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504. Empire Des Étincelles, Citadelles Du Venin : Cercle Quatre

Posted in devoration, poison with tags on décembre 23, 2019 by 1000morts

Labiodentales du peuple bleu nuit, leur peau teintée des rassemblements aux tables sans épaisseur. Ici accrochés au mur, les petits êtres noirs, toits pointus, leur alignement de maisons sans fondation, et le bruissement des branches nues.

L’appétit parmi les troncs. Chaudières humaines roulant sur elles-mêmes, ventres creusés de bouches, creusement dans les flammes, l’acier oxydé de larmes suit les ombres dans les recoins, hume leur odeur de suie, les machines à recoudre la viande, lames blanches et lames noires, dents qui grincent, claquements menus derrière les branches agitées par le vent. Leur iridescence, ici, dans les escaliers des entrailles. Quelque chose d’une main devenue, la pierre, couverte de béton, fossilisée de mémoire. Sa trace sur les sons.

Lessive éphémère. Il marche autour du marbre, lentement, comme lisant des lettres dessinées par des corps en mouvement, ces trois globes oculaires étendus sur la glace, il pose sa main sans phalange sur la toile verte, North ressent la poussée des magnitudes.

L’ouest, fumée des vapeurs, la politesse des anfractuosités d’où s’échappent des esclaves.

L’est et ses étendues opaques, son émeraude tissée d’attouchements, les nuages au sol, anéantis dans la rosée.

Le sud, les cris d’incendie dans la ville, cernée de serpent, où des jaguars s’abreuvent dans les rues vides.

Le nord, forêt des falaises, règne des cheminées du corps, où prolifèrent les fournaises et l’extrême absence de tout combustible.

Là où le soleil se lève bientôt. À gauche le visage de la nuit ; à droite l’empire des étincelles. Et derrière Henry North, le retour aux citadelles du venin.

500. Souvenir Calcifié Des Anéantissements : Sous L’Angle De La Maison-Sorcière

Posted in immolation, irradiation, meurtre, poison with tags , , , , , , , , on décembre 19, 2019 by 1000morts

L’air est flammes, ici où les géants ont copulé sur les monticules. Lames de volcans. L’aveuglante nudité. Des œufs étranges sous le nid d’étoiles. Alors il n’y avait que du sang rouge dans les tranchées. Des visages interdits tendus vers la lune. Les reflets du poison sur leurs peaux d’écailles. Quelque chose dans la rythmique de leurs cris, la pulsation de leurs griffes, le chant de grillon parmi leurs étincelles internes. Tout près d’ici, le grésillement d’une chair en feu dans une carcasse de voiture. Les abords des ruisseaux nucléaires.

Chute de mondes.

Ici où les racines plongent, où les astres portent un nom, numérotés d’usage, endogames en leurs cryptographies du diable. Coupés des artères, dans l’arrière-boutique du corps, ces silhouettes cyclopéennes s’ébrouent en contrebas de la maison.

D’ores les coquillages s’amoncellent. Pétrole incandescent. Lui qui explose au bain amer. La colline comme un poing serré. Un œil ouvert sur la boîte. Ces fruits aux autres couleurs. Ici où les nouvelles créatures se serrent les unes contre les autres, pour s’échauffer. Sous les pluies acides. Les lignes de basse, réunies en un nuage, rubans de voix, visages qui hantent derrière le verre dépoli. Les enfants s’éveillent au bruit qui claque. Jouent à cache-cache avec le temps.

Et déjà les ossements s’entassent, allongés sur les civilisations pétrifiées, œil ouvert œil fermé, nettoyés à l’alcool. Strates après strates. La fortune des envieux.

Affamés, les seigneurs de la faim négocient leur passage dans un autre monde. Ici où les fenêtres oculaires grésillent au tison de l’appétit. Leurs doubles rangées de crocs saignent au délire de la peau. Caressent les contours d’une ombre. Et entendent les cycles de l’écho.

Ces animaux creusent les fondations, rabattent les monceaux de laitance, encerclent la suie dans les collines creuses, appréhendent les retours maudits, touchent du doigt le chambranle des portes définitivement closes.

Néons de couleur aux bordures.

Mâles déguisés en femelles près de la chandelle allumée.

Ici où tout est flammes.

On pose les bases d’un mensonge de stèle.

Papillons d’yeux sur les paumes de leurs mains.

Vapeur poreuse découpée en bloc.

D’un côté, les pierres s’élèvent ; de l’autre, la paroi s’éventre. Bientôt gagnée par l’herbe et l’ordure, les salamandres de l’autel, les sentiers qui perdent la vue. Falaises déchiquetées longent la voie ferrée. Ici où l’on dresse des fours comme totems des aliénistes.

