Archive pour juin, 2009

122. Les Douze Heures De Chrome A Tikal : Sixième Heure

Posted in suicide with tags , , on juin 30, 2009 by 1000morts

Descente continue jusqu’à la Porte, enfin. Son étoile locuste brille sur le chambranle, accrochés aux murs du couloir des portraits vampires, les yeux suivent Chrome en mouvement, les crocs ressortent de la toile, horizontaux, pointés hérissés comme une haie du déshonneur.

Une plaque d’obsidienne brillant, impressionnante, sans fissure ni jointure d’aucune sorte avec son pourtour. Juste un dessin, trois lignes droites qui se rejoignent en deux points, et des étoiles cabalistiques, chutes de comètes, les météores interdits.

Chrome passe ses paumes doucement, caresse, examine les yeux collés aux fioritures. Hume le parfum de la silice, lèche la lave acide – ses papilles se rétractent en cascade – mais sèche sur le mode d’ouverture. Il vocalise les commandes usuelles, murmure, hurle, pratique les gestes et enchaînements de l’ennemi, s’arrache les cheveux et s’écorche les ongles sur l’aplat désespérément noir de l’obsidienne.

Puis il sort un flingue, plaque l’âme sur sa tempe, s’éparpille la cervelle sur un portrait qui se pourlèche les babines. Et la porte s’entrebâille.

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121. Par-Delà Le Mur Du Sommeil

Posted in fantôme with tags on juin 29, 2009 by 1000morts

Liz ne pose pas ses coudes sur la table du bar miteux. Liz garde ses distances avec le réel – probable qu’elle passerait à travers, de toute façon – et réciproquement.

120. Dans Un Million De Cages, Partie 5

Posted in destruction with tags on juin 28, 2009 by 1000morts

Les piliers de la terre sous Byble : entre eux, un vide d’air, des courants ascendants d’énergie tellurique, quelque chose de profondément obscur, des bruits de basson, échanges de points de vue, salles enterrées, inondées, dévastées. Toute une géographie orpheline, de la perte et du remembrement.

119. Glass, La Cervelle Explosée En-Dedans

Posted in meurtre with tags on juin 27, 2009 by 1000morts

Subitement, Glass n’est plus à la fête. Et ce n’est pas l’eau de feu servie dans ce bar qui lui donnera le sourire. Son verre est vide, en outre, et la nuit n’a qu’à peine avancé : il doit lui en rester au bas mot onze heures, minimum. En fait, elle s’est arrêtée, noire et huileuse, comme la surface d’un lac de plomb à peine effleuré par le vent. Une route transformée par la chaleur et la vibration du désert en rivière d’asphalte.

Il repose son verre où les glaçons tintinnabulent, pose son menton sur son poing et laisse décoller son regard, par-dessus les rangées de bouteilles, jusqu’à la piscine du motel, noyade de nuit, un beau cocktail d’eaux externe et interne. Suicide balnéaire. Ses yeux retrouvent la focale. « Et vous pensez que je vais marcher dans votre combine qui pue l’arnaque ?

– J’y compte bien en effet. (La garce ne se laissait pas démonter facilement. Ça se voyait qu’elle était garce : elle portait de longs gants de satin noir.)

Glass sourit à l’assurance et porta un toast mental à l’éducation des sœurs : cette fille était un pur produit des alpages suisses. Elevée à la raréfaction de l’oxygène et au chat à neuf queues. « Admettons que j’aie une dette envers vous, puisque vous paraissez miser là-dessus. Quelle pourrait-elle être, hm ?

Elle chiffonna la petite serviette de papier servie avec son alcool, mordilla un coin de sa lèvres inférieure plâtrée de rouge, déplia et aplatit la serviette, sortit un minuscule stylo à bille d’une poche intérieur, griffonna un mot unique et tendit la feuille à Glass. Dont le cœur manqua un battement lorsque le code graphique pénétra son cortex avec la déflagration d’une balle de fusil à éléphants.

118. Au Triple Anneau Des Lunes En Creux

Posted in involution with tags on juin 26, 2009 by 1000morts

Sur le versant plus frais des montagnes oculaires, Nile repose. Il n’a plus de forme, étalé qu’il est dans son ectoplasme des fondations. Nile, inverti total, copule avec le ciel où brillent, côte à côte, l’étoile mauvaise et un triple anneau de lunes en creux. Dans son caisson sensoriel à l’échelle du cosmos, Rossetti éparpille goulûment ses photons en une flaque de pus vital. Et se dore le génome au triple anneau des lunes en creux.

117. Les Douze Heures De Chrome A Tikal : Cinquième Heure

Posted in devoration with tags , , on juin 25, 2009 by 1000morts

Dégluti par une bouche inversée, Chrome déboule dans un couloir humide, suintant. Ça sent la chair brulée, pense-t-il. La bile, le vomis, l’ammoniaque, la couleur de la bilirubine. Chaque pas est une pincée de soufre dans ses poumons. Chrome, à la fois recraché et avalé dans les endoconduits du Waldorf, ici à Tikal prend une fois sur deux la bifurcation à gauche, et l’autre fois opte pour la droite.

Les boyaux succèdent aux escaliers dérobés, passages secrets, portes coulissantes, échelles de corde qui s’escamotent à la commande, leviers piégés, trappes et herses, des cages, beaucoup de cages, garde-mangers, salles d’armes, mini-zoos désaffectés mais puant toujours le fauve, aquariums glauques et collants d’une substance amère, des coudes et des dépressions, des murs luisants comme du corail et à la semblance du vivant, faisceaux optiques qui modifient les dispositions, cubes qui se déplacent, cellules qui sont en fait des passages, cul-de-sac tapissés de cartes partielles mêlant mensonge et ignorance, Chrome en son labyrinthe rejoue la valse des égarés.

Cette cinquième heure à la recherche de l’Informateur lui paraît longue comme deux vies entières, séparées d’une nuit opaque comme une paume.

116. Vision De Liz : La Mort En Sa Citadelle

Posted in meurtre with tags on juin 24, 2009 by 1000morts

Elle, ses tentacules oculaires déployés, visant les cibles en leur cœur, attentives aux plus légères modifications des champs magnétiques ; elle, Liz, le Grand Compas, la boussole des dieux noirs, remplit son office.