Archive for the etouffement Category

536. Les Corps Électriques Clignotent Et Remontent Le Temps : Détachement 1/2

Posted in etouffement, immolation with tags , on janvier 24, 2020 by 1000morts

Son corps froid tourné dans l’angle des fœtus. Partout le visage des anges enlacés, amoindris par le manque d’oxygène.

Ce tunnel sous l’océan, braqué comme un flingue sur sa tempe.

Elle revient aux retours. Son nom sur la fissure, comme un pansement aux anéantissements.

Paupières entrouvertes sur les congélations.

Tout s’arrête.

Les visages tournés vers elle, dans l’admiration de l’abandon.

Les bras tendus vers les fixations du soleil levant. Les attaches apparentes, effets spéciaux transparents, les cordages et les poulies, la poussière blanche descendant des paradis du feu, toiles peintes, le grand passe-temps des bateleurs, tentes entrouvertes vers les gueules et les galaxies.

Le tissu du réel dessine des silhouettes amusantes, des sotties, des ombres animées d’intentions.

Le soleil descend vers la terre.

La pluie tombe sur les brasiers.

Les étoiles dévissent sur les yeux qui les fixent.

Danse du tissu sur les visages du néant. Les têtes tournées vers un point unique de concentration.

Plusieurs corps se succèdent aux coordonnées identiques.

Les corps électriques clignotent et remontent le temps.

S’effondrent au spectacle des désirs enfuis.

S’alourdissent de pensées obscures, de la boue de l’homme-sang.

Du regard.

Du détachement.

496. Petit Précis De Géométrie Du Diable : Extrême-Nord (12/4)

Posted in etouffement, suicide with tags on décembre 15, 2019 by 1000morts

North s’enfuit vers les prairies peuplées de mouvements. Les kiosques où les vies se nouent des écharpes autour du cou.

Où les arbres lourds attendent le regel.

Ici les connexions se perdent les unes après les autres.

Dans les planches disjointes des lieux de rencontre, collées de muqueuses.

North se perd et se retrouve, face à la maison, toujours en face, devant ce miroir sans tain à l’échelle du monde, dont les yeux morts braquent sur lui leurs volontés calcaires et la parfaite énumération des géométries du diable.

486. Porte Arrière Pour Étouffer Sans Être Vus : Extrême-Nord (10/4)

Posted in etouffement with tags on décembre 5, 2019 by 1000morts

L’homme North est la carte.

Planisphère apposé sur un globe lumineux, ses yeux épeires, enclos de flammes, dans les rues où l’on traîne, les rues de poussière où le soleil se couche sans cesse, les rues rouges dans le bleu doré de Tikal, et cette envie de vomir des bouts de verre.

Sous le ciel, cette verrière de couleurs, la lumière émétique du soleil qui se pose.

Henry North aux ruelles qui portent son nom.

Téléporté aux grandes cités vides, aux cimetières gravés de mains, aux seins tatoués et dents rougies des femmes-sorcières de Tikal, celles qui offrent une portée, l’échappatoire aux sentiers brûlés, un passage sous la lune.

Montant la colline, sous les rangées d’étoiles du matin, North approche une baleine échouée aux fenêtres luisantes. Dans sa chair le tracé des galeries.

Les dédales d’aiguilles dans les veines.

Chants d’oiseaux dans l’oreille interne.

Appellent les pépiements de l’asphyxie.

483. Pour Assouvissement Des Estafilades Intérieures

Posted in devoration, etouffement with tags on décembre 2, 2019 by 1000morts

Glass sent son corps crocheté se soumettre aux giclées de l’éclair. Les muscles fondent.

La vision grandit éclate et disparaît.

Dans ses oreilles la musique des retentissements.

Ce balcon d’hexagone comme une double étoile pliée.

Ici on voit tout. Les serpents géants dévorer les autoroutes.

On sent les cœurs s’emballer.

Les bouches étouffées de feuilles de plastique.

Glass pose un pied après l’autre. Lumière de la lune sur son visage.

Sous la porte de la chambre filtre la lumière du jour, mais sur ce balcon il fait nuit.

Il fait toujours nuit.

La lumière colorée de la verrière.

Ce balcon sur le toit.

Paratonnerre de la vie qui craque.

Signes cabalistiques d’un soleil à plusieurs voix.

Une main étendue, verticale, les doigts légèrement écartés ; l’autre à moitié fermée, pointant partiellement vers la première ; polaroids volés au passé ; sous cet angle, le monde paraît survivre ; sous cet angle, l’univers dépiauté par une colline sans passé, aspiré dans ses concavités, les tunnels gastriques, la musique des contreforts, et des générations de Glass pénétrés d’estafilades.

Une pièce à l’autre.

Une pièce à l’autre.

Glass se retourne et rouvre la porte étroite, pour assouvissement de son puzzle interne.

458. Enfers Portatifs Dans L’Eau Des Miroirs : Double Abîme Scalpel Éternel IV

Posted in etouffement with tags on novembre 7, 2019 by 1000morts

Le voici dans la rue, le massicot d’ombre, attachée à la femme, sous la pourpre cardinalice. Le voici qui s’avance à reculons, qui s’estompe en se précisant, les cris sous la chair, au marché noir des mégots de cigarettes, tout ce qui se vend se consomme – c’est l’algèbre du silence. Le voici en son manteau, mystère du champ magnétique, la robotique des assoupissements. Un souffle tué pour une louve, derrière la femme qui arpente, parmi les colonnes et la vapeur dans les murs, un bruit de rats qui grincent et grignotent la cervelle. Déchiquettent le chemin descendant.

