Archive for the suicide Category

410. Mémoire Superficielle Des Accouplements Dans La Douleur

Posted in suicide with tags on avril 21, 2011 by 1000morts

Au choc des frigidités succèdent les déplacements longitudinaux, tout se passe trop vite, les images et les prédictions, branlette de l’espace/temps, rhabillage en vitesse pour tromper l’ennui, la posture du cadavre, navire des fantômes pirates, où tout s’emmêle, se grimace, se moque des mélanges.

Obéissance des missions suicide.

A la surface de l’eau, la mémoire superficielle. Celle des accouplements dans la douleur. Liz erre dans les soutes, les couchettes, la suie des chairs à canon.

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376. North Afocal Part Dans Toutes Les Directions

Posted in suicide, Uncategorized with tags on mars 1, 2010 by 1000morts

« On n’a plus le temps de s’effondrer. » Au bar, cette voix sort de nulle part. North a le regard vitreux. Sa rétine n’imprime plus rien. Quelque part en lui, le communisme auriculaire se répand malgré tout, malgré sa soûlographie, en dépit des blocages, des parois internes de son système lymphatique. Une colonie de fourmi passe le long d’une flaque sur le comptoir. Fait un détour, s’en imprègne, repart en zig-zag, shootée aux globules, défoncée aux vomis de stupéfiants. Un nanomorceau d’humanité, reproduit à l’infini, comme dans un palais des glaces.

North émerge mais en miettes. « Humant l’air elle s’élève dans le froid et l’azur des cieux morts. » North à la gueule de bois déteste les puzzles et tout ce qui réactive ses fonctions psychiques engourdies.

« Courir à la chute dans les bouis-bouis de l’armée où l’on trait le lait aigre à l’aune des sergents en bas nylon. » Trop complexe, North veut se tirer une balle.

Ses oeillades afocales se stabilisent. La forme accoudée à ses côtés lui paraît d’abord être lui.

371. Au Décalage Des Beautés Mécaniques

Posted in suicide, Uncategorized with tags , on février 24, 2010 by 1000morts

SteelSun n’est plus seul dans son corps, debout parmi les immeubles d’une cité-dortoir, au nord de Byble. Il est en phase de descente et quel est son copilote ?

Le hasard ou la chance ; il place ses doigts sur les commandes, se dit qu’avec un décalage d’un simple centimètre, il peut tout foutre en l’air, bouter le feu à son réel et dire adieu à ses mythologies. Il ne le prend pas mal, sans ignorer qu’un tel décalage, un petit centimètre, peut correspondre à cet autre qu’il ressent, qui le pousse du creux de sa peau, cet indéfini qu’il n’est pas encore. Il a l’odeur du brûlé déjà dans les narines, l’essence, le caoutchouc qui sent la peau humaine qui sent le porc, le bois qui se craquèle, éclate dans l’âtre des séances, la neige tombe dans les bocaux hermétiques et SteelSun, décontenancé, réalise qu’il se tient debout sur le garde-fou.

Un petit décalage, un simple centimètre et c’est l’envol vertical vers l’encastrement.

282. La Procédure Des Suicidés

Posted in suicide with tags on décembre 6, 2009 by 1000morts

Il émerge dans un sursaut, comme un presque noyé.

Sa carcasse est immobile, pourtant il se sent happé vers le haut, le haut de l’immeuble où il n’y a plus rien.

Ses yeux le brûlent, en face le regard n’est plus, ses paupières sont lourdes, l’abrutissent.

Il palpe ses poches, vides.

Sent le vent chargé d’éther et d’iode.

La lune s’appesantir elle aussi, sur sa nuque, son soleil chaud des étés du mercure.

Le Rouquin en a pris pour vingt ans et se relève, craquant comme une écharde, retrouve la rue déserte.

Rentre chez lui, claque la porte, traîne une chaise râclante près de l’unique fenêtre et s’y assied, posture du cadavre, de Jésus-Christ, dans un appel de rouge-gorge aux projectiles.

