Archive for the devoration Category

483. Pour Assouvissement Des Estafilades Intérieures

Posted in devoration, etouffement with tags on décembre 2, 2019 by 1000morts

Glass sent son corps crocheté se soumettre aux giclées de l’éclair. Les muscles fondent.

La vision grandit éclate et disparaît.

Dans ses oreilles la musique des retentissements.

Ce balcon d’hexagone comme une double étoile pliée.

Ici on voit tout. Les serpents géants dévorer les autoroutes.

On sent les cœurs s’emballer.

Les bouches étouffées de feuilles de plastique.

Glass pose un pied après l’autre. Lumière de la lune sur son visage.

Sous la porte de la chambre filtre la lumière du jour, mais sur ce balcon il fait nuit.

Il fait toujours nuit.

La lumière colorée de la verrière.

Ce balcon sur le toit.

Paratonnerre de la vie qui craque.

Signes cabalistiques d’un soleil à plusieurs voix.

Une main étendue, verticale, les doigts légèrement écartés ; l’autre à moitié fermée, pointant partiellement vers la première ; polaroids volés au passé ; sous cet angle, le monde paraît survivre ; sous cet angle, l’univers dépiauté par une colline sans passé, aspiré dans ses concavités, les tunnels gastriques, la musique des contreforts, et des générations de Glass pénétrés d’estafilades.

Une pièce à l’autre.

Une pièce à l’autre.

Glass se retourne et rouvre la porte étroite, pour assouvissement de son puzzle interne.

480. Des Tigres Cachés Dans La Doublure De La Chair : Sous L’Angle De La Maison-Sorcière XI

Posted in devoration, poison with tags , on novembre 29, 2019 by 1000morts

Les marches d’escalier, celles où mordent les chiens.

Les crocs du silence dans l’allée oblique où les tapis étouffent les pas. Où la viande étouffe du silence. Piquée des dents de sabre, alignée dans ses épaisseurs successives, pointée au tournevis caché dans la doublure de la chair. Ici Soient Les Tigres.

Les trains de nuit. Serpent de lumière dévorant le ciel des villes écarlates. Ici on monte vers la raréfaction de l’air.

Glisser sur la rampe ; glisser vers l’échafaud. Et quelque part à mi-chemin, la boîte blanche où dorment les lamproies.

Le balcon de béton. Où les morsures dépassent du revers. Où les bêtes attendent derrière les portes entrouvertes sur le vide.

Courir vers le haut ; exciter les chasseurs. La détonation d’une canine. Les déflagrations du cri. Et ce doute qui plaque au sol, vissé dans la fréquence, dans la lumière grisée d’une fin d’après-midi, celle où l’on condamne sans preuve, où des poisons entrent dans les veines, où les garçons dévalent des échelles de serpents pour tacher de rouge leurs jambes de pantalon.

477. Chaque Parcelle D’Elle Comme Nébuleuse De L’Étouffement : Syphilis Au Souterrain IV

Posted in devoration, passage with tags on novembre 26, 2019 by 1000morts

Ici cache ton visage. Penché sur le lutrin. L’aigle désossé.

Homme livre ouvert, déplié sur la couverture, l’avenir dans une flaque huileuse, des cartes tatouées de viande, l’odeur des mouches, chambre avec vue, l’éclat des ossuaires, fenêtre sur passerelle, escalier de fer, elle descend aux voitures, tout descend, l’épanchement d’étoiles sous le rebord de sa robe, ses yeux inclinés dans l’axe d’un autre monde.

Visages multiples des morsures d’araignée.

Phyllis nimbée d’aurore pose le pied sur le premier pavé de crépuscule. Ici Tikal déroule lentement son parchemin de verre. Ici tu caches ton visage aux collines où tout s’arrête.

Le souffle et la fournaise.

L’architecture des embrasements.

Plans découpés dans des enchevêtrements de corps.

