Archive pour skylight republic

099. Par-Delà Le Trou De Ver

Posted in devoration with tags , , on juin 7, 2009 by 1000morts

«Arrivée à l’une des Portes de Skylight. Le mec en costume noir, chemise blanche, cravate noire à discrets motifs argentés, boutons de manchette en onyx et lunettes de soleil à monture d’écaille, souliers un peu fatigués mais de bonne conception, chaussettes en fil d’Ecosse sombres, mains manucurées, coupe de cheveux impeccable, Ce mec cherche un Passeur Occulte, Bref il me tombe dessus, forcément, Je lui fais comprendre que Rien ne se perd et que donc Rien n’est gratuit Et il me refourgue son Pass, Vous imaginez pas ce que ça peut valoir sur SZ² ces trucs-là, Bref on conclut l’affaire et je commence ma technique perso, C’est un peu douloureux c’est vrai mais c’est la méthode la plus sûre de ce côté du Trou De Ver.»

Suit une description vraiment écœurante de la manière dont Chrome a été dévoré sur Skylight pour être vomi sur Tikal.

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098. Vision De Chrome Lorsqu’Il Se Transforme En Photon

Posted in metamorphose with tags on juin 6, 2009 by 1000morts

La lumière bleue de Skylight Republic : c’est elle, tout simplement elle qui a fait naître une nouvelle cosmogonie. La pleine splendeur des gonades célestes, leur musique, et la disparition du temps au profit des plans d’espace. Où les soupirs des autoroutes découpées en lames de songes a pris le pas sur les cercles successifs ; les aiguilles de vie déchues, la place était libre pour une vision du monde en deux dimensions, en définitive.

055. L’Heur Du Double Soleil

Posted in devoration with tags , on avril 24, 2009 by 1000morts

Chrome dans la lumière de Skylight, du bonheur mercurial bu par ses pores, sourire de Chrome étiré vers le double soleil couleur de ciel, quand le ciel d’or extermine les ombres et l’essence des recoins.

024. Où L’On Voit Chrome Changer D’Arme Au Mépris De Sa Vie

Posted in operation chirurgicale with tags , , , , on mars 24, 2009 by 1000morts

– Insérez vos données personnelles…

– [Chrome, agent WIH, matricule FXHD-16674]

– Insérez votre demande…

– [Elssler, Messaline, lieu de résidence actuel]

– Accès refusé.

(Comment ça, « accès refusé » ? C’est la première fois que… Son dossier n’est tout de même pas…)

– [Elssler, Messaline, statut]

– Confidentiel.

(Merde. Ils ont classé son dossier ? Ils ne sont même pas censés connaître son existence. A moins qu’on ne les ait tuyautés.)

(Je connais deux ou trois gars au parfum, qui auraient pu monnayer ce genre d’information. Même aux WIH.)

– Nouvelle assignation : Rossetti, Nile ; lieu de résidence : Core Motel, plan Tikal.

(Merde de chiotte, une mission à perpète, c’était pas le moment bordel. Pas que ça à foutre. C’est qui le gars, d’ailleurs ? Jamais entendu parler.)

– [Objet de l’assignation ; profil du sujet]

– Chasse & capture, vif, interrogatoire préliminaire sur place & escorte jusqu’au Cube Central pour interrogatoire profond ; artiste revendiqué (cinématographe), assassin de six cents personnes lors de la première de son premier long métrage, recherché pour meurtre de masse avec préméditation, association de malfaiteurs, faux et usage de faux, trafic d’organes, milice illégale, contrefaçon d’œuvres d’art, proxénétisme.

(Un charmant bambin : tout ça à moins de 33 ans, une partie de plaisir.)

(Ceci dit, quelqu’un sur Tikal peut me rancarder sur Messie – d’une pierre deux coups.)

– [Chrome, agent WIH, matricule FXHD-16674 ; mission acceptée]

– Bien sûr ; passage à l’armurerie obligatoire ; bon voyage.

Chrome quitte la chaise, déconnecte ses liaisons neuronales, ces fins fils de fibre optique tressée, invisibles à l’œil mais innombrables dans la fumée de certains cigares bleus de Sinhef Zone1, se passe la main dans les cheveux, repasse la porte qui se reclôt derrière lui dans un crissement de lame qui s’aiguise, reprend des couloirs de pénombre, l’enfilement des corridors murmurants, la grande menterie des plans préconçus. Chrome dévisse dans les étages intérieurs, dans l’entonnoir vert émeraude, suit les lumières, les sigles, les logos. Chrome aboutit au bout de la pelote filaire, devant les grilles de l’armurerie.