Ici où mourir signifie retrouver la chaleur.

Par-dessus la colline noire, mil neuf cent vingt-sept, les pierres s’ajustent, les chairs brûlent, plan de travail, factures non payées, et ces hommes qui poussent, tirent et élèvent, barbouillés d’une suée blanche, pour le prix d’un exilé, un qui se multiplie comme un miracle. Eux triturent les viscères. Leurs corps dans la pierre. Leurs corps dans la pierre.

D’une façon ou d’une autre il y a eu pacte.

Portrait d’un crime, recouvert de ciment ; pas de reflet, jamais, de la maison dans le petit étang qui la polit comme un miroir. Rien ici ne se vit.

Buissons de noisetiers. Fosse septique où les enfants se perdent.

Trois générations pour jouer à la roulette russe. Point de guet pour l’entre-deux. Zones d’apitoiement des vents contraires. Quelque chose dans le ciel qui se déchire. Tenir tout au bout des doigts, le serpent luminescent, les regards en plongée, les iris découpés, l’avenue cachée sous les serres chaudes. Le goût du soufre ouvre des portes. Là, tout près de la caverne à la vierge. Planquée comme une chienne le long des marches. Tout ici a toujours été ici.

Et très vite les chambres à part. La séparation des dynasties qui se lèvent. Vue sur les najas. Vue sur la clôture épidermique. D’un étage l’autre, brume napalm du silence.

Ici où l’on bâtit une chapelle, ils atermoient sur leur âme lorsqu’il s’agit de se planter un couteau dans le cœur. Ils ont fait ces caves, ces tunnels aux murs de terre sèche, ces bifurcations, ces étouffements. Ils ont fait ces carreaux bleu et blanc, ces portes-fenêtres et ces pièces du sommeil, ces montées d’escalier de la morsure, ces paliers d’où l’on se jette, ces chambres de scission, et ces dernières marches vers le sommet. Balcon de verre sur la nuit, paratonnerre pour garde-fou, les larmes conductrices d’étincelles.

L’odeur du créosote et du cyanure. L’or blanc des maisons de passe. Toutes pareilles. Buissons desséchés, les hurlements des créatures, deux-façades de la misère, des histoires plein les commissariats, murmures aux veines blanches, ils ont monté des grilles et bâti des dépendances, hululement de l’alcool, fosse commune, l’odeur des bêtes et de la merde, quelqu’un à la fenêtre, dans la strangulation de son monde, un rideau de mains, briser le plomb d’une glace sans tain, et cet animal sans reflet, ses yeux d’images glacés de mauvaise nourriture, un chemin qui monte vers les nouvelles dépendances, et par-delà les grilles l’autre route, entre le grumeau d’une peau rouge et l’alignement pervers des excroissances, le tuyau d’eau glacée, les discussions à rebours, ne pas voir la folie, ne pas sentir l’odeur du cadavre, lui préférer le masque des iris coupés et le rictus des acouphènes.

Ici où l’on bâtit des lignes à haute tension, où les serpents emportent de pleines phalanges, où les murs de mues découpent les poèmes noirs en échardes.

La schizophrénie comme pratique moderne de l’échangisme individuel. Une chambre pour une autre ; passage des fluides corporels d’un étage à l’autre ; transfert des musiques du chambranle ; salles-mausolées aux sarcophages anéantis. Toutes les facettes d’un même diamant faux.

Alignement de pierres dressées ; livres debout dans les bibliothèques de la nuit toujours, face aux cités découpées de persiennes, les statuettes en morceaux, rocking-chair des femmes absentes, et toujours ce parfum, la fleur des respirations nocturnes. Dormir sans paupières. Branlettes sous les tapis de toilette. Spectacles permanents par-dessus les lavabos. Les cuisines mutent en salles de bains. Chambres d’amis où perdure la maladie. Mémoire d’artériosclérose latérale. Mémoire de chapelet. Mémoire du refus et du bannissement.

Faire attention aux pas, aux grincements. Ici où les bêtes viennent boire. Les monticules se font prison. En leur creux coulent les fluides de la viande.

Premières marches vers la porte définitive, l’antichambre des renoncements, goût de métal sous la langue.

Sous la lumière oblique des chambres qui n’existent pas. Boire l’oubli. L’angle précis sous lequel apparaissent les filaments d’aigue-marines. Exaltés par l’accroissement des montagnes oculaires. Comment cerner une maison qui s’échappe de partout ?

