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538. Six Colères-Serpents Dans L’Encerclement De La Guerre : Descente 1/2

Posted in commerce, noyade, passage, virus with tags , on janvier 26, 2020 by 1000morts

Machines des décors qui s’escamotent. Ce corps cousu dans sa chambre froide.

Ici sommes-nous, passant d’une onde à l’autre, changeants, toujours retournant au départ, les drapeaux claquant au vent, la poussière subvertissant les mécaniques de l’oreille. Magie du commerce.

Les tentures reculent, la peau sur les os, fausses portes successives, un fleuve endormi, monstres marins engloutissant les points de vue, retour au point éternel, départ des courses sous le soleil du matin, tous pareils, flux de couleurs uniformes, pas cadencé d’identité, gagner les rebords extérieurs, toute une scène pour ricocher aux parois internes, attaquer les fronts par le bas, tranchées virus territoires électrifiés, musique des passages quand ils creusent la terre avec leurs ongles, creusent la peau, traversent et s’effondrent tête la première dans les oreilles internes de Tikal.

Ici l’auberge de toutes les fins.

Ligne de basse sur tables de bois mal dégrossi et assiettes ébréchées.

Ici le soleil se jette oblique par les parois. Petites pièces de transfigurations individuelles.

Liz descend.

Liz franchit les escaliers. Gauchit les avenues, fond en coude les artères du métal.

Six serpents empruntent les canaux bordant l’océan.

Six serpents jouent aux fléchettes avec les premiers enfants du monde.

Six colères-serpents perdus dans l’encerclement des guerres fratricides.

Roulant comme des démons, du pied de la montagne au sommet des échos de brouillard, créatures dentelées ébouriffant les lignes de crête. D’ici l’île, la signification des verres dressés, des tessons éparpillés sur le territoire du retard.

Liz descend les étages des remembrements.

Liz descend, pouls pointé trop tard, naissance annoncée sur les places d’Europe, ligne seule quand Liz s’enfonce. Ligne de fond, ligne des cadavres plein les congélateurs, ligne des bibles dans un autre langage, ligne des étages perdus, ligne jetée dans les étangs minuscules où l’on se noie, ligne des yeux de flammes, ligne parmi les étoiles qui sont des yeux, ligne des appels nocturnes, lignes machiniques des artifices, des promesses non tenues, des déceptions atones et des défenestrations avortées dans le froid d’un matin d’acier.

524. Où Liz Danse Sa Danse D’Épées Tournoyantes : Chute 3/2

Posted in commerce with tags , on janvier 12, 2020 by 1000morts

Et toutes ces voix dans les cités vides. Elles sont ici, au bout du doigt contre la tempe, derrière le vitrail qui marque l’arrivée, l’heure du coucher, ces millions, ces nuées.

Elle caresse le vent du bout du doigt. Mime des éclatements sonores. Les propos du mensonge. Elle fait semblant de tomber. Ces mains qui se tendent. Ces poings qui n’ont que la peau sur les os, ces poings malingres pointés vers le soleil interne, vers son visage qui sourit, l’air horizontal se dérobe de chaque côté de son visage, doux comme une fourrure, doux comme un parfum, les fleurs qui poussent dans les mâchoires, parmi le miel et les araignées du ponant, elle descend dans les étages, change d’avis, se déleste du poids qui la plombe, vierge dans l’air du soir, démarre sa nuit au long des voies ferrées, charge le calcaire dans les voitures de la veille, embauche les hommes et leurs montres à gousset dans l’encolure des paupières, travaillent ici, travaillent dans les impasses et les contre-allées, servent le béton armé et la cimenterie du diable.

Sur la colline le soleil émerge rouge faible mâché.

Dans sa cave ultime, Liz compte les os qui lui restent pour jouer sa vie aux dés.

Les voix d’échos se referment comme une boîte.

Des millions dans les tunnels, autant de clés sans serrure.

Sa voix se penche sur la branche des bras tendus, lourds de fleurs brunes, aveugles dans la nuit. Liz s’étend brusquement.

Rien n’oppose la peau de ses bras et la terre glacée. Ses cheveux se mêlent aux graviers, aux pierres rénales, aux remèdes absolus. Elle vend ses parfums pour des miracles, attire le chaland par sa danse d’épées tournoyantes, et garde l’entrée de la tente pour qu’aucune créature ne s’en échappe. Leur sang pulsant dans les oreilles où résonnent les autres voix.

Change d’avis.

Étale ses cartes d’état-major sur les tables du festin. Et prend, dans l’incandescence des soieries vitrifiées, la pose d’une tête brisée de trop de voix.

411. Artefact Cinq : L’Abandon Des Interzones

Posted in commerce with tags on mai 13, 2011 by 1000morts

Vous voyez sa forme recroquevillée, tubulaire des sentes, dessinant une boucle avec tige forée et ailettes indépendantes.

Votre carte vous a fourvoyés, abandonnés dans les volutes des interzones, jusqu’au déclic final, monnayé contre un déplacement instantané.

Vous vous êtes échangés contre vous-mêmes et, la somme pesant plus que les parties, voici le pêne : Artefact Cinq.

