilles Dans La Glace Des Étangs Gelés : Audience 1/2

Posted in exécution, poison with tags , on décembre 31, 2019 by 1000morts

Entrée des lames à rebours. Images des reflets, boucles sonores, sa main posée sur l’eau saumâtre, réflexe des pores qui boivent dans l’obscurité du matin, lumière des soleils blancs, dissonances, et sa mélodie incorporée dans les rayons d’aurore irradiée, consonnes dévoyées sur les nationales secondaires, les routes de la boue, ornières où les corps se relèvent, et dans l’arrière-fond la chanson des souffles, l’emphysème des chœurs antiques, une note plongée dans le feu nourri de la chair, herbe couchée, la foule se rassemble sur le champ des deniers, cet homme qui distribue les cartes, sa bourse pleine d’épées, son cœur au fourreau, pièces de métal sans tain, pendu par les pieds il harangue le public, debout sur son outre vivante, sa baleine échouée au goût de tourbe, il réunit le jury des procès du levant, ici les silhouettes couchées sous le poids des glaives, une image dans la glace des étangs gelés, prononce les sentences.

On dit qu’elle va tomber, dans l’eau froide où déteignent l’ombre et le venin des myrtilles.

Ces milliers d’yeux noirs frottés contre le liège enflammé.

Collés contre eux-mêmes dans la décollection d’un abîme dédoublé.

Ici les têtes roulent, appuyées de mécanismes et de métaux rares. Ici coule l’eau lourde et forte des collines hautes. Mais ici les spectateurs s’unissent dans la vision.

Les phrases se répètent. Les phrases de la lune.

Garder l’eau dans la bouche suffisamment longtemps.

Garder une partie du corps.

Échelle qui descend.

Serpents qui montent.

Échelle qui descend.

Tous les anges se morfondent.

Dans le miroir leurs reflets d’anophèles, sans bruit sans bruit ils descendent aux tombeaux.

Aux tribunes du choix. Où sent l’alcool la bouche des vermines.

La bouche qui choisit. Mais ici convergent les silhouettes du jugement dernier. Et la peur de la chute n’entrave pas l’escamotage des fondations.

510. Triste Vipère Enserrée Dans Son Gobelet D’Aurore

Posted in poison, pourrissement with tags on décembre 29, 2019 by 1000morts

Ses mains aux quatre doigts, son âme-sorcière, sa procession de flambeaux, sa colère-serpent, ses espaces atténués de bézoards, sa robe-acier, ses échanges contre nature, ses hume-pistil, et la cadence avec laquelle elle descend les échelons, marche après marche vers la cave et plus bas que la cave, les passages secrets, les découvertes escamotées du soufre, étage bleu des concaténations quand tout boursoufle au toucher, tout la démange et l’hémophile, dans la terre ancienne, l’heure sonne pour le troc et l’anéantissement, devant la grande baie vitrée donnant sur le sable et le calcaire ensanglanté, devant la foule, devant les formes attablées qui la pointent du doigt, les sourires aux langues fendues, sa toux sonore, baleines échouées, ses souvenirs comme coagulation fossile, l’œuvre avance des outils du diable, ici creusent les fantômes dans la glaise des corps, ici les tunnels et la vie dans étuis de cuir, marqués des chansons dénuées de sens, la chance en première base, pioches débusquées dès l’aurore, masquent discrètement les fauteurs de troubles, la mémoire émiettée sur la couverture de boue savante, gravée au front des symboles de mouvance, l’homme aux gants de peau, les secrets du dessous, éclairs assouvis de chair, dans la crasse et la lueur, la danse des effrayés au sommet des mâts, mais ici les montagnes abattues, condensées dans l’incandescence d’un ventre de colline.

Liz-sans-nom, seule de son espèce, silhouette centrifuge, couverture tannée de cervelle, expose ses antennes au soleil noir des abîmes. Ici où la colombe dévisse dans les lacs d’acier définitif. Bas-relief aux cris de serpent. Dans les creux et les concaves.

