Archive for the mort naturelle Category

315. Questionnement Des Nappes Phréatiques

Posted in chasse, metamorphose, mort naturelle with tags on janvier 8, 2010 by 1000morts

Henry North a compris, ses excroissances interrogent les fondations, le béton armé comme le marbre, la terre, les lignes de cuivre et les salles blanches, les dispositifs de sécurité, les plans entreposés en sous-sol derrière de grandes baies vitrées, les parkings gardés ou pas, les nappes phréatiques de l’activité humaine. North a posé des questions qui ont trouvé leurs propres réponses, et ainsi de suite jusqu’à identifier, au bout d’un processus long comme les douze heures de la nuit, la localisation exacte de sa proie descendante.

264. Quatre Points Noirs Sur La Peau De Liz I

Posted in mort naturelle with tags on novembre 18, 2009 by 1000morts

Le terme s’approche et c’est la fin qui paraît reculer.

158. Les Initiations De Liz, Un

Posted in mort naturelle with tags on août 5, 2009 by 1000morts

Les façades rouges où naissent les gargouilles, Liz les parcourt du doigt et des yeux, marche dans les artères, dévale les escaliers, grimpe aux corniches, creuse les promenades, observe, emmagasine, apprend, voit les créatures se déplacer comme si l’air était fait d’eau, si ces tentures rouges, interdites, dans chaque demeure n’existaient pas. Mais Liz apprend beaucoup des tentures, et de ce qu’elle fantasme derrière eux. Cette idée lui suffit, elle en sait plus en en constatant moins, Liz offre de nouvelles formes à son exosquelette protoplastique. Liz-la-Pupille pratique son art, où les cellules se remplacent à la vitesse du soleil en orbite.

108. Confessions De Madame Bathory IV Et Dernière Partie

Posted in mort naturelle with tags , on juin 16, 2009 by 1000morts

(Pour mon ultime entretien avec Elisabeth Bathory, une mauvaise surprise m’attend : elle refuse désormais de me voir. La porte restée close, j’attends je ne sais quoi. Peut-être une signe, une parole venue de l’autre côté. Une reconnaissance du passé ; une raison d’en faire quelque chose. La petite plaque du judas est fermée, elle aussi. Elle semble résister, pourtant, à une force de poussée venue de l’intérieur de la chambre-cellule. Mes yeux ne sont qu’à quelques centimètres ; j’élève ma main gauche,, quelque peu empêtrée dans la manche de ma soutane. Sens le fer grincer sous la pulpe de mon doigt. Lorsque j’actionne le mécanisme de cadenas, la plaque s’ouvre violemment et se colle la porte, de l’autre côté de ses gonds. Et c’est une glu, une mélasse noire comme les iris de la comtesse, une boue inhumaine qui s’écoule de la trouée. Elle se répand, lent dégoulinement à l’odeur de rouille, depuis le judas jusqu’au seuil où elle baigne doucement la latte de nickel. Un bruit derrière moi, je me retourne dans un rictus de dégoût et arrive cet homme, conduit par un frère, visiblement aveugle. Il tend sa main libre vers moi et sa bouche se fendille. Il ne frappe pas à la porte, il n’attend pas qu’on lui ouvre : cet être étrange avance la main, pousse simplement la porte qui me restait obstinément close, et pénètre dans la future chapelle ardente de Madame Bathory.)

092. Dernier Espoir, Dernière Gorgée De Sommeil

Posted in mort naturelle with tags on mai 31, 2009 by 1000morts

Nile a douze ans. Une moitié de la surface de son corps a froid, sur la peau de terre qui dégorge ; l’autre cuit sous le soleil et la cuvette renversée. Nile sent les trilles sortir des becs, les langues râpeuses clarifier les pattes griffues, les guets et les insouciances dues à la faim, les feuilles qui se poussent et gagnent leurs gorgées de sommeil. Nile est heureux pour la dernière fois de sa vie. Tout le reste ne sera que descente.