389. Vision de North/Glass En Double Cascade Inversée

Posted in commerce, devoration with tags , on novembre 8, 2010 by 1000morts

Penché sur lui, il l’abreuve ; appuyé sur un vieux carton, il festoie. Troc des sécrétions et des dévorations dans les ruelles de la chair.

379. Monnaie Comme Cheveux Qui Feulent

Posted in commerce, possession with tags , on mars 4, 2010 by 1000morts

« Il est derrière moi, lui et sa fange. » Elle, son ombre s’étalait en effets de style, croissances, oripeaux des erreurs, cabinets de sa curiosité, une écriture malhabile dans la formation des échecs. Sa danse, cette danse-là, une tératogenèse. Messaline, son ombre, cette ombre virevolte, clignote ses doux bruits de cheveux qui feulent, le creux de sa hanche, délimite les fragments.

Elle se vide sur un soupçon, dans le secret des sucs digestifs : « Wier est partout, qui me possède, m’instruit, me dilapide. »

« Il frappe ma monnaie. »

311. Ciel Du Soleil D’Acier II

Posted in commerce with tags , on janvier 4, 2010 by 1000morts

– Et toi, tu es d’où ?
– Tu devrais plutôt demander : à qui es-tu ?
SteelSun l’observe intensément.
– Je suis marchandise. Je suis monnaie d’échange.
Il fait un geste de la main en direction du serveur, qui apporte deux verres pleins et fait disparaître les verres vides.
– Tu t’es vendue ?
– On m’a vendue.
– C’est ce que j’ai dit.
Cette fois, c’est Messaline qui appelle le garçon. Il y a un insecte dans son verre. Le serveur jette un oeil, repose le verre et s’éloigne à nouveau. Cela paraît beaucoup amuser SteelSun.
– Tu n’aurais pas dû. Tu l’as vexé. Et nous allons devoir partir.
– Vexé ?
– La tête de mante religieuse dans ton verre était un signe mais tu n’y as pas répondu favorablement. Toute la flicaillerie à la botte du patron va nous tomber sur le râble.
– Quel genre d’appel ?
– Une tractation, bien sûr. Allez viens. On file.

286. Vision De Messaline En Vénus Obscure

Posted in commerce, demembrement with tags on décembre 10, 2009 by 1000morts

Elle déplace sa statue affamée sur les docks. Là où les fauves tatoués vont boire à la source même de tout plaisir : celui de vendre et d’échanger, car on n’achète rien que soi-même, par petits bouts, jusqu’à l’ultime défragmentation des marins d’eau douce.

244. L’Adage Des Victimes

Posted in commerce with tags , , on octobre 29, 2009 by 1000morts

Que voulez-vous ? Mon dû. Je n’ai encore rien pour vous. Et tout ce papier noirci ? Des mots sans queue ni tête, rien de précis, des suppositions, de la mauvaise prose. Les bandes magnétiques ? Du bruit blanc, inutilisable : la matière première, je vous dis, n’était pas assez bonne ; or, un cut-up, c’est comme un ragoût, il vaut mieux de bons ingrédients si l’on ne veut pas rater le tout. Approche encore. OK ; j’ai froid. Rien n’est rien, ici : tu es à Byble, mon chou. Je suis à Byble, oui ; et alors ? Alors, si tu es seul à exiger quelque chose, c’est toi que tu mets dans la balance. Et si je m’en fous de me commercialiser ? Le vieil adage n’est bon que pour les victimes : on ne vend d’abord que ce à quoi l’on tient plus qu’à la mort, voilà la vérité. [Fin de la retransmission]

219. Le Commerce De L’Incandescence

Posted in commerce, marche d'enfer with tags on octobre 5, 2009 by 1000morts

Lodger ne voit pas. Les couleurs sous ses doigts sont indistinctes, tout va avec tout, la nuit bleutée des feuilles d’arbre sur la pellicule. Pourtant cette peau sous la pulpe, ces strates rainurées, rêches et soyeuses, leurs signatures intelligibles, cette peau qu’il pianote sans partition, se décline sous ses yeux et il peut la voir, incandescer là, dans la cellule vitale, son manchon d’aura dépouillé, la vérité sous le fard, la musique du masque. Et c’est en définitive lui qui offre plus que ce qu’on lui prête, dans l’espoir de se refaire et la certitude d’y laisser plus que de raison.

213. Le Basalte Et L’Asphalte

Posted in commerce, mutilation, reproduction with tags on septembre 29, 2009 by 1000morts

Son Jumeau en elle, Liz bat les cartes. Retourne le Bateleur, trafiquant d’organes, fait la retape à l’entrée du temple de toile, sur son estrade à l’abri de l’eau qui noie même la boue, hurle son boniment, vend son spectacle sacerdotal, égosille les noms et les actes, la parfaite teneur d’un enchantement progressif, de bas étage, sous le poids changeant de l’averse qui écrase le sons. Perdu dans la brume au-dessus de la ville, le Bateleur, baudruche d’atrocité, clignote du rouge au blanc et projette son ombre sur les plus hauts gratte-ciels. Liz, sorcière sur le chemin des cités vides, marche dans les rues que surplombent le basalte et l’asphalte des trottoirs éventrés.