Archive for the Uncategorized Category

[De Retour Aux Affaires]

Posted in Uncategorized on septembre 27, 2010 by 1000morts

Après plusieurs mois d’interruption pour raisons personnelles (les meilleures du monde), je réactive 1000 morts. Pas facile de ressusciter un cadavre certes exquis mais diantrement complexe comme celui-ci. Nous verrons…

Par ailleurs, je réalise que le rythme « un post par jour » m’est pour le moment intenable. Je mettrai donc en ligne – je l’espère – plusieurs posts par semaine. Histoire de voir, aussi, quel impact une baisse de régime peut avoir sur le récit…

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378. Enumération Des Symptômes De La Peste

Posted in maladie, Uncategorized with tags on mars 3, 2010 by 1000morts

Dans le vide aspirant de l’âme qui implose, Wier pense. Les soutanes défilent par vagues, dévoilent leurs ustensiles, les outils du remembrement, les cellules s’organisent en lettres. « Déjà tombés aux vers », articule-t-il dans un piaillement de sexe infantile. Wier sent les odeurs du marais, ses ouailles des roseaux de fonte, qui coulent. Effondrent leurs dynasties du poisons. Amassent leurs particules de feu. Et dans la pénombre, c’est la pseudomonarchie de Wier qui énumère ses symptômes de la peste.

377. Dans La Doublure De L’Autre Chrome

Posted in demence, Uncategorized with tags on mars 2, 2010 by 1000morts

Le cœur réduit en cendres, en ce jour de colère, Chrome fait face aux orifices.
Les dépendances regorgent de créatures. S’ouvrent aux premiers venus, les fantômes des flammes passées, dans leurs fourreaux en lamé et les touches pianotantes, des enfants aux yeux fixes, figés dans leurs cygnes, glacés jusqu’aux moelles osseuses, énumèrent des comptines cachés derrière les buissons labyrinthiques. Les princesses du dedans.
Chrome n’est pas encore là, qui attend devant la porte qu’un hypothétique majordome réponde à son butoir. Son échine déjà se hérisse.
Son costume a disparu.
Il ne lui reste que sa peau et l’ombre de la façade.
Et l’arme planquée dans la doublure de son autre personnalité.

376. North Afocal Part Dans Toutes Les Directions

Posted in suicide, Uncategorized with tags on mars 1, 2010 by 1000morts

« On n’a plus le temps de s’effondrer. » Au bar, cette voix sort de nulle part. North a le regard vitreux. Sa rétine n’imprime plus rien. Quelque part en lui, le communisme auriculaire se répand malgré tout, malgré sa soûlographie, en dépit des blocages, des parois internes de son système lymphatique. Une colonie de fourmi passe le long d’une flaque sur le comptoir. Fait un détour, s’en imprègne, repart en zig-zag, shootée aux globules, défoncée aux vomis de stupéfiants. Un nanomorceau d’humanité, reproduit à l’infini, comme dans un palais des glaces.

North émerge mais en miettes. « Humant l’air elle s’élève dans le froid et l’azur des cieux morts. » North à la gueule de bois déteste les puzzles et tout ce qui réactive ses fonctions psychiques engourdies.

« Courir à la chute dans les bouis-bouis de l’armée où l’on trait le lait aigre à l’aune des sergents en bas nylon. » Trop complexe, North veut se tirer une balle.

Ses oeillades afocales se stabilisent. La forme accoudée à ses côtés lui paraît d’abord être lui.

375. SteelSun > Golgotha > Satyres De La Colère-Serpent

Posted in torture, Uncategorized with tags on février 28, 2010 by 1000morts

Il fait le signe de la bête et toute la bande est sur lui, barres à mine et crans d’arrêt, satyres de la colère-serpent, six cents tessons de bouteille dans la gueule recousent un nouveau plan du métro dans ses maxillaires, soixante coups de genou dans les boules l’estomac et sur l’arête du nez, six décharges électriques le font bander dur comme fer, poche de sang sur le trottoir, dégoulinant contre la façade de l’immeuble où les gens sont sortis sur leurs balcons, où les figurines du carillon viennent mater le mecton se faire défoncer la tronche et le reste par des enfants du pays. Repus de leur téléviolence à ciel ouvert, ils retrouvent leurs intérieurs et l’organique ascendance des néons : SteelSun a souffert mille morts pour eux et leur rédemption du Golgotha.

374. Rouge Sur Chrome, Le Soleil Des Désossés

Posted in disparition, Uncategorized with tags on février 27, 2010 by 1000morts

Sa silhouette parsemée de hérissures comme des clous. Vengeance du contre-champ, douce douleur petit à petit qui atteint les rétines.

Rouge sur Chrome, le soleil des désossés.

Il avance parmi les ronces, s’empiffre de lumière, laisse la lenteur mordre ses bras qui glissent parmi les ronces. « En ces nouveaux territoires je ne suis personne ; en ces nouvelles contrées je ne suis rien. » Les caches d’armes sur l’île Art déco, contrebande des goules, Chrome en manière de coup de soleil, de brûlure d’estomac, ouvre enfin les yeux.

Les vibrations des couleurs, la danse de chaleur qui parcourt les distance, au visage de l’éternel couchant.

L’océan derrière lui, qu’il sent sans se retourner ; devant, la jetée, le ponton, des barques plates, un bâtiment de bois brut en longueur, ensuite un chemin qui se perd en disparaissant derrière une avancée rocheuse, puis la falaise, droite comme un précipice supérieur.

Chrome prend conscience de son mouvement juste avant de s’ébranler. Il hésite à explorer le bâtiment de plain pied, il en subodore les cadavres, les crânes géants qui explosent en aboyant, les fusils planqués cependant, des fusibles d’énergie, assurances sur la mort, des rats infectés, l’expression du contrôle, musiques et cynclintros du blafard, la vermine grouillant dans la paille et les caisses de bois. Il entrevoit les pieds de biche, la gnôle et les antiquités égyptiennes, la volonté du triomphe, occultisme au rabais, spirites en solde.

Chrome prend ses jambes à son cou et s’effondre en un spasme.

373. Passager (10/10)

Posted in immolation, possession, Uncategorized with tags on février 26, 2010 by 1000morts

Le soleil au zénith trouve le Passeur sous un orme, un arbre étrange qui ne pousse plus ici. Un pot de terre cuite est posé à ses côtés, il est assis à l’ombre, appliquant l’onguent sur ses cicatrices. Des lignes rouges sur ses bras et ses jambes, et labourant son torse nu dans la lumière vibrante. Ses cheveux noircissent légèrement sous le poids de l’ombre bleutée.

Encore une chaleur à vitrifier l’asphalte.

Un peu plus loin, les vagues accordent aux engoulevents un autre jour de répit. Une tache rousse s’approche de l’arbre, trottine au milieu des herbes rares, dodeline de la tête, avise une poussée de fraîcheur sous une branche avancée, pas trop proche du Passeur, et s’assied. La chose arrondie se lèche tranquillement les pattes.