Archive pour décembre, 2009

307. Du Toit Du Monde, La Carte Virale De Byble

Posted in etouffement, passage with tags on décembre 31, 2009 by 1000morts

L’odeur du soufre comme parfum du péché, une illusion. Chrome entend les bruits de la vie en contrebas, lui perché sur la pointe la plus haute de la capitainerie, sur le toit, au-dessus du monde. Pas de variation dans l’air ici, pense-t-il. La brise ou le tourment, tout est viral. Et se mêle en maëlstrom sur le chef du monde. Chrome inspecte la carte sous ses yeux, le plan de Byble, les dessins de ses artères, et plus encore la menace des eaux dans son dos, cette rougeur noire de l’océan, la promesse étale de l’étouffement, l’impossibilité d’en sortir autrement que par la tombe. Un Passage encore, se dit Chrome. Un Passage, juste un. Et le mensonge sera clos.

306. A La Poursuite De L’Extrême-Alcool

Posted in devoration, disparition, etouffement, maladie with tags on décembre 30, 2009 by 1000morts

Le quartier du port paraissait le meilleur endroit pour se saouler jusqu’à l’oubli. Après tout, c’est un fils qui est mort, pensait encore North. Après la section, la séparation brutale avec sa proie, le chasseur sait qu’il a perdu la partie. Commence alors une autre poursuite, où perdre, comprend-il, permettrait enfin de gagner ? Henry North, porté disparu dans l’extrême-centre, se lance à la recherche de l’extrême-alcool, le condensé des essences, il parcourt les rues perpendiculaires aux docks, interroge, hume les alambics clandestins, les creusets souterrains, les adeptes de la Grande Démangeaison, les malades volontaires, ceux dont les plaies purulent de la meilleure dope métabolique, North fait commerce, transige, spécule sur la Sanie Merveilleuse, entrevoit des portes sans chambranle, des feuilles de papier suspendues dans les ouvertures des fenêtres mais il n’ose s’approcher par du déchiffre. Sa barbe s’allonge comme il marche, mange ses yeux comme il observe, s’étend à la surface de sa peau, reprend racine en ses millions de cages corporelles, elle est son à ses oreilles et sept saveurs sur et sous sa langue, spectre à son esprit qui épouse, exosquelette velu, son corps en marche.

305. Ciel Du Soleil D’Acier I

Posted in disparition, meurtre with tags , on décembre 29, 2009 by 1000morts

«… La seringue pénétra l’avant-bras et BLAMBLAMBLAM tête explosée contre le mur de briques rouges. Moralité : le Plan Byble tourne sur un axe-soleil. Les districts étalent leurs avenues à partir d’un centre unique aux nombreuses lignes de fuite : treize, pour un noyau simple de cinq terres. La race des deux-foix-nés est restreinte à quelques rares unités, et s’érige en véritable caste dans des cités-bunkers, endormie au creux des montagnes de l’Extrême-Nord. Les glissements de terrain de 1949 ont fait basculer les continents dans des plans différents. Skylight Republic, par exemple, nourrit ses monstres, cachés sous les croûtes de ses plaies de guerre. Le temps incarne ces changements de Nature, mais il n’est qu’un facteur ridiculement secondaire.»

Il lui sort son baratin tout en s’extrayant de la pièce sombre, envapée des lueurs débiles scène plongée dans le rouge profond, une tombe dans le soupir du son ; bruits de baleine, déboule sur la piste, trémousse ses courbes sur les planches, sous une rangée de lampes à pétrole brisées, jeu de miroir fait croire à un fantôme derrière elle mais SOUS la scène se déroulent des exactions pour les communs mortels en nourritures ; Messie tord son corps bras levés cassés, longs gants de soie noir, robe sans manches de velours pourpre, vague de corbeau ambre sur les épaules bouche et langue mouillée (on devine) ; tout s’éteint dans la lumière. Passe dans le sas du dehors.

SteelSun époussète son costume sombre légèrement atteint par les orgones mortes qui tapissaient les couloirs d’aluminium des mines d’alcool, ascenseur vers le haut à l’inverse, ressort dans un monde différent, indifférent. Le train arrive, se retrouve sans plan dans la ville dorée, immenses immeubles brillants, prend une ville au hasard, se perd, se retrouve, se rencontre, perd la mémoire en chemin vers les grands abattoirs de destins.

Tout se souvient du rien quand Messaline lui adresse enfin la parole.