Elle parvient à une fourche où elle ne s’aventure pas. Dans les cavernes violettes des interzones, résumé des opérations, une fois dans l’année où les âmes sourdent, enivrées de rosée, humant l’air aux pistils d’aube, au nord des fleuves fendus, soulignent l’invasion des insectes, Liz pointant les étoiles dans les toitures, la fluorescence, la musique ténue des ponts d’Obéron, ces avancées rocheuses enjambant les aqueducs souterrains, où elle s’offre aux recommandations des conseils de l’inceste, amour du pourrissement, course contre la mort, elle ignore qui s’avance parmi elle, figure encapuchonnée, l’heure tourne, bruit de balancier, de métronome dans les couloirs interrompus, de sauvagerie dans les pièces verrouillées de l’intérieur, cerveau gommé de crocs de boucher, chambre des mauvaises chances, aux lieux des vieilles créatures, bouffies de sainteté, violées dans l’adolescence par les reflets de tristesse et de carreaux de poussière, doigts marqués dans la sauge, racines de pendus, racines qui hurlent, sirènes des sous-sols, plongent et remontent respirer les airs du poison.

Liz repose l’amour où elle l’a trouvé.

Triste vipère enserrée dans son gobelet d’étain.

Tatouée dans sa peau de chimère.

Échouée des falaises trouées, fabriquées de toutes pièces, parcourues de tunnels cicatriciels, du flanc tacheté des lamentations.

Liz-la-blanche se repent du malheur des autres dans les grandes cités vides sous la lune.

506. Wier Coupé Lèche Son Poison À Même La Peau : Cercle Six

Posted in famine, maladie, poison with tags on décembre 25, 2019 by 1000morts

Noyau immobile.

Recroquevillé au centre de la chambre, Wier cache son visage. Dehors la lune de coupes, clarté du visage, ici l’envahissement des armées du levant, toutes ces écailles brillantes, ces facettes aux yeux multiples, ces corps fixés par le visage, la cécité des incendies volontaires, et là le ciel noir et la lune de lames, qui recueille et boit les liquidités amères, et recrache en l’intérieur le dross des dominations millénaires.

Wier tombé comme un météore. Une inflammation des muqueuses. L’allumette grattée au goût de soufre. La brume qui sourd des arbres abattus, la lune de veines auréolée d’éclaboussements de vert et de magenta.

Il sécrète son propre poison qu’il lèche à même la peau, luisante de rayonnements.

Derrière les murs les visions inconnues.

Ici la chaleur des dernières extrémités où tout s’éclaire de révélations bleutées de blanc. Ici où guettent les bêtes privées de tout. Enfants des famines, animaux de la peste, l’affûtage des crochets, lune d’argent ramassée sur un coin d’ongle, retombées en pluies chlorées, ici sous le toit qui ne protège pas, Johannes Wier invoque sans bouger la protection de ses dieux d’os.

Immobilité nucléaire.

504. Empire Des Étincelles, Citadelles Du Venin : Cercle Quatre

Posted in devoration, poison with tags on décembre 23, 2019 by 1000morts

Labiodentales du peuple bleu nuit, leur peau teintée des rassemblements aux tables sans épaisseur. Ici accrochés au mur, les petits êtres noirs, toits pointus, leur alignement de maisons sans fondation, et le bruissement des branches nues.

L’appétit parmi les troncs. Chaudières humaines roulant sur elles-mêmes, ventres creusés de bouches, creusement dans les flammes, l’acier oxydé de larmes suit les ombres dans les recoins, hume leur odeur de suie, les machines à recoudre la viande, lames blanches et lames noires, dents qui grincent, claquements menus derrière les branches agitées par le vent. Leur iridescence, ici, dans les escaliers des entrailles. Quelque chose d’une main devenue, la pierre, couverte de béton, fossilisée de mémoire. Sa trace sur les sons.

Lessive éphémère. Il marche autour du marbre, lentement, comme lisant des lettres dessinées par des corps en mouvement, ces trois globes oculaires étendus sur la glace, il pose sa main sans phalange sur la toile verte, North ressent la poussée des magnitudes.

L’ouest, fumée des vapeurs, la politesse des anfractuosités d’où s’échappent des esclaves.

L’est et ses étendues opaques, son émeraude tissée d’attouchements, les nuages au sol, anéantis dans la rosée.

Le sud, les cris d’incendie dans la ville, cernée de serpent, où des jaguars s’abreuvent dans les rues vides.

Le nord, forêt des falaises, règne des cheminées du corps, où prolifèrent les fournaises et l’extrême absence de tout combustible.

Là où le soleil se lève bientôt. À gauche le visage de la nuit ; à droite l’empire des étincelles. Et derrière Henry North, le retour aux citadelles du venin.