La jaquette noire lustrée, peau d’orque ointe et brossée avec amour, l’Armurier tend la main dès lors que Chrome est entré. Celui-ci sort son tube d’acier de son étui sous le bras, le dépose dans la serre tendue, s’assied dans le fauteuil de dentiste, noir et mélange cuir/latex. L’Armurier soupèse l’âme du chaland, sourit en manière de liane de crocs et empoche à son tour l’antiquité. « On va vous proposer mieux que ça, mon trésor », dit-il dans un couinement métallique. « Reposez le bras ici, je vous pris – désignant un accoudoir muni de lanières – et, surtout, détendez-vous. Cela pourrait faire moins mal ainsi. »

Chrome transpire un aura de peur mais pose le bras au lieu idoine. Les liens se referment d’eux-mêmes et claquent le long de la veine, d’autres invus s’enroulent autour de son torse et de ses cuisses, des seringues déboulent des doublures du rembourrage et injectent un maximum de scopolamine néo-synthétisée dans son système nerveux et ventriculaire, tandis qu’un fil de nano-diamant s’enfonce dans la veine de son bras droit, remonte les transports artériels et jusqu’au cœur où il sectionne les liaisons entre l’Est et l’Ouest, le Nord, le Sud et l’Extrême-Centre pour les remplacer par lui-même.

L’Armurier s’approche, sourit à nouveau mais au rictus de Chrome cette fois, coupe le fil du bout des doigts et fait un joli nœud.

« Pas d’inquiétude, mon précieux, tout ce qui dépasse se désagrège en quelques minutes à l’air libre. »

022. L’Œil Est Dans La Tombe

Posted in mutilation with tags , , on mars 22, 2009 by 1000morts

Il entre dans le Cube Central. La porte coulisse, sas, changement de peau. Chrome enfile la combinaison noire, les lunettes fumées, et pénètre plus avant dans l’ »oracle.

Les couloirs sentent mauvais, du soufre, des remugles peu appétissants, la couleur d’un jaune pisseux domine derrière les lunettes, il a un goût de métal dans la bouche, grand angle : les couloirs se superposent, un mouvement engendre l’autre, visions qui se poursuivent, des lignes blanches, des lignes noires, l’expérience de l’eau hors du temps. Chrome avance bifurque, reconnaît des passages, des croisements, emprunte des raccourcis, des coupe-gorge, une porte qui se trouvait à droite s’ouvre désormais à gauche, un plafond se mute en plancher, Chrome avance-t-il ? Il lui semble bien.

Escamoté dans la moiteur d’une doublure châtain, Chrome s’étire dans le labyrinthe. S’ébroue la silhouette dans des enchâssements de portes et de tubulures douloureuses. Chrome parvient au bout du chemin, devant la grande palissade munie d’un écran fêlé et d’un orifice en son centre. A côté, par terre, une bassine qui sent le pus et la salicorne. Il avance la main, farfouille un moment et, trouvant le meilleur morceau pour lui-même, remonte la main et lâche, dans le trou en forme de cône, un œil dégoulinant de conservateur. Des cristaux de collagène sont encore accrochés au nerf optique qui glisse un moment sur la paroi interne du cône avant de disparaître, laissant derrière une légère traînée de bave sanguine.

La paroi s’estompe. Chrome avance vers une lueur ténue au fond de ce qui paraître être une pièce aux proportions gigantesques. Dans la lumière : une chaise, devant un autre écran. Un clavier intégré sous l’écran. Chrome s’installe, tape quelques mots pour voir. L’écran s’illumine, les couleurs clignotent sans ordre apparent.

Chrome est prêt à recevoir ses ordres.

013. Où L’On Apprend Comment Chrome Passe Les Portes De L’Oracle

Posted in balle with tags , , on mars 13, 2009 by 1000morts

Pendant que Messaline gagne sa croûte sur Khalaï, Chrome arrive devant la porte de l’Oracle de Skylight Republic. La foule se masse en cercle sur la grand-place vertigineuse. «La distance est presque parcourue.» Chrome a la dalle, il s’arrête devant un étal : viande avariée, organes non identifiés ; il passe son tour, sort de la file, s’éclipse, guette, écoute son radar interne, épie, envisage, évalue, cherche l’élu du jour, il doit prendre sa place, il doit entrer dans l’Oracle, c’est aussi vrai que la 13e heure de la nuit représente un certain pouce carré du plafond de la cathédrale de Tikal, un espace plane battu par les vents permanents du plan Tikal.

