Archive for the immolation Category

536. Les Corps Électriques Clignotent Et Remontent Le Temps : Détachement 1/2

Posted in etouffement, immolation with tags , on janvier 24, 2020 by 1000morts

Son corps froid tourné dans l’angle des fœtus. Partout le visage des anges enlacés, amoindris par le manque d’oxygène.

Ce tunnel sous l’océan, braqué comme un flingue sur sa tempe.

Elle revient aux retours. Son nom sur la fissure, comme un pansement aux anéantissements.

Paupières entrouvertes sur les congélations.

Tout s’arrête.

Les visages tournés vers elle, dans l’admiration de l’abandon.

Les bras tendus vers les fixations du soleil levant. Les attaches apparentes, effets spéciaux transparents, les cordages et les poulies, la poussière blanche descendant des paradis du feu, toiles peintes, le grand passe-temps des bateleurs, tentes entrouvertes vers les gueules et les galaxies.

Le tissu du réel dessine des silhouettes amusantes, des sotties, des ombres animées d’intentions.

Le soleil descend vers la terre.

La pluie tombe sur les brasiers.

Les étoiles dévissent sur les yeux qui les fixent.

Danse du tissu sur les visages du néant. Les têtes tournées vers un point unique de concentration.

Plusieurs corps se succèdent aux coordonnées identiques.

Les corps électriques clignotent et remontent le temps.

S’effondrent au spectacle des désirs enfuis.

S’alourdissent de pensées obscures, de la boue de l’homme-sang.

Du regard.

Du détachement.

533. Sous Son Dos L’Exosquelette De La Fin Des Temps : Attachement 2/2

Posted in immolation, poison, suicide with tags , on janvier 21, 2020 by 1000morts

Son sourire du feu, Liz à l’écoute des craquements de la pluie sur les murs, les lézardes envahissant les miroirs sur les murs, et les passages interstitiels, une lumière rouge foudre, voitures sans volants déboulent dans les bifurcations, tournent à angle droit dans les avenues euclidiennes, ces rêves sans bruit, ces lames poussées sur les paumes, et ces yeux fermés quand les géants lui tournent le dos. Leurs épées flammes. Les portes gardées en vain. Personne derrière les jardins. Les jardins derrière les paupières, dans les étages vides. Quelque chose se passe au soixantième étage, cette disparaissance, la vocation de rire dans le feu, sa voix comme ligne rouge discontinue sur son bras, coulant dans un flacon de verre blanc.

Est-ce toujours ainsi ?, dit-elle dans sa voix d’os.

Ses premières couleurs fossilisées. Pendentifs tremblant dans les soupirs.

Cette ville bleue, parcourue comme un chant vaudou, de serpents dans les parages, les fenêtres sans reflets, machineries immenses derrière les maisons closes, lentement, lents escaliers, lentes montées vers les cités abandonnées, ses jambes nues la trahissent, baiser des clôtures, le son cuivré des derniers abandons, et cette flambée dans l’huile du matin.

Elle continue de marcher.

Sa peau chante.

Elle vieillit sans parole, elle hurle le rien, l’alcool comme effet testamentaire, ses mains plongées dans l’eau des incendies.

Liz tend un bras vers le Soleil Bleu de Skylight Republic. Ses biospots cyanurés séparent l’or du poison. Partout la poudre et les corps secs. Intestins dénoués sous la lumière crue.

Liz tend un bras vers la Lune Pourpre de Tikal. Ses biospots muqueux, la musique de ses trous de verre, la souple engeance des danses qui s’y donnent, cette maison décevante, à moitié en ruine, en contrebas d’une forge à l’acier froid, et ces traces partout, ces chants à l’ouverture, retranchée dans sa chambre elle écrit des lettres du suicide, traîtresse dans les évocations du matin.

Liz tend ses jambes, jointes aux encolures, vers l’émanation du Core Motel, Les six chambres encore libres, vacuité des intérieurs, où résonnent les pas de cellule en cellule. Tout dessine des caractères romains. Brillant dans l’obscurité. Malades d’une énergie radieuse. Des tatouages démolis à la racine des cheveux.

Aucune rue ici ne se souviendra de sa voix.