La magie sur son bras, au creux du coude un cercle noir, typographies du sens, la magie noire des encres contre nature, dirigée vers soi, opposée au monde. Son octogramme portatif.

Le voici qui cale ses pas sur ceux de l’autre.

Qui emboîte son petit enfer dans un cube en papier d’Arménie, joue de face en face, déplace les morcellements, le voici qui s’espace en se rassemblant, concentrant la lumière d’un chas d’aiguille pour y faire passer l’univers.

La Grande Fission fissure le plâtre de sa paume. Enveloppé du bruit des nuées, Tim Glass file et défait l’attente de sa danse de pluie.

Jusqu’à ce qu’elle se retourne et lève une main aux doigts trop longs, déchire le textile de la nuit et dans son calicot de corps nu, son ver nu d’une blancheur affreuse, la peau nue de ses doigts trop longs plonge dans l’eau des miroirs et serre la vie dans son poing jusqu’à ce qu’elle étouffe.

424. Dernier Souffle, Dernier Arbre, Comme Un Voile Violet Qui S’Envole

Posted in etouffement with tags on novembre 9, 2011 by 1000morts

Dans son brouillard, son embrasement des surfaces humides, des profondeurs, d’un océan de noir total, Messaline.

La vapeur, mystique des âges modernes, lui faisait une armure de gestes, une invocation dans le vent qui se lève, les rideaux tirés sur la lumière rouge, celle des convalescences, des visions au bord de l’eau, où elle s’enfonce, creusant son passage de brume, les contes pour enfants, elle à l’origine, sorcière des garde-robes, sait quand donner de la voix et quand murmurer sous les matelas, quand se révéler et quand il faut feindre l’inexistence, mortalité des mythes, l’équilibre sans cesse précaire des médications. Elle, superbe dans son évanouissement, yeux clos au centre d’un univers, enclose dans l’extrême-externe, ses articulations la font souffrir, son cancer de nuit, lampes aphones posées au bord des tables de chevet, dans l’hôpital, l’orphelinat, ses couloirs-duodénums, ses ascenseurs-œsophages, chœur des archanges de pores, toujours, les archanges de la perte, trous percés dans sa peau, milliards de vide parsemés.

Dans son brouillard, l’atténuation des nuées, fin de l’oxygène, dernier souffle du dernier arbre, comme un voile violet qui s’envole.

399. Vision De North/Wier/Lodger En Triple Echo De Chair Etiolée

Posted in etouffement, maladie with tags , , on décembre 22, 2010 by 1000morts

Il lui fallait cela : faire un avec la surface après s’être uni au souterrain. Son oeuvre au rouge : Wier et lui, Lodger et lui, trois facettes de l’extrême-nord, unis dans la canicule alimentaire des corps qui dégoulinent et s’étiolent dans la maladie et l’étouffement des cellules.

391. Soleil Perdu Dans Une Tasse De Café Brûlant…

Posted in etouffement with tags on novembre 25, 2010 by 1000morts

North se perd dans une tasse de café brûlant. « Trop d’alcool pour moi », se dit-il. « Je n’ai plus l’âge de toutes ces conneries. »

Armé jusqu’aux dents avec une simple lame, il n’effraie personne, il le sait. Tout est dans la concentration de sa présence, la pureté de son alliage en conjonction avec celle de sa lame. L’intensité de sa remembrance. North était si présent que tout semblait graviter autour de lui, être attiré par son espace particulier, se rapprocher de lui à chaque mouvement. Tout le monde ressentait cette attraction sans vraiment la formuler.

Si vous vous leviez, c’était pour vous rasseoir un peu plus près de lui, tirer la chaise, déplacer la table.

Jusqu’à ce qu’il étouffe, soleil de descente où toute lumière se perd.

350. En Majesté Des Sécrétions Etouffantes

Posted in etouffement with tags on février 12, 2010 by 1000morts

Wier revenu d’entre les terres, gravit la route de ciment qui mène au monastère. Il sent l’énergie de ses membres, la soif dans ses doigts de serre, l’appétence pour le concave, tous ses possibles en tumescence deviennent concrétion, le vieillard de puissance accélère sensiblement le pas, il aime le contact du ciment, cette sécrétion moderne qui bâillonne la terre, une bave étouffante qu’il verrait bien recouvrir chaque pouce carré de surface. Mais la porte est là, l’imposant huis aux grilles closes, qu’il traverse en protoplasme de fureur. Wier reprend sa place au trône du monde et c’est la totalité du réel qui se pousse pour la lui rendre, lui tendre son sceptre et courber l’échine au regard de son seul vrai maître.

307. Du Toit Du Monde, La Carte Virale De Byble

Posted in etouffement, passage with tags on décembre 31, 2009 by 1000morts

L’odeur du soufre comme parfum du péché, une illusion. Chrome entend les bruits de la vie en contrebas, lui perché sur la pointe la plus haute de la capitainerie, sur le toit, au-dessus du monde. Pas de variation dans l’air ici, pense-t-il. La brise ou le tourment, tout est viral. Et se mêle en maëlstrom sur le chef du monde. Chrome inspecte la carte sous ses yeux, le plan de Byble, les dessins de ses artères, et plus encore la menace des eaux dans son dos, cette rougeur noire de l’océan, la promesse étale de l’étouffement, l’impossibilité d’en sortir autrement que par la tombe. Un Passage encore, se dit Chrome. Un Passage, juste un. Et le mensonge sera clos.