304. A L’Ouest De Wier : Le Monastère

Posted in disparition, torture with tags on décembre 28, 2009 by 1000morts

Un homme disparaît sans enquête, juste un cauchemar qui s’incruste, déporte son ombre sur les chambranles, et cette main dessinée qui dépasse du coin de la porte cache mal ses crocs anormalement longs. Il existe peu de relations du monastère, il agit comme un anti-aimant, repoussant la pensée, éparpillant les intérêts, absorbant coprophage ses propres mystères. Personne ne regarde le monastère dans les yeux, cette forteresse contre l’océan, dressant sa falaise aux abords immédiats de Byble. Un furoncle de fureur au bord même de la bouche qu’est dans le fond Byble. Un main qui s’oppose à l’avalement. D’anciens baraquements militaires reconvertis en lieu de foi, où, à défaut de lame ciselée, l’on manie d’ores le fouet d’orties et le cilice démoniaque. Le collier étrangleur. Et où le concave n’aspire pas à le rester bien longtemps.

Les cellules y sont des puits, on y entend des grognements, des déchiquètements, des songes qui se passent mal. Des commerces avec soi-même. Et l’on y perd beaucoup, bien que pas assez pour en sortir. La mémoire. L’inespérance. Le dégoût de soi.

Le monastère de la Sainte-Trinité-Du-Diable est outil dressé contre la vie.

303. Vision De Messaline En Porte Dérobée II

Posted in immolation with tags , on décembre 27, 2009 by 1000morts

Passe les bureaux de l’accueil, leurs palmiers en pot, leurs verrières Art déco, leurs Barcelona chairs, leurs lampes tamisées ; sent l’odeur de l’argent, de la raréfaction, de ce pouvoir de se refaire, de la phénixisation ; hume les relents du troc et du poker vital ; Messie, paroisse en mouvance, cheptel des désossés, déplace son archipel vénal vers la salle des conférences et des spectacles. Des tables et des chaises surbookées, des gens debout, assis sur des tabourets, recroquevillés les uns sur les autres, accoudés à la scène et grésillant à l’incandescence des lampes à pétrole, grimpés aux coursives, aux passerelles, pour voir SteelSun rejouer la grande scène des Cités.

302. Vision De Messaline En Porte Dérobée I

Posted in fantôme with tags , on décembre 26, 2009 by 1000morts

Les lieux se terrent, et ce n’est par conséquent qu’une part infime de Messie Elssler qui pénètre dans le Waldorf Astoria pour s’y perdre.

301. Vision De Glass Au Magma

Posted in immolation with tags on décembre 25, 2009 by 1000morts

Dans le grand feu qui se meut, se meurt, couve ses portées, Glass baigne ses engelures et ulcères.

300. A L’Est De Wier : La Capitainerie

Posted in disparition with tags , on décembre 24, 2009 by 1000morts

Un homme gravit les escaliers, mais c’est une extension de Wier qu’il escalade, ver grouillant, amas cellulaire, Wier est à l’échelle du monde, du moins le croit-il. L’un de ses cinq points cardinaux, la Tour Noire, pont vers le corps éthéré de Byble, ses strates supérieures, à quelques encâblures des biospots, ce soleil techno qui brûle et suinte son électronique du contrôle. Les lèvres du Dieu Wier se sont refermées au-dessus des toits, des ponts et des nuages, et ses mâchoires de montagnes enserrent la vie de la ville, une existence qui ne se suffit plus à elle-même et aspire à l’expiration.

299. Le Sceau D’Un Univers En Feu

Posted in destruction with tags on décembre 23, 2009 by 1000morts

Choisir d’instinct les anciennes marches, partir dans l’erreur, faire de nouveaux pas, les murs suintent toujours plus spongieux de leur boue électrique, crépitements en arrière-fond, balafres lézardent les veines des contre-allées, ces couloirs de l’oubli de Byble.

Qui emboîte ses enjambées sur les siennes ? La pression irienne diminue.

Des cages d’escalier, ascenseurs bloqués, plans entiers éventrés, des niveaux qu’on ne soupçonne pas quand on a les yeux braqués sur le trottoir digital, sous les feux du soleil liquide. Les chutes gigantesques, au pied de l’univirtuel, se jettent dans rien. Juste une noyée de pixels qui se mêlent et s’estompent.

Chrome et son ombre damnée, assis au bord de l’abîme énucléen. A observer les vagues dévisser.

Chrome conserve ses yeux octuples braqués, mais son attention avatar compense ses propres gestes, et fout le feu à l’univers.

298. Fiction De Peau Sous La Mouvance De La Chair

Posted in disparition with tags on décembre 22, 2009 by 1000morts

Messaline irisée. Son nombre. L’incandescence de son élégie. Son appétence pour l’autodestruction, l’alcool et l’allumette mêlés en un cocktail baptisé Orgasme De Nonne. La haute silhouette qui s’imprime en creux dans les bars, boit, se consume, passe de bouche en bouche, mâchonne ses apprêts à la recherche du nouvel acier. Dans sa robe bleu électrique, Messie éclipse les beautés locales. Elle est lumière noire et nuit en plein jour, éteint les sens en réduisant les terminaisons nerveuses. L’image d’un oubli, du passé, d’une fiction de peau sous la mouvance de la chair. Et de l’admiration du reflet pour la viande qui l’a provoqué. Messie, son précipité dans un creuset vaginal.