Semaine après semaine.

Tous ces yeux brillant de couleurs.

Sous ses pieds les étoiles.

La peau des dragons.

La langue pointue des éperons.

Sous son dos l’exosquelette de la fin des temps.

532. Lianes D’Anguilles Sous Un Ciel De Haute Tension : Attachement 1/2

Posted in immolation with tags , on janvier 20, 2020 by 1000morts

Pas creusés dans le sable. Le parfum des réservoirs dans la nuit nouvelle, ses doigts dansent des cris rauques. Ici, Liz entrevoit des lueurs de lune pleine. S’y détachent des contours de plantes grasses, au-dessus des murs des forêts de lichens, et certains insectes changent de couleurs quand elle s’approche, des bouches sur la peau, yeux aveugles sur corps articulés, un abdomen en forme de feuille, sur sa tête une couronne d’antennes, les yeux immenses de Liz captent les ondes courtes des animaux de larmes.

Elle gravit les sentiers, déguisée d’ombre, entourée de méduses, le lent courant des lamproies comme une garde.

Sous ses mains les murènes.

Son cœur bat comme un clou qu’on plante.

Ongles démesurés dans sa peau de sirène.

Outre gonflée piquetée d’orage, s’agite dans la fumée.

Dans les ruelles des villes peuplées d’esprits, laitance des jardins suspendus, des lianes d’anguilles traversant un ciel sous haute tension, et au-dessus du ciel la pénombre calcifiée, le doux vrombissement du sang qui coule, le drone des piqûres répétées, une vibration sous la langue, Liz parle le langage du bois des veines, tous ces câblages reliant les jardins, elle marche dans les voies sans issue, traverse les parois poreuses du matin, jusqu’aux statues silhouettes recouvertes de fourrures et de masques, choisir celui qui guérit, planter la griffe dans la terre, faire face au soleil levant, offrir un lambeau de peau pour faire venir celui qui vient, et brûler plantée sur les croix d’osier qui énumèrent les six cents voyelles de son nom de chair.

520. Enfants Offerts Aux Labyrinthes Sous La Colline : Échange 1/2

Posted in immolation, mutilation, sacrifice with tags , on janvier 8, 2020 by 1000morts

Ils intervertissent leurs croisements.

Changent de fuseaux horaires.

Où les autolames se rejoignent.

L’amour plongé dans son crépuscule, sous le ciel unique, les heures qui défilent, leur mélange dans l’estomac, assimilées aux coquilles frontières des limaces, sur sa peau la trace humide du désespoir et du sommeil dans le même lit, Liz sans le regard, au profond de la maison, elle baille un soupir de présence, chat qui brise, vaisselle dans les placards dérobés, dans les sous-sols blanchis à la chaux la lumière se suffit à elle-même.

Elle entend les respirations.

Échange un soupir pour un autre.

Et cet homme croisé au détour d’un couloir. Son labyrinthe sous le dôme, voyage imaginaire au soleil levant. D’ores les déserts perdus parmi les fleuves ; déjà les îles flottant sur un flot d’acier rouillé.

Des stères de doigts.

Le matin a un goût de schiste qui brûle.

Savon de graisse humaine.

Liz glisse ses doigts dans les anfractuosités.

S’enfonce dans les interstices de la colline. Transition de la pierre du noir au violet avec les heures. Elle récolte les dessins de mots. Sa robe en coupe.

Pendu au passage des voies marines.

Elle dort dans son lit de sûreté. Sous la verrière du changement.

Ses pensées font des fils d’histoires. Des chapelets de rivières. Où les serpents découpés ne peuvent se reformer un corps. Sous les étoiles qui percent les plafonds, elle avance vers le jardin. Dans les soupirs des peaux noircies par la suie calcaire. Estafilades de roses drapées d’épines. Au centre du voyage, quelqu’un doit être.

Les hommes coupent et portent des pierres à leur image.

S’en vont dans leurs demeures au bord de la ville.

Servent jusqu’à la mort, offrent leurs enfants sur l’autel de la colline, comptent les secondes. Les secondes.

