Archive pour vitriol

025. Vitriol, Goutte N° 3 : Deszó Blasko

Posted in accident with tags , on mars 25, 2009 by 1000morts

Le cadet Blasko, le ventre implosé sous la poussée du plomb fondu, bascule sur son benjamin qui a toujours eu une cheville plus faible, et c’est la misère du cartilage, une alimentation déficiente, l’effrayante nuit perpétuelle de la crainte, l’appréhension, la toile de l’araignée plus que l’araignée elle-même, la certitude du monstre davantage que sa vision, le sang qui ronge, Deszó soupire son râle final avec un pied qui part dans un sens et le reste de lui dans l’autre, en accent circonflexe, la main lâche l’Uzi qui défèque son foutre et la chiendent de fer en plein dans la tronche de son maître.

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011. Vitriol, L’Origine : Des Trous Dans La Gélatine

Posted in balle, meurtre with tags , , , on mars 11, 2009 by 1000morts

Ça l’amusait peut-être pas d’être là à se faire défoncer par un pitbull enragé, mais le fait y était : le petit con n’en menait pas large. Plutôt mince, en fait : ce n’étaient pas ses pilons de bras qui lui donneraient l’avantage sur une paire de rangées crochetées d’enfer. Et la gloire était au bout du fil : pas moyen de se détacher des barbelés hurlants.

Putain de merde de chiotte de putain de merde

– Crache le morceau, sale merdeux, ou je vais faire pisser ton cadavre d’ici trois minutes.

Elle va me bouffer la jambe, cette saloperie de molosse

– Allez, va-y. Qu’on en finisse.

– J’sais rien, putain dieu, j’vous jure, enlevez c’chien d’là, j’pisse le sang, merde !

Le gros molosse à moelle avait tiré un tube en acier de derrière sa chemise trempée, et le pointait droit au visage par terre.

– No problemo, négro. Je t’éclate si tu me dis pas ce que je veux savoir. Maintenant. Ici. Toute la philosophie latine, mon poussin : y a plus que ça pour te sauver la peau.

Un fil invisible étire sa commissure de lèvre gauche. Ça vous tire une bajoue comme un sac de patates trop cuites.

– Et ne t’avise pas de faire une tache sur mon futal.

Ce que Nile laissait derrière lui, en repartant rondement derrière le Baskerville, n’était plus tellement différent d’un gros tas de gelée rose. La couleur mise à part. ça tenait plutôt du blanc, avec de jolies rayures rouges. Le plus étonnant était son extension.

Peut-être qu’il allait se prendre une Brahma, une Brésilienne comme son nom ne l’indiquait pas. Ou une Skol. Ou une Antarctica. Une Caracu ? Une Linha Completa ! Bohemia… Quelques Internacionais bien fraîches.

– Quel sale petit négro. On lui a bien fait sa fête, pas vrai Chéri ?

Un grognement quadripède larsène dans un coin, cible mouvante, farfouille, trouve, déchiquette, mutile.

– T’as vu ses bras ? T’as vu ses sales putains de bras, mon poussin ?

Halètement. Un rat finit sa course dans un estomac et un claquement de mâchoire.

– Il bougeait comme un crabe, le négro.

Chéri revient dans la ligne de mire, sur le trottoir alternatif.

– Quand je vais raconter ça aux autres…

Mordillements de queue. L’élégance consommée d’un onanisme au ras du sol, le cul dans l’humide.

– Le négro avec ses deux bordels de bras gauches !

Il pensait ça, avant qu’une détonation ne sorte de la tête de Chéri, parti crottinant cinq à six mètres devant. Si les chiens exigent une surface verticale pour pisser à son pied, ils peuvent chier à peu près n’importe où.

– Tu sais ce qu’on dit ?

Quel sale petit fils de pute a…

– Si ça a quatre pieds et que c’est pas une table, ça se mange.

Cette voix, sainte Pétasse… c’est pas possible.

– Tu veux savoir quel goût tu as ?

– Wier ?