Son jour de chance : le gars à côté de lui, un marchand obèse de Sinhef Zone1, a d’un coup les yeux qui virent du noir au bleu glacier – il est appelé, ses poumons se gorgent pour exprimer son cri – quand Chrome lui enfonce son tube.acier dans le ventre et fait feu, blam-blam piqûre du sang dans la bouche, le serpent mort remonte par la moelle épinière jusqu’au cerveau, éteint la lumière, Chrome désape le gros de son épiderme en une nanoseconde enfile sa combi de polyvendeur s’injecte un poison dans les pupilles jette les dés dans sa paupière interne et marche lentement vers la porte du Cube Central, qui s’entrouvre à mesure qu’il s’en approche.

«La distance est parcourue», rumeur qui vibre dans les rangées des indécis et des abrutis qui n’aiment pas les surprises. «L’élu est élu», vague de postillons et de cartilage palpitant, de questions sans réponses et de néant verbeux. «Le temps n’est à nouveau plus, tout se touche et modifie par la distance qui sécante», sur Skylight effectivement, la durée se calcule désormais en kilomètres-Ford, tout se formule en ce-qui-n-est-pas-ici-est-du-passé. Tout fonctionne par marées de 0 et de 1, deux lunes qui se mangent à rebours.

Fantôme parmi les ombres, Chrome a transpercé les portes de l’Oracle Oculaire.

010. Skylight Repliquant – Létales Contre-Allées

Posted in devoration with tags , , on mars 10, 2009 by 1000morts

Chrome émerge dans la nuit bleue de Skylight Republic…

Il longe les cataractes de briques. Les rues sont étroites, sur Skylight. Si étroites qu’elles ressemblent toutes à des impasses. Mais si longues et hautes que les murs se rejoignent devant, derrière, au-dessus. Et la torsion imprimée par ses yeux au sol de briques creuse la sensation d’un vide sous une pellicule de sable mouvant.

Tout est bleu, de ses iris au brouillard qui masque par interzones les contours des tournants. Skylight c’est ça : l’usine-monde de l’azur. Le lapis-lazuli fœtal, lapis-femelle enchâssée dans son quotient émotionnel, lazuli-mâle concave en sa noirceur, le cocktail de l’Océan-Nuit qui, drainé dans son centre, sépare le peuple élu de l’ivraie.

Pas de sortie, juste ce long tunnel à ciel ouvert – Chrome commence à marquer des traces sur les murs, au sol, tourne, retourne, les dessins s’échappent, s’entortillent entre eux – on voit les endroits où la rue s’est repliée sur elle-même, dénouée, étirée – Chrome transpire – chavire – craque une allumette sur une paroi, ne voit rien que le bleu qui efface les détails, le grain et la silhouette, l’allumette s’échappe, Chrome trébuche et disparaît, escamoté par un pavé, dévoré par la Rue – derrière lui, le mur saigne légèrement à l’endroit du soufre.

Chrome émerge dans le matin bleu de Skylight Republic.

La pluie rouge tombe, ou plutôt repart du sol pour tomber dans le ciel ; elle colore sa vision d’un violet quasi insoutenable. Des lignes d’un noir infiniment fin dessinent les immeubles, ceux-ci presque translucides, de grosses baleines où l’on entreverrait, de l’extérieur, Jonas pique-niquer entre les côtes du cétacé. Des constructions génériques s’empilent côte à côte, dégagent des orifices, effilent des artères, la distance et l’éloignement les relient plus sûrement qu’un peau-à-peau.

Chrome dégage vers la grand-place et débouche d’un coup dans un gouffre sous le soleil. Un espace affolant, des angles jamais droits, une sorte de léviathan en creux face à lui, tout cet oxygène suffocant. «Ils dévissent dans l’abîme», se souvient-il. Une réplique en apnée face au géant d’outre-temps : Chrome rajuste son nœud de cravate et descend, guindé aux entournures mais les mains sèches, les marches en myriades vers le Cube Central.

Pendant ce temps, une ombre qui épouse sa forme achève de se dissoudre dans les létales contre-allées de Skylight Republic.