513. Elle Voit Les Brasiers Du Sang Frapper Monnaie : Jugement 2/2

Posted in immolation with tags , on janvier 1, 2020 by 1000morts

Liz monte les marches. Le rideau s’écarte. Le rideau rouge. Marches de bois. Planches organiques. Les foules du vitriol. S’affolent dans les courants d’air.

Ce goût sous sa langue. Le sens du partage. Ondes électriques parcourent.

Mériter la récompense.

Mensonge. Toujours pleurer. Elle monte les marches.

Chaque bois le blanc ou le noir, damier des incohérences, elle cherche à sentir, à humer l’air dans ses poumons, le sens de ses bronches, les battements d’harmoniques, elle voit les méduses flotter dans l’air, les chants de fréquences, elle voit les visages de ses juges, dans la pénombre des tunnels et des anfractuosités.

Ces visages aux paupières lourdes.

Eux qui reflètent. Eux qui jouent aujourd’hui aux lueurs, aux lucioles, aux ardents dans les combes, dans les feux de Saint-Jean, et Liz voit les aigles s’élever dans le feu, elle voit les cœurs brûler sur la scène, elle voit les mains soudées aux accoudoirs, elle voit les baisers du sang frapper monnaie, elle voit son visage sur des disques de soleil, elle voit ses bras dessiner des ellipses de chaînes, et devant elle ces rangées de mannequins qui jugent.

Derrière elles des portes qui claquent, des garde-robes qui s’effondrent en bas de falaises, des araignées géantes qui absorbent lentement les cauchemars des enfants nus, Liz sait qu’elle a tort ; elle sait que la justice est une peau de charme laissée au vestiaire.

Liz attend que quelque chose se passe.

Les lignes qui épousent. Les contours se refermer.

Dessiner des portes et des gradins. Des instruments. Des voies de chemins de fer.

Sifflement. Liz relève la tête. Presque sourde aux commandements, elle s’enfonce dans le mensonge. Elle s’enfonce malgré tout. Elle s’enfonce.

Les mains liées dans le dos, elle baisse la tête. Devant elle les torses ploient sous les applaudissements. Elle sent la matière glisser le long de son dos.

S’amplifier dans les plis de sa robe. Mériter sa récompense.

Attendre. Attendre. Attendre la cadence des multiplications.

Tissu rouge, devant les montages et les paroles, dessin sur sa peau, reflet de ce qu’elle pense, toux racleuse dans les poumons d’égouts, trop droite pour sentir quoi que ce soit, pas de troc des chairs ici, Liz prend ce dont elle a besoin dans les bancs de viande et les mélodies répétitives du jugement dernier. Elle voit certaines lignes dévier vers les rails du commencement du jour. Et revit ses prémices comme une accusation.

Debout sur l’estrade où les lumières convergent, appuyée sur la balustrade de bois clair, sous la lumière des poursuites nocturnes, à couteaux tirés et tout sourire, ici peu importe qui a tort ou raison, qui échange et qui vend à perte, ici où le diable prend ses aises, voyage dans les marges, Liz ne fait aucun cas des lignes de chance qui s’alignent sur les paumes de ses mains.

500. Souvenir Calcifié Des Anéantissements : Sous L’Angle De La Maison-Sorcière

Posted in immolation, irradiation, meurtre, poison with tags , , , , , , , , on décembre 19, 2019 by 1000morts

L’air est flammes, ici où les géants ont copulé sur les monticules. Lames de volcans. L’aveuglante nudité. Des œufs étranges sous le nid d’étoiles. Alors il n’y avait que du sang rouge dans les tranchées. Des visages interdits tendus vers la lune. Les reflets du poison sur leurs peaux d’écailles. Quelque chose dans la rythmique de leurs cris, la pulsation de leurs griffes, le chant de grillon parmi leurs étincelles internes. Tout près d’ici, le grésillement d’une chair en feu dans une carcasse de voiture. Les abords des ruisseaux nucléaires.

Chute de mondes.

Ici où les racines plongent, où les astres portent un nom, numérotés d’usage, endogames en leurs cryptographies du diable. Coupés des artères, dans l’arrière-boutique du corps, ces silhouettes cyclopéennes s’ébrouent en contrebas de la maison.