Fenêtres de bois vernis. Leurs mécanismes escamotés. Basés sur la domination. Visions du château-fort. Visions des distances. Accumuler les expériences. La sueur et le sang. Petite boîte encastrée à gauche de la grille. Des fleurs à séquestrer. Dormir dans la paille plutôt que rentrer chez soi. Subir les questionnements. Raconter les vies.

Sentir les tuiles sous la main. Des propositions d’effondrements. Être un nuage accroché aux anfractuosités. Et sa robe tachetée de trous noirs, devenir ce qu’on n’a jamais voulu qu’on soit. Deux impasses sur trois. Une chance sur neuf de trouver le sourire.

Elle partout dans les murs, sa disparition dans le monte-charge sur quatre étages, toutes ces morts évitées de justesse, tomber dans l’oublie, faire lire les lignes de la paume, les lambeaux à déchirer, quelque chose du sang qui perle, impossible tu comprends ? impossible mais tu sais ce qui se joue ici, ce qui doit se dire, ces jeux de hasard où l’on fait gagner l’autre, la perte du souvenir comme effacement de la pensée, musique atroce, identification des généalogies, elle donne naissance à son père, ici c’est elle.

Conte de fées de la pauvreté. La maison se bâtit d’elle-même, elle enfante ses coupe-gorges, tout le prix qu’elle y met concourt aux descendances ensanglantées. Elle enfant voit les pierres s’élever d’elles-mêmes, magie des transparences, des maisons identiques, des nourritures pour les porcs. Elle soulève la fonte et succombe aux atours de la dame en noir.

Aux appendices mutilés.

Courir les bras contre soi, contre la montre, vers la gauche contourner l’arbre et retour, s’arrêter avant les territoires interdits, les kiosques de caresses, les attouchements, les prairies gonflées d’étrons, les animaux pleins, les frontières de tous les territoires. Ricocher vers la maison et, devant son visage inverse, voir le fer planté dans la chair. Et les larmes métallurgiques étouffer les cris et les reconnaissances.

Ici où le verre égrène ses visages, constater la couleur, l’absence de lumière, la rambarde qui plante ses échardes sous les ongles, le puits peu profond, fenêtre vers un ciel de nuit, oubliette vers l’infini, quelqu’un s’appuie sur le bois, l’homme aux images, qui se noie dans un fleuve serpent, ici où les tatouages remontent le fil du temps, où les ongles grattent la fine couche d’étain, où les limites sont atteintes, il faut se réchauffer en brûlant les amoncellements.

Au ciel où butent les descendances, il s’offre. Sa tête dans la main. Oiseaux en cage. L’odeur des chiens. Retrouver la vie du ventre.

Elle pleut en nuit sur la verrière. Longue chevelure lactée par deux chiens couchés. Ici dessine les carreaux séparés du plomb des crucifixions. Ici la dame aux poisons ouvre ses chas et déverse les cascades sur les planchers disjoints.

Au plafond du premier, corridor murmurant des daguerréotypes, on épelle le nom et tout doit s’ouvrir, mais c’est la chair qui s’ouvre, c’est la chair qui s’ouvre, la chair sèche des tunnels du remembrement.

Ses mains plaquées contre le verre, marionnettes des territoires, l’épidémie des reconfigurations du souvenir. Ici où les spectres absorbent les débris de plusieurs vies. On n’a pas le droit de dévier de la ligne droite ; vers la chambre ou l’escalier, plongeon dans les puits de verre, les collines verticales, jusqu’au four à chaux, ici où les corps s’espacent dans un nuage de fumée. Cœur magique de vapeur d’eau. Soupirs d’osselets.

Et dans la chambre où la maison se trouve, quelque chose se cache derrière la façade. La prestidigitation de Liz. S’identifier aux bois du lit, de la table, de la coiffeuse, de la garde-robe. Trahir la transmission. Ne retenir que la nuit cloutée, la chambre télévisée, la salle-à-manger des générations successives, tout trahir, tout absorber, elle une amibe à taille humaine, réorganise son champ d’opération en énumérant les bordels militaires de campagne.

À la croisée des chemins, Liz prend des bains de jeunes vierges et refuse les dénégations.

Soupçons déversés par les douves.

Disparition de l’inconvenance. Ne pas pouvoir pardonner.

Ici où le gibet se dresse, il a la semblance d’une maison.

Son ombre jusqu’à l’école primaire. Pseudonyme des revendications. Savoir qu’on porte le nom du verre brisé. Des fantômes coulés dans les hauts-fourneaux. Ici où la chaleur à chaux. Ici où les corps renforcent les parois. Souvenir calcifié des anéantissements.

