Archive pour rossetti

451. Comme Incantation Des Terres Qui Dégorgent : Contemplation de L’Ombre Déchiquetante V

Posted in demembrement with tags on octobre 31, 2019 by 1000morts

Au paradis des pièces de couleur successives, les accords de la chance, sa mécanique intérieure prend des ratés pour des traits de génie. Rossetti ses battements de cœur intermittents, la tyrannie des mariages invoulus. Long métrage douloureux projeté sur grand écran, le grain des chairs en gros plan, chaque regard vissé à sa veine, lui ténu debout devant la foule, attaché au premier rang, des paires d’yeux braqués comme flingues sur sa tempe, tous ces gens essoufflés, la toile derrière lui palpitante d’images d’alcool, de lumières atrophiées, de scènes où des filles acceptent tout, où tout part d’un meurtre rituel, des messages au mur, viande grillée, où tout part d’une disparition et d’un retour.

L’agenda caché d’un homme aux tatouages mal placés.

Ses sceaux sur la peau ne veulent rien dire. Répétition du vide. Cage d’escalier qui aspire. Poumons se gonflent. J’entends les chants du vide, il pense. C’est pourquoi je suis ici, dans l’escalier à moitié descendu, quatre ou six ou huit marches vers le cocon, puis un garde-fou, puis le tout-venant.

Rossetti, projetée sur sa peau l’encre de son âme, son algèbre des descentes aux cercles, le jeu des anneaux sur bras tendus, triomphe de l’écartelé, et ici, sous ce ciel tatoué, des nuages faux et l’odeur du porc grillé, ici sur la femme qui enfle et la terre qui dégorge, ici Rossetti étend les bras et accueille en son sein, comme des mouches aux flammes, l’incantation des cordes qui claquent et des visions brisées.

434. Contemplation De L’Ombre Déchiquetante IV

Posted in metamorphose with tags on juin 14, 2012 by 1000morts

Cathédrale des seringues. Massifs d’urticants. Abruti par les grandes profondeurs. Rossetti bras levés, bouche qui se trouble, étouffe dans la moiteur extrême de sa ténèbre externe. Avale des goulées de l’autre monde. Fait redescendre sa terreur dans son ventre, l’horreur dans ses gonades. Ribambelles de masques à gaz chez les prêteurs sur gage, piqûres sur la peau d’éphèbe, Nile s’effondre en numérologie des najas en furie.

Les serpents droguent les spectateurs fantômes.

Rossetti mute en maison hantée. Sa chair, liquide blanchâtre. Son visage, cervelle du poison. Ses fondations s’élèvent dans les nuées. Et perdent les spectateurs dans les estomacs innombrables, les entrées à doubles crochets, les oeufs déversés dans les veines, la dévoration des pupilles fendues.

Rossetti est mauvaise pellicule projetée sur un écran d’os.

426. Contemplation De L’Ombre Déchiquetante III

Posted in maladie with tags , on novembre 11, 2011 by 1000morts

Nile patauge dans les premiers rangs, obnubilés par l’ombre écarlate. Un fantôme gustatif, quelque chose comme un souvenir s’impose à lui, une brièveté d’une puissance inouïe, la diffusion, l’épuisement, la dilution, tout cela mène à aujourd’hui, à sa faiblesse, à son miroir noir de la jalousie, à sa fascination extrême, à son regard cloué, à l’ouïe des tréfonds, des instants, ses mains levées en signe de soumission, ventre offert, voix qui double, qui souffle, une tumeur en mouvement, la peste et la lèpre qui s’accouplent, et engendrent.

421. L’Ame Faite Os De Johannes Wier

Posted in calcification with tags , , on novembre 5, 2011 by 1000morts

« Finalement, Messaline ne fait que réussir où Rossetti a échoué. » Wier cache le judas de sa paume – même lui n’ose pas scruter celle-ci, un rai de cécitante clarté lui baigne les pieds. « Destituer toute forme d’abîme et le remplacer par son propre horizon brûlé. » A travers sa peau irisée du néon total, on voit les os de Wier, son triple squelette en mouvance. Ses yeux sont hermétiquement clos, et malgré cela, malgré sa main, malgré sa paupière, son esprit s’opacifie, sa dernière calcification de la pensée. Son âme faite os.

418. Contemplation De L’Ombre Déchiquetante II

Posted in maladie, meurtre with tags , on octobre 31, 2011 by 1000morts

Acte 2, l’apesanteur de l’abattoir, Rossetti accroupi au bord de la scène, défie les lampes à huile et à acétylène, apprécie la démonstration, applaudit par moment, ses lettres se reforment dans son esprit, celles de l’errance et des complications, des infections nosocomiales, du virus de la peste et de la lèpre mêlées, qui devant lui avait pris corps, une forme non préhensible mais déchirante, délabrant les rangées du fond avant de sauter jusqu’au premier balcon.

416. Contemplation De L’Ombre Déchiquetante I

Posted in demembrement, meurtre with tags , on octobre 25, 2011 by 1000morts

Acte 1, Rossetti debout sur la scène, toutes lumières braquées sur lui, la poursuite obsédante, aveuglé, Rossetti se protège les yeux de ses mains et attend que la rétine s’habitue, se focalise à nouveau sur Ce Qui Est En Face : scène de meurtres, lieu du massacre, étal de boucherie, et cette ombre magnifique, son jais jaillissant en lames courbes, vivantes, un tourbillon déchiquetant, Rossetti en perd son alphabet du shéol pendant quelques instants, quelques instants seulement.

414. Un Visage De Chrome Qui S’Epuise

Posted in devoration with tags on septembre 30, 2011 by 1000morts

Il parvient au cube central. Les portes sont sorties des gonds, un maigre écho énergise encore les couloirs, juste un peu d’électricité statique dans ses cheveux. « Plutôt agréable, en fait », dit-il d’abord tout bas, puis répète de plus en plus fort. Mais la voix de Rossetti ne parvient jamais tout à fait à éteindre l’écho.

Alors il descend, emprunte les cages d’escalier, les corridors penchés, les chambranles inversés. Plus rien ne fonctionne, tout est dévasté, Rossetti avance, recule, se déplace latéralement, en biais, les yeux fermés, attend la vie des mécanismes, une vie qui ne vient plus.

Arrivé dans l’armurerie, il pose la main sur le corps encore chaud et la relève aussitôt. Il saigne. Porte le doigt à sa bouche. Sent le poison noyer ses fibres, et sourit.

Il ne jette qu’un semi-regard à la chaise roulante renversée dans son coin, passe les sas, les douches, toujours plus bas, à la poursuite d’une vibration chromatique qui ne cesse de s’atténuer, de mourir, un long filament sur le point de rompre, mais que Rossetti ne lâche pas, enroule autour de son bras tandis qu’il marche, décroche délicatement des anfractuosités, soulève des pierres, traverse les zones de massacre, parvient à la porte.

Le bruit d’un océan ; le parfum de l’appétit…

Rossetti saisit la poignée.