D’ores les coquillages s’amoncellent. Pétrole incandescent. Lui qui explose au bain amer. La colline comme un poing serré. Un œil ouvert sur la boîte. Ces fruits aux autres couleurs. Ici où les nouvelles créatures se serrent les unes contre les autres, pour s’échauffer. Sous les pluies acides. Les lignes de basse, réunies en un nuage, rubans de voix, visages qui hantent derrière le verre dépoli. Les enfants s’éveillent au bruit qui claque. Jouent à cache-cache avec le temps.

Et déjà les ossements s’entassent, allongés sur les civilisations pétrifiées, œil ouvert œil fermé, nettoyés à l’alcool. Strates après strates. La fortune des envieux.

Affamés, les seigneurs de la faim négocient leur passage dans un autre monde. Ici où les fenêtres oculaires grésillent au tison de l’appétit. Leurs doubles rangées de crocs saignent au délire de la peau. Caressent les contours d’une ombre. Et entendent les cycles de l’écho.

Ces animaux creusent les fondations, rabattent les monceaux de laitance, encerclent la suie dans les collines creuses, appréhendent les retours maudits, touchent du doigt le chambranle des portes définitivement closes.

Néons de couleur aux bordures.

Mâles déguisés en femelles près de la chandelle allumée.

Ici où tout est flammes.

On pose les bases d’un mensonge de stèle.

Papillons d’yeux sur les paumes de leurs mains.

Vapeur poreuse découpée en bloc.

D’un côté, les pierres s’élèvent ; de l’autre, la paroi s’éventre. Bientôt gagnée par l’herbe et l’ordure, les salamandres de l’autel, les sentiers qui perdent la vue. Falaises déchiquetées longent la voie ferrée. Ici où l’on dresse des fours comme totems des aliénistes.

Ici où mourir signifie retrouver la chaleur.

Par-dessus la colline noire, mil neuf cent vingt-sept, les pierres s’ajustent, les chairs brûlent, plan de travail, factures non payées, et ces hommes qui poussent, tirent et élèvent, barbouillés d’une suée blanche, pour le prix d’un exilé, un qui se multiplie comme un miracle. Eux triturent les viscères. Leurs corps dans la pierre. Leurs corps dans la pierre.

D’une façon ou d’une autre il y a eu pacte.

Portrait d’un crime, recouvert de ciment ; pas de reflet, jamais, de la maison dans le petit étang qui la polit comme un miroir. Rien ici ne se vit.

Buissons de noisetiers. Fosse septique où les enfants se perdent.

Trois générations pour jouer à la roulette russe. Point de guet pour l’entre-deux. Zones d’apitoiement des vents contraires. Quelque chose dans le ciel qui se déchire. Tenir tout au bout des doigts, le serpent luminescent, les regards en plongée, les iris découpés, l’avenue cachée sous les serres chaudes. Le goût du soufre ouvre des portes. Là, tout près de la caverne à la vierge. Planquée comme une chienne le long des marches. Tout ici a toujours été ici.

Et très vite les chambres à part. La séparation des dynasties qui se lèvent. Vue sur les najas. Vue sur la clôture épidermique. D’un étage l’autre, brume napalm du silence.

Ici où l’on bâtit une chapelle, ils atermoient sur leur âme lorsqu’il s’agit de se planter un couteau dans le cœur. Ils ont fait ces caves, ces tunnels aux murs de terre sèche, ces bifurcations, ces étouffements. Ils ont fait ces carreaux bleu et blanc, ces portes-fenêtres et ces pièces du sommeil, ces montées d’escalier de la morsure, ces paliers d’où l’on se jette, ces chambres de scission, et ces dernières marches vers le sommet. Balcon de verre sur la nuit, paratonnerre pour garde-fou, les larmes conductrices d’étincelles.