Et sa pulsation sous le tissu, gonflée pleine insérée dans la quête. Femme-sorcière pratiquant l’inceste et l’échangisme de soi.

Chaque parcelle d’elle comme nébuleuse de l’étouffement.

Sur le sentiers des sentiers, au naos peuplé de loups, creusée dans la terre où tu caches ton visage, elle prend pied et éjacule ses reflets dans les fentes du miroir sans tain.

431. Messaline Elssler Comme Marée Mauvaise De La Nuit

Posted in devoration, fantôme with tags on juin 8, 2012 by 1000morts

Messie renaît à la semblance des maisons hantées.

La Créature Sans Nom vampirise ses habitants et fait preuve d’au moins deux visages.
Peuplée de fantômes, générateur de l’enfermement, elle est l’enterrement prématuré, la peur du noir, les portes entrouvertes sur le vide, les bruits de pas dans la cave oubliée.
Elle grandit ; elle palpite comme un couteau ; elle se consume.
Elle est intersection, est est l’Interzone, elle s’étend comme une marée mauvaise.
Et qui sait si les êtres qui la peuplent ne sont pas eux-mêmes des Créatures Sans Nom.

Au fil des dédales de l’organe, Messaline Elssler ravive la flamme qui vacille et ressuscite les lambris qui dévorent.

415. Lodger > Poussée Des Cafards > Archanges De La Peste

Posted in devoration with tags on octobre 11, 2011 by 1000morts

La nuée des cafards dans la chambre immaculée. Lodger attaché mais libre, son esprit envolé dans une prestidigitation, chair à parasite, assis contre le mur rembourré, oeuvre aux mouchards, repas des blattes, l’importance du son, des disharmonies, des strates de murmures dans la boîte crânienne, des rires aussi, surtout les rires, qui ricochent, confinent aux gémissements, la chaleur est trop forte, Lodger se fendille sous la poussée des cafards, des cauchemars kératinisés, les archanges de la perte.

414. Un Visage De Chrome Qui S’Epuise

Posted in devoration with tags on septembre 30, 2011 by 1000morts

Il parvient au cube central. Les portes sont sorties des gonds, un maigre écho énergise encore les couloirs, juste un peu d’électricité statique dans ses cheveux. « Plutôt agréable, en fait », dit-il d’abord tout bas, puis répète de plus en plus fort. Mais la voix de Rossetti ne parvient jamais tout à fait à éteindre l’écho.

Alors il descend, emprunte les cages d’escalier, les corridors penchés, les chambranles inversés. Plus rien ne fonctionne, tout est dévasté, Rossetti avance, recule, se déplace latéralement, en biais, les yeux fermés, attend la vie des mécanismes, une vie qui ne vient plus.

Arrivé dans l’armurerie, il pose la main sur le corps encore chaud et la relève aussitôt. Il saigne. Porte le doigt à sa bouche. Sent le poison noyer ses fibres, et sourit.

Il ne jette qu’un semi-regard à la chaise roulante renversée dans son coin, passe les sas, les douches, toujours plus bas, à la poursuite d’une vibration chromatique qui ne cesse de s’atténuer, de mourir, un long filament sur le point de rompre, mais que Rossetti ne lâche pas, enroule autour de son bras tandis qu’il marche, décroche délicatement des anfractuosités, soulève des pierres, traverse les zones de massacre, parvient à la porte.

Le bruit d’un océan ; le parfum de l’appétit…

Rossetti saisit la poignée.

409. Artefact Quatre : L’Amertume Des Elements

Posted in devoration, poison with tags on avril 8, 2011 by 1000morts

Nous goûtons aux coeurs du singe, les fleurs rouges au jus chlorhydrique, l’amertume des serrures secrètes.

Notre approche était par trop directe, mastication des éléments air terre feu mer, absence de toutes fadeurs.

Nous nous sommes vendus pour une gâche à piège : Artefact Quatre.