Souvenir calcifié des anéantissements.

496. Petit Précis De Géométrie Du Diable : Extrême-Nord (12/4)

Posted in etouffement, suicide with tags on décembre 15, 2019 by 1000morts

North s’enfuit vers les prairies peuplées de mouvements. Les kiosques où les vies se nouent des écharpes autour du cou.

Où les arbres lourds attendent le regel.

Ici les connexions se perdent les unes après les autres.

Dans les planches disjointes des lieux de rencontre, collées de muqueuses.

North se perd et se retrouve, face à la maison, toujours en face, devant ce miroir sans tain à l’échelle du monde, dont les yeux morts braquent sur lui leurs volontés calcaires et la parfaite énumération des géométries du diable.

491. Léto Coupée Accouche D’Aube : Extrême-Nord (11/4)

Posted in mutilation with tags on décembre 10, 2019 by 1000morts

Comment savoir si l’étang n’est pas un puits ? North approche des triangles reliés d’un canal. Oiseaux entravés. Bouche d’ombre. Des choses bougent.

Léto coupée accouche d’aube.

486. Porte Arrière Pour Étouffer Sans Être Vus : Extrême-Nord (10/4)

Posted in etouffement with tags on décembre 5, 2019 by 1000morts

L’homme North est la carte.

Planisphère apposé sur un globe lumineux, ses yeux épeires, enclos de flammes, dans les rues où l’on traîne, les rues de poussière où le soleil se couche sans cesse, les rues rouges dans le bleu doré de Tikal, et cette envie de vomir des bouts de verre.

Sous le ciel, cette verrière de couleurs, la lumière émétique du soleil qui se pose.

Henry North aux ruelles qui portent son nom.

Téléporté aux grandes cités vides, aux cimetières gravés de mains, aux seins tatoués et dents rougies des femmes-sorcières de Tikal, celles qui offrent une portée, l’échappatoire aux sentiers brûlés, un passage sous la lune.

Montant la colline, sous les rangées d’étoiles du matin, North approche une baleine échouée aux fenêtres luisantes. Dans sa chair le tracé des galeries.

Les dédales d’aiguilles dans les veines.

Chants d’oiseaux dans l’oreille interne.

Appellent les pépiements de l’asphyxie.

476. Jouissance De La Perte Au Labyrinthe : Extrême-Nord (9/4)

Posted in poison with tags on novembre 25, 2019 by 1000morts

Descente aux particules du golem. Chacune crie en sa bouche de pores. En chaque d’entre elles le golem, entier, ses lettres à moitié effacées au front des vengeances. Reproduction efficiente. Changer de langue en cours de route.

La voie double des mutations.

Les odeurs propres d’un corps de terre.

Toute veine est un sentier qu’il suit du doigt jusqu’aux buissons de clématites et d’anémones. Les poisons tissés de liserons. Les coupes entachées de muguet et de ciguë.

Son corps enserré par la vigne. Pressé de questions.

Or en son origine, dépeint la clarté glauque des nuits de Tikal.

Son ombre portée comme un fardeau. Il peine sur les sentiers immenses qui s’écoulent de ses bras.

475. Armée D’Adamantium Dans Un Corps Incomplet : Extrême-Nord (8/4)

Posted in disparition with tags on novembre 24, 2019 by 1000morts

Aux artères où se concentrent les improvisations de North, la voix de l’alcool, cul-de-sac des générations. Quelque chose d’un corps qui aboutit sur son lit d’adamantium, le régolite des aveux, poussière d’ange, souvenir encadré des favoris, trois corps dont un mort, yeux fermés de l’assoupissement toujours, North pense à la sexualité des cadavres, debout dans une rue immobile, il pense au règne des poupées, à la morsure des anophèles, leur vol silencieux au fil des bougies, représentation des mains sans doigt.

Debout sur la grand-place faite de ciel et de mots incomplets, toutes ses formules ne mènent à rien. Cartel de l’or alchimique. Vouloir trop en faire. Une saison d’éther et d’insouvenir.

Comme un poisson susurré dans la tête.

Les recoins de mémoire, raclés pour payer des chaussons de danse.

Tout l’or du monde.

Tout l’or du monde.

Dans un monde de ciel, l’or d’une aube enrage les ailes du cuir. L’orage guette. L’orage mécanique des poings tendus, ceux qui captent l’éclair et reçoivent les piqûres et perlent les sangs abandonnés des mains incomplètes.

Henry North laisse de lui dans chaque incarnation.