L’odeur du créosote et du cyanure. L’or blanc des maisons de passe. Toutes pareilles. Buissons desséchés, les hurlements des créatures, deux-façades de la misère, des histoires plein les commissariats, murmures aux veines blanches, ils ont monté des grilles et bâti des dépendances, hululement de l’alcool, fosse commune, l’odeur des bêtes et de la merde, quelqu’un à la fenêtre, dans la strangulation de son monde, un rideau de mains, briser le plomb d’une glace sans tain, et cet animal sans reflet, ses yeux d’images glacés de mauvaise nourriture, un chemin qui monte vers les nouvelles dépendances, et par-delà les grilles l’autre route, entre le grumeau d’une peau rouge et l’alignement pervers des excroissances, le tuyau d’eau glacée, les discussions à rebours, ne pas voir la folie, ne pas sentir l’odeur du cadavre, lui préférer le masque des iris coupés et le rictus des acouphènes.

Ici où l’on bâtit des lignes à haute tension, où les serpents emportent de pleines phalanges, où les murs de mues découpent les poèmes noirs en échardes.

La schizophrénie comme pratique moderne de l’échangisme individuel. Une chambre pour une autre ; passage des fluides corporels d’un étage à l’autre ; transfert des musiques du chambranle ; salles-mausolées aux sarcophages anéantis. Toutes les facettes d’un même diamant faux.

Alignement de pierres dressées ; livres debout dans les bibliothèques de la nuit toujours, face aux cités découpées de persiennes, les statuettes en morceaux, rocking-chair des femmes absentes, et toujours ce parfum, la fleur des respirations nocturnes. Dormir sans paupières. Branlettes sous les tapis de toilette. Spectacles permanents par-dessus les lavabos. Les cuisines mutent en salles de bains. Chambres d’amis où perdure la maladie. Mémoire d’artériosclérose latérale. Mémoire de chapelet. Mémoire du refus et du bannissement.

Faire attention aux pas, aux grincements. Ici où les bêtes viennent boire. Les monticules se font prison. En leur creux coulent les fluides de la viande.

Premières marches vers la porte définitive, l’antichambre des renoncements, goût de métal sous la langue.

Sous la lumière oblique des chambres qui n’existent pas. Boire l’oubli. L’angle précis sous lequel apparaissent les filaments d’aigue-marines. Exaltés par l’accroissement des montagnes oculaires. Comment cerner une maison qui s’échappe de partout ?

Fenêtres de bois vernis. Leurs mécanismes escamotés. Basés sur la domination. Visions du château-fort. Visions des distances. Accumuler les expériences. La sueur et le sang. Petite boîte encastrée à gauche de la grille. Des fleurs à séquestrer. Dormir dans la paille plutôt que rentrer chez soi. Subir les questionnements. Raconter les vies.

Sentir les tuiles sous la main. Des propositions d’effondrements. Être un nuage accroché aux anfractuosités. Et sa robe tachetée de trous noirs, devenir ce qu’on n’a jamais voulu qu’on soit. Deux impasses sur trois. Une chance sur neuf de trouver le sourire.

Elle partout dans les murs, sa disparition dans le monte-charge sur quatre étages, toutes ces morts évitées de justesse, tomber dans l’oublie, faire lire les lignes de la paume, les lambeaux à déchirer, quelque chose du sang qui perle, impossible tu comprends ? impossible mais tu sais ce qui se joue ici, ce qui doit se dire, ces jeux de hasard où l’on fait gagner l’autre, la perte du souvenir comme effacement de la pensée, musique atroce, identification des généalogies, elle donne naissance à son père, ici c’est elle.

Conte de fées de la pauvreté. La maison se bâtit d’elle-même, elle enfante ses coupe-gorges, tout le prix qu’elle y met concourt aux descendances ensanglantées. Elle enfant voit les pierres s’élever d’elles-mêmes, magie des transparences, des maisons identiques, des nourritures pour les porcs. Elle soulève la fonte et succombe aux atours de la dame en noir.

Aux appendices mutilés.

Courir les bras contre soi, contre la montre, vers la gauche contourner l’arbre et retour, s’arrêter avant les territoires interdits, les kiosques de caresses, les attouchements, les prairies gonflées d’étrons, les animaux pleins, les frontières de tous les territoires. Ricocher vers la maison et, devant son visage inverse, voir le fer planté dans la chair. Et les larmes métallurgiques étouffer les cris et les reconnaissances.

