Archive for the maladie Category

456. Les Soixante-Six Pleureuses Du Territoire Insensé : Extrême-Nord (5/4)

Posted in maladie, minéralisation with tags on novembre 5, 2019 by 1000morts

Son peuple délimité du ciel.

Sur ce carré de trente mètres sur trente, toute une civilisation réduite à néant.

Parcours des musées morts, d’une tombe à la suivante, d’une croix à l’autre, un nom suit un nom, des lieux et des prénoms, des hommes et des femmes suturés de murmure, le bois et la terre sèche comme une obole, Henry North roi païen d’un parterre de rocs, chimères bois et terre, le goût de la cendre, le vent qui pousse les boules de poussière, le canon des volutes sèches, le roulis des bateaux qui n’ont jamais vu la mer.

Une goutte d’eau salée sur sa croix incertaine.

Henry North, silhouette sèche, tête et corps, bras tendus, deux dimensions de bois veiné de noir, émaux des eaux fortes, vagues de violons, lancinantes comme une marée sur une terre intouchée, le lichen du temps abasourdi, reniflements, les six cent soixante-six pleureuses professionnelles, toits et tessons, demeure du chancelier, cinéma d’acteurs allemands, l’homme aux yeux du globe, maladie vénérienne, ses yeux sont immenses mais il ne voit pas, pornographie des maladies vénériennes.

North accompli dans la fatalité de son intestin grêle.

Ici gît la perte et le commencement.

Crocs en batterie derrière la porte entrouverte.

Et dans son territoire insensé, Henry North pointe vers le cardinal tellurique. Et joue son âme éternelle au vieux tarot du diable.

426. Contemplation De L’Ombre Déchiquetante III

Posted in maladie with tags , on novembre 11, 2011 by 1000morts

Nile patauge dans les premiers rangs, obnubilés par l’ombre écarlate. Un fantôme gustatif, quelque chose comme un souvenir s’impose à lui, une brièveté d’une puissance inouïe, la diffusion, l’épuisement, la dilution, tout cela mène à aujourd’hui, à sa faiblesse, à son miroir noir de la jalousie, à sa fascination extrême, à son regard cloué, à l’ouïe des tréfonds, des instants, ses mains levées en signe de soumission, ventre offert, voix qui double, qui souffle, une tumeur en mouvement, la peste et la lèpre qui s’accouplent, et engendrent.

422. Cinquième Cercle De Résurrection

Posted in immolation, maladie with tags on novembre 6, 2011 by 1000morts

Elle déchire les membranes, son armée s’exfiltre dans les dimensions voisines d’abord, ses prophètes annoncent sa venue dans toutes les langues, gravent son image dans le sable et la glaise, les montagnes oculaires aveuglées par son incandescence. Electrifiées par l’immensité de sa peau. Dans les univers les plus lointains ensuite, déversés comme une gangrène, polluant les systèmes nerveux, une erreur devenue la norme devenue la loi, et l’impératrice des voies obscures impose à tous son monothéisme génétique, abattant le vertical, écrasant le dressé, scandant son ordre horizontal, ses dynasties du gisant.

418. Contemplation De L’Ombre Déchiquetante II

Posted in maladie, meurtre with tags , on octobre 31, 2011 by 1000morts

Acte 2, l’apesanteur de l’abattoir, Rossetti accroupi au bord de la scène, défie les lampes à huile et à acétylène, apprécie la démonstration, applaudit par moment, ses lettres se reforment dans son esprit, celles de l’errance et des complications, des infections nosocomiales, du virus de la peste et de la lèpre mêlées, qui devant lui avait pris corps, une forme non préhensible mais déchirante, délabrant les rangées du fond avant de sauter jusqu’au premier balcon.

399. Vision De North/Wier/Lodger En Triple Echo De Chair Etiolée

Posted in etouffement, maladie with tags , , on décembre 22, 2010 by 1000morts

Il lui fallait cela : faire un avec la surface après s’être uni au souterrain. Son oeuvre au rouge : Wier et lui, Lodger et lui, trois facettes de l’extrême-nord, unis dans la canicule alimentaire des corps qui dégoulinent et s’étiolent dans la maladie et l’étouffement des cellules.

387. De La Résurrection Des Phalènes Aphones

Posted in maladie with tags on octobre 26, 2010 by 1000morts

Le roi tremblant sous la poussée des trois souffles.

Trois haleines sur sa gorge.

Trois signes de la vie qui se désemplit. Qui perd son équilibre.

Aucun n’est suffisant pour le convaincre de renaître. De signer le contrat. De troquer sa place incertaine contre un trop-plein d’assurance. Une maladie hautement contagieuse, une lourdeur dans ses articulations, une mince rivière qui fait son lit dans ses artères, humecte les fibres, ranime les connexions, devient un flux, une fleuve urticant.

Mais rejeté par ces trois souffles, obligé de choisir, Rossetti redevient cette tombe de gravité qu’était son corps, ravivé dans un enterrement collectif de toutes les ombres qui faisaient son âme.

Et se dresse à nouveau, attiré par la lumière, phalène aphone étourdi par sa résurrection.

385. North Se Perd Au Jeu Sanguin Des Miroirs

Posted in maladie, meurtre with tags , on octobre 20, 2010 by 1000morts

North a l’impression de cet autre avant de réaliser sa présence.

Un instant, le siège à côté de lui était vide ; le suivant, on lui parle semble-t-il depuis des heures, à en juger par son propre épuisement. Le déferlement d’informations noie ses récepteurs, court-circuite ses terminaisons. Pourtant, le rythme du discours est incompatible avec le sien, il le sait. Pas tant sa vitesse, non, bien qu’elle soit d’une faiblesse quasiment insoutenable.

La tonalité adoptée lui fait mal, un mal profond.

Lui fouraille le ventre.

Il reconnaît cette voix mais elle est par trop déformée.

Un enregistrement passé au ralenti.

Un ralenti extrême.

Une voix qui lui dit quelque chose.

Une voix qui est la sienne.

Lui dit des mots qu’il n’a pas encore prononcés.

Le prévient d’atrocités qu’il n’a pas encore commises.

Lui détaille les coulées et les sections.

Lui dessine dans l’air ses massacres complexes.

Il réalise alors que l’autre c’est lui, son image projetée à ses côtés par un jeu complexe de miroirs, ricochets sur des bouteilles et des ampoules, des tissus luisants, les peaux en sueur et les muqueuses, des illusions en fragments recomposant son futur.

North se courbe alors en avant et vomit du sang dans ses mains, et tandis que la lame dans son fourreau pousse un cri de colère, clopine vers la sortie pour lui donner ce qu’elle désire le plus au monde.