La sueur l’empêchait presque de parler, maintenant que la seule saveur qu’il aurait dans la bouche serait celle de son propre sang. Il restait quelques traces du Cerbère qui achevait leur lutte avec les pans de sa chemise. On n’imagine pas la distance que peut parcourir la vie quand elle se transforme.

– Ils t’ont laissé sortir, ces enculés ?

– Curieux, que tu parles d’enculé en me voyant, Nile. Très curieux, même. Tu sais ce qui me brancherait, là tout de suite ? Tu aimes l’aluminium ?

Wier, cent quinze ans de vie commune avec une blatte grosse comme le poing à la place du lobe pariétal. Et quelque chose de Vincent Price dans le regard. Une larme d’un Blaskó carcharhiniforme dans le crâne. Costume velours noir, brillant à la lueur de la pluie fine qui démarre souvent à cette heure de la nuit. Derrière, une voiture passe. En ces lieux où nulle voiture ne passe. Et sa silhouette coupait la lumière en deux, entre lampadaire avorté pendant à une façade, et l’éclairage interne d’un véhicule non identifié, garé non loin à moitié sur le trottoir, dont sort une brochette de répliquants claniques.

C’est fou comme ce peut être rapide : sortir les flingues, tirer dans le tas. Sauf que Deszó premier du nom fut le seul à sortir son aciérie de plombier-zingueur. Le liquide qui toucha son visage laissa de petits trous dans la gélatine. Et à chaque goutte de vitriol répondit un éclair qui dépucela la nuit.

009. Vitriol, Goutte N° 2 : Le Vampire Cortex

Posted in meurtre, Uncategorized with tags , , on mars 9, 2009 by 1000morts

Qu’avait été la vie de Bela Deszó ? Le gang Deszó, oui, mais au-delà ? Un alignement d’armoires à glace, costumes cravates noirs et chemises blanches, chaussures cirées, lunettes noires, toutes la même tronche de travers, cette incapacité crasse à manger de la viande et ce réflexe pavlovien de buter à la moindre proposition charnelle, les Deszó, larme dans l’œil de la Patrie, clou de son Cercueil, la plus stupide rangée d’abrutis que la mafia valaque ait jamais portée, la seconde goutte de liquide brillant est pour lui.

Bela Deszó, peut-être le plus abyssalement crétin de la fratrie, une montagne de boue merdeuse sanieuse, la belle et franche vanité du mendiant mental, Bela Deszó reçoit la seconde giclée de vitriol dans l’œil gauche, ça lui fait un brouillard visuel en même qu’un petit pincement du nerf quand le feu remonte par l’arrière, désape son origine simiesque et pénètre dans la partie vampire de son incognito.

La vie fut chienne pour Bela Deszó, et le voilà devenu objet, cortex, rachidien, tas de glaise oculaire sur le trottoir, sujet du rire déferlant de Wier la main gantée et bagousée agitant toujours le flacon d’incendie.

006. Vitriol, Goutte N° 1 : Ferenc Deszó

Posted in accident, balle with tags , , on mars 6, 2009 by 1000morts

La rafale de vitriol frappa donc le gars à terre – son costume fut le premier à fumer, des trous percèrent sa chemise, la cravate s’entortilla dans son mouvement de recul, la moitié supérieure de son corps se replia presque sur l’autre par l’arrière, l’Uzi dans sa main droite déclencha sa propre volée de balles explosives – en première ligne de mire : le numéro 2 sur la liste, une baraque valaque du nom de Ferenc Deszó qui vomit littéralement ses tripes par le nombril quand une cavité de la taille du poing s’y creusa avec amour.

Listen to them, finit-il par dire après s’être écrasé la tronche sur le bord du trottoir, le nez dans le caniveau  et l’œil fixé sur l’obscurité de l’égout qui bâillait stupidement là – Children of the night, et la sueur se mêla à la salive, et Josué enfanta Josuah, et Ferenc s’oublia dans un dernier râle – What music they make, ombre parmi les ombres, sur le sentier  de la guerre la petite musique des spectres tandis que, sa bouteille glauque à la main, le Duc de la Peste tenait les comptes dans un grand ricanement de mort-vivant.