Archive for the calcification Category

462. Souvenir Du Poème En Noir : Sous L’Angle De La Maison-Sorcière V

Posted in calcification, fantôme, irradiation with tags , on novembre 11, 2019 by 1000morts

Ici la salle-à-manger du meurtre, ses deux portraits en surplomb, l’échange des sangs assemblés, l’ancêtre à la souvenance et l’autre qui calcifie sur sa chaise percée, l’organe a son absence d’os, lieu du chien et de la misère, cheminée sur du vide et bibliothèque qui s’escamote sur le mensonge, promesses sans merci, l’échappatoire des estropiées, un bureau près de la fenêtre par où l’on regarde la créature qui s’approche, le soir qui tombe, la grosseur derrière la mâchoire, ne plus tenir à rien quand les stores s’abaissent comme un train de marchandises. Et derrière les carreaux de verre, la contre-allée vers la falaise, le kiosque où se déclarent les flammes, les champs de moutons et les connexions siamoises, l’erreur et le doute et le troc du sang d’absence. Quand les visages se multiplient en un seul, ces deux portes dont une fausse ouvrent aux plaques de marbre et aux marteaux qui frappent la peau fine des tympans. Elle est miroir sur le manteau. Elle est buffet aux couteaux. Et sous le lustre qui fait pleuvoir la nuit, Liz accroche ses filaments d’hivers nucléaires aux démangeaisons du diable.

421. L’Ame Faite Os De Johannes Wier

Posted in calcification with tags , , on novembre 5, 2011 by 1000morts

« Finalement, Messaline ne fait que réussir où Rossetti a échoué. » Wier cache le judas de sa paume – même lui n’ose pas scruter celle-ci, un rai de cécitante clarté lui baigne les pieds. « Destituer toute forme d’abîme et le remplacer par son propre horizon brûlé. » A travers sa peau irisée du néon total, on voit les os de Wier, son triple squelette en mouvance. Ses yeux sont hermétiquement clos, et malgré cela, malgré sa main, malgré sa paupière, son esprit s’opacifie, sa dernière calcification de la pensée. Son âme faite os.

384. Lodger Retrouvé Noyé Dans Une Flaque De Temps

Posted in calcification with tags on octobre 19, 2010 by 1000morts

Le vieillard attend l’injection jaune fluo, pour revivre encore et surtout perdre la mémoire.

Ces images qui déchiquètent son regard intérieur. Les scènes qu’il ne peut plus regarder en face ; même leur reflet le pétrifie.

Lui qui ordonnait aux nuées, subit une gravité décuplée ; avance par reptation quand il marchait sur le vent.

Debout au sommet du monde ; il contemple désormais les cafards en contre-plongée.

308. La Vue Pétrifiante De Sa Gorgone Laideur

Posted in calcification with tags , on janvier 1, 2010 by 1000morts

– Où sommes-nous ?
– Byble, ma préférée. La vie ici est comme un rêve.
– Ta vie est un rêve, mais par rapport à quoi ?
– J’ignore ce que je suis, si tel est le sens de ta question. Mais je sais où je suis. Byble.
– Tu parles d’un axe-soleil. Celui du Dharma ?
– Byble est une roue, en effet, mais pas un cycle de vie. Pas même un cycle de mort. Peut-être un peu des deux.
– Ou la logique de la vie appliquée aux champs de pavots inverses de la mort.
– On ne saurait mieux dire. On va boire un verre ?
– Tu es trop léger pour cette gravité, tu ne crois pas ? Et SteelSun, ce nom, d’où vient-il ?
– A force de Passages, je suis venu de partout. On ne peut tous recevoir un patronyme de danseuse écarlate.
– Tu te moques, tu souris mais tu ne m’as jamais vue danser.
– Comblons ce manque, veux-tu ? Je connais l’endroit. Un lieu en forme d’oeuf renversé. Ce sera parfait pour toi.
– Pour moi ?
– Et pour ton mode de nutrition. Suis-moi.
– Tu te moques à nouveau.
– Tout ceci n’est qu’un grand cirque, ma chérie. Un grand cirque lunaire. Et nous sommes reflets torturés, peintures animales, illusions de visage projetées sur une tête de plâtre sans expression. Tu comprends ça en débarquant à Byble. Et si tu ne l’as pas compris, c’est que tu n’as pas encore senti la ville tourner sur elle-même. Grincer sur ses fondations. Mirer sa réflexion dans l’océan. Et crier de rage à la vue pétrifiante de sa gorgone laideur.

272. Le Syndrome D’Euryale IV

Posted in calcification with tags , on novembre 26, 2009 by 1000morts

« Je sais que tu m’entends, je sais ce que tu es. Tu es le plafond de verre au-dessus de cette ville fausse, le confluent des fleuves sous terre, les bissectrices et les ordonnées, les noeuds telluriques, les angles obtus, pointes et concavités. Tu m’obéis en sachant qui je suis, L’Une Des Trois, L’Une Des Trois. Je suis survivance. Tes yeux de pierres voient le monde à leur semblance ; ainsi entendent tes oreilles. Le monde est lourd sous tes paumes appuyées ; son goût est celui du galet mouillé de salive, son odeur celle du moellon qui éclate percé par l’incendie. Je suis vision, oeil de chat émeraude, racines les plus anciennes. Tu es à moi », soupire-t-elle l’index pointé vers Glass, et depuis son banc opposé, chantonne doucement. Des ultrafréquences qui caressent sa peau de statue. Les yeux clos, les lèvres à peine mobiles, Euryale est un automate noir à six pattes recroquevillé dans la position du dross. De caresse, son chant se fait morsure. Laisse des sillons de griffures. Et craquèle comme une pellicule de calcaire la seconde peau de Tim S. Glass.

263. Vision De Glass/North Comme Accros Dans La Trame

Posted in calcification, maladie with tags , on novembre 17, 2009 by 1000morts

Deux hommes fixés sur leur sort, l’un au couperet de la tangente nosocomiale, l’autre amplifié de vibrations lithiques. Un cocktail de mousses et et sécrétions ; rien qui meurt jamais vraiment, rien qui cesse tout à fait. Ces deux hommes, plongés dans l’effroi d’une descente en rappels.

261. Un Grotesque Absolu – Troisième Type

Posted in calcification with tags , on novembre 15, 2009 by 1000morts

Nile sort de sous son lit, le mec toujours planté là au bord, saisi dans sa courbure de douleur. Il vaudrait mieux, se dit-il. Il vaudrait mieux filer maintenant.

Pourtant, Nile demeure interdit dans sa cité de lits mouillés, la senteur de la moisissure, l’enceinte de la délivrance, les spasmes du Passage à l’ère industrielle.

La boussole interne de Rossetti jeune s’affolle. Il a senti les bruits d’une chaise qui racle le sol, du nuage qui s’étire jusqu’à l’éclatement dans un ciel de veine, il mange du regard la totale hébétude qui lui fait face.

La permanence du vivant mène au gel, au minéral.

Nile contourne lentement l’obstacle et colle son visage juste sous celui de l’homme. Renifle la presqu’absence de souffle. Et grave sa grimace grotesque dans la rétine, dans sa masse, dans l’épaisseur de sa fiction personnelle.

Car si le passé est fiction, le mensonge devient la meilleure preuve d’absolu.