091. Les 4 Années Du Château D’O

Posted in mort naturelle with tags , on mai 30, 2009 by 1000morts

Quatre années recluse, l’autre incarnation de Liz, à laquelle Liz elle-même fait face dans ses rêves. Réseau, artistocratie, argent, tout lui épargne la mort violente. Mais elle en paie le prix de l’ennui, qui la tue plus sûrement qu’une armée sur la glace qui se brise.

062. Clôture De Ce Qui Est Ouvert

Posted in mort naturelle with tags on mai 1, 2009 by 1000morts

Le mois qui ouvre se clôt, les plaies se referment, c’est la vie des mensonges, la torpeur du canular, le commencent de la fin.

059. Enfant Du Blé

Posted in mort naturelle with tags , , on avril 28, 2009 by 1000morts

Sinhef Zone³, civilisation du blé, de la vie. Le silo du Diamonde itself, l’envers de Khalaï, où ne pousse que le maïs entre les mausolées doublés de plomb. Tim S. Glass, son enregistreur portatif en bandoulière, écoute et capte le bruit du silence qui siffle entre les tiges. L’un, étroit, blanc, velu, léger, dansant ; l’autre, lourd, boueux, méthodique, épais, jaunâtre. Le maïs étouffe où le blé gonfle. Une permanence de l’emprisonnement opposée à la triomphante constance du faiblard.

058. Scène De Loge Après Le Spectacle

Posted in mort naturelle with tags on avril 27, 2009 by 1000morts

Messaline en sa loge, immobile en son ombre qui virevolte au pinceau de la chandelle mourante.

021. Tombeau Pour Henry North (2e Partie)

Posted in mort naturelle with tags on mars 21, 2009 by 1000morts

C’était la musique de sa mort, celle de son inhumation, de sa crémation, de toutes les formes de disparition de son corps. Il l’avait possédée, elle l’avait eu, dans les derniers retranchements de sa cendre. Il voyait encore son reflet en couleur dans la vitre sans tain, il percevait encore, la dernière chose qu’il abandonnait. « Vous saurez 30 secondes avant de mourir » : une phrase-vertige pour expliquer la perte.

C’était le son du remembrement. La vocifération du vide qui dévisse en lui-même. L’anéantissement de l’appétit, d’ores celui des hyènes insectueuses, et déjà la manière de ne plus s’entendre avec sa procréation. Il percutait dans sa boîte, pur produit de ses testicules ; amertume de se savoir là ; désespoir de la certitude d’être ailleurs.

C’était l’âge aussi, l’amer testament, quand on disperse. L’immaculée grappe de fruits qui s’échappe tendrement. A poil dans son ruisseau, on le fait se transmuter. Le peu du puits est toujours plus infini que ton enfer le plus intime. Dit-il à dieu, avant de vomir.

Henry North avait ses veines prolongées dans les sous-sols de toute l’Amérique latine, le Paraguay, les détestables dégénérescences de Montevideo, l’oubli dans les faubourgs de Brasilia, les labyrinthes du désir, Pérou, les plaines du Léthé au cœur du Chili, les bonds de géant qui créèrent l’Argentine, où l’on parle allemand, où l’on parle le langage secret du docteur Mengele.

Le froid en anneau autour de son doigt idoine. Il le repose pour que la chose absorbe une autre chaleur, puis s’en receint. Le feu venait de sous son dos : tellurique. La poussée des objets vivants creusait des galeries dans son socle, pénétrait les poches de sa veste en panne de velours, s’interstiçait en suivant les rayures de sa doublure de soie lilas, décousait l’une après l’autre les entrelacs qui en firent un homme qui marche, qui boite, qui erre sa silhouette dans ce qui ne fut jamais une rue. Entre les ossements concassés de sa ville. Tout un univers en petit tas, devant les portes, dans les entrebâillements, à cheval sur les appuis de fenêtre, dans un mouvement aussi figé qu’un cygne pris dans la glace.

Henry North se souvint de ses lettres. De sa couverture schizophrénique. Et de sa mort.