Ici où le verre égrène ses visages, constater la couleur, l’absence de lumière, la rambarde qui plante ses échardes sous les ongles, le puits peu profond, fenêtre vers un ciel de nuit, oubliette vers l’infini, quelqu’un s’appuie sur le bois, l’homme aux images, qui se noie dans un fleuve serpent, ici où les tatouages remontent le fil du temps, où les ongles grattent la fine couche d’étain, où les limites sont atteintes, il faut se réchauffer en brûlant les amoncellements.

Au ciel où butent les descendances, il s’offre. Sa tête dans la main. Oiseaux en cage. L’odeur des chiens. Retrouver la vie du ventre.

Elle pleut en nuit sur la verrière. Longue chevelure lactée par deux chiens couchés. Ici dessine les carreaux séparés du plomb des crucifixions. Ici la dame aux poisons ouvre ses chas et déverse les cascades sur les planchers disjoints.

Au plafond du premier, corridor murmurant des daguerréotypes, on épelle le nom et tout doit s’ouvrir, mais c’est la chair qui s’ouvre, c’est la chair qui s’ouvre, la chair sèche des tunnels du remembrement.

Ses mains plaquées contre le verre, marionnettes des territoires, l’épidémie des reconfigurations du souvenir. Ici où les spectres absorbent les débris de plusieurs vies. On n’a pas le droit de dévier de la ligne droite ; vers la chambre ou l’escalier, plongeon dans les puits de verre, les collines verticales, jusqu’au four à chaux, ici où les corps s’espacent dans un nuage de fumée. Cœur magique de vapeur d’eau. Soupirs d’osselets.

Et dans la chambre où la maison se trouve, quelque chose se cache derrière la façade. La prestidigitation de Liz. S’identifier aux bois du lit, de la table, de la coiffeuse, de la garde-robe. Trahir la transmission. Ne retenir que la nuit cloutée, la chambre télévisée, la salle-à-manger des générations successives, tout trahir, tout absorber, elle une amibe à taille humaine, réorganise son champ d’opération en énumérant les bordels militaires de campagne.

À la croisée des chemins, Liz prend des bains de jeunes vierges et refuse les dénégations.

Soupçons déversés par les douves.

Disparition de l’inconvenance. Ne pas pouvoir pardonner.

Ici où le gibet se dresse, il a la semblance d’une maison.

Son ombre jusqu’à l’école primaire. Pseudonyme des revendications. Savoir qu’on porte le nom du verre brisé. Des fantômes coulés dans les hauts-fourneaux. Ici où la chaleur à chaux. Ici où les corps renforcent les parois. Souvenir calcifié des anéantissements.

Souvenir calcifié des anéantissements.

467. L’Air Brûle Au Souffle Du Néant : Extrême-Nord (7/4)

Posted in immolation, mort-vivant with tags on novembre 16, 2019 by 1000morts

Il en parcourt les rues comme un rêve.

Une cécité progressive. Celle qui pousse à écarquiller les yeux contre les fenêtres familières, pour ne voir que des cadavres vivants, des onomatopées, des symphonies de corps qui bougent, dansent dans les rayons de poussière, et son obstination à tout montrer, son obsession du dedans. Les donuts recouverts de cafards ; les chambres aux salles de bain communes. Sa petite musique de l’attente et du recouvrement. Elle le fixe, dans les couloirs d’hôpital, rames de métro murmurantes, vers les plages d’infection, rouge fourmi, entraîné vers le fond des entonnoirs, une langue qu’il ne parle pas, un pays trop lointain, un pays bleu comme il n’en existe pas.

Il en voit les rues comme des alignements de droites.

L’air ne circule pas.

L’air brûle aux incendies.

La marque à huit pointes. Dessin sur sa peau quand il passe le point de contrôle ; la vie en suspens quelques secondes ; sa vie secondaire, orphelin des joueurs, errent dans les rues de Tikal comme monnaies du commerce.

Et les sorcières commandent aux armées.

Volant au ciel bleu sur leurs tiges de pistils.

Leurs fauves féroces commandant aux nuées.

À l’assaut des espaces confinés.

Henry North, ici comme ailleurs. Seul dans les foules du soir écrasées de soleil, partage ses secrets dans le souffle du néant.