241. Incantation Contre Le Suicide Organisé

Posted in marche d'enfer, suicide with tags , , on octobre 27, 2009 by 1000morts

Avec la sensation tactile de Messaline dans les paumes, Chrome pouvait fixer sa résidence dans la carte rétinienne de son interminable enfer. La Marche était nouvelle pour lui, qui n’avait pas été initié. Un Voleur d’Initiation, voilà ce qu’il pensait être. Pas tout à fait : Chrome ne pouvait le savoir mais seule l’absorption d’un Marcheur d’Enfer aurait fait de lui un cambrioleur psy. Et il n’aurait jamais pu entrer en résonnance avec un maître comme Lodger. Peut-être la qualité particulière de son matériau y était-elle pour quelque chose, Messaline elle-même en son infime orgie. Et l’assoupissement parfait de son oreille interne, comme preuve de tout aboutissement. Chrome, tant-fois-né et sa poésie du mal-être, se redressa en s’appuyant au chambranle organique. Suivit le chemin tracé sur son parchemin d’âme. Et déboucha, au bout d’un couloir, sur une porte massive marquée du sceau des Marcheurs : un Y composé de trois V accolés. Il posa la main sur le sigle et murmura des mots de volonté, baissant la tête jusqu’à frôler du front la pierre froide. Une incantation contre le suicide organisé.

240. Glass Et Le Fantôme Félin De La Fille En Noir

Posted in suicide with tags , on octobre 26, 2009 by 1000morts

Glass claque la porte de sa chambre, emprunte l’escalier qui descend puis, se ravisant, opère un militaire demi-tour et monte jusqu’au toit. De là, la vue imprenable sur rien, le brouillard et la nuit. « Comme un promeneur solitaire au sommet de la montagne », se dit-il. Sauf qu’il n’est pas seul, que la montagne est en béton même pas armé, et que ses poches à lui aussi sont vides. Qu’opposer à ces deux yeux vides qui scintillent au bord du vide ? « Approche. »

La voix lui rappelle quelque chose, un goût métallique, une table ronde qui pue la sueur plus chère que l’alcool, des chaises en bois, un long miroir derrière le comptoir, des habitués surtout, et cette fille face à lui qui hurle à l’intérieur. « Approche, tu ne risques rien à faire le premier pas. »

C’est ce qu’on dit, qu’il pense, avant de marcher lentement. Un écho parcourt l’univers du vent, une silhouette qui marche sur le tonnerre, la vieille arcane du pendu retourné comme un Pierre aux regards d’énucléé, la main dans la clarté difforme. Glass a des envies de branlette soudain, de perte de soi, de jouissance dans l’éparpillement sous forme de gouttelettes, la nuit la plus longue, les couteaux qui se dressent et s’enchâssent dans la chair. « Tu sais ce qu’il te faut. Je sais ce que tu sais. »

Le chat qui jappe dans le noir perd la boule et saute dans le vide, au moment précis où Glass est à portée de griffes.

159. Glass Lit Dans La Neige Grise Et La Glace Noire

Posted in suicide with tags on août 6, 2009 by 1000morts

L’homme est à nouveau assis à sa table, devant l’âtre où tremblent encore l’image de l’air et la chaleur de déformation. Il médite, élabore, ses synapses flashent plus que des flics aux heures de pointe, les contraires s’assemblent; la neige carbonique éteint son incendie intérieur, la glace noire entremêlée développe un réseau de réseaux, et comme une passiflore lance ses crochets vers les points d’ancrage les plus proches. Glass commence à lire le début de l’histoire, et ce qu’il voit lui colle une migraine du diable. Sa main griffonne à toute allure, remplit des pages et des pages, quand bien même l’étau se resserre autour de son front Glass ne peut lâcher le crayon, l’écran lui parle toujours, les Passages, les Plans, une femme aux cheveux sombres, un homme un costume-cravatte noir et chemise blanche, un autre qui finit masse originelle sous une triple lune, et le dernier, le vieil homme, et sa chair meurtrière. La routine, pour le Rouquin. Alors, d’où vient cette profonde envie d’en finir ?