Archive for the maladie Category

511. Oiseaux Enflammés De Soleil, Traces Du Royaume Incandescent

Posted in famine, maladie with tags on décembre 30, 2019 by 1000morts

Odeur des machineries, l’obscurité s’ébranle dans les tunnels. Des instruments gémissent aux bifurcations de la perte de soi, légère accélération du pouls, elle appréhende les pulsions de la terre, des crevasses sous la pulpe, cris et cercles, elle creuse l’océan sous la colline, ses mains nues, les ongles sales de ténèbre, ici nous sommes, imprégnés du lait jaunâtre des cartons anémiés, ses échos égrenés, bois tes pensées, bois la sève de gratitude, elle erre dans les couloirs de cathéters européens, trop tard pour regretter, trop tard pour remonter dans la piscine, son réservoir d’eau pure sous la maison, du cœur à la montagne, perdu dans son cercle de vapeur, sauna de pierres sèches, ici les rues qu’elle fait la nuit, les rues électriques qui raniment les machines fatiguées, démangeaisons au creux du bras, « j’étais frappée par l’élongation du matin » dit-elle, ces éclats de murènes dans la vue, squelettes dansants sur une peau d’orange, le parfum du piment, ses cheveux ramenés en arrière, Liz aux bras de branches, remonte la sève vers la racine des siècles et des siècles, là où chair et pierre, chemise blanche sur peau blanche, bras levé vers les moulins à vent, le souffle à rebours, sa forme malingre exposant ses maladies aux moteurs obscurs, la faim la faim, test terminal, elle finit sur une feuille de dessins d’enfant, à avaler les couleurs pour trouver la sortie, d’une montagne l’autre, cœurs battus de chiens sans souffrance, nuits de lignes électriques, pluie violette qui retrouve les nuages en contre-haut, vers les biospots de chair humaine, caravane s’ébroue dans les souterrains, de l’étoffe des vitres brisées, courbant l’échine du son, ici assouvissant ses désirs d’asservissement, Liz au cœur-montagne, revient revient sans cesse revient revient d’un étage à l’autre, ici l’enfer aux cercles centrifuges, ses dents que des crocs bras braqué sur la lumière et l’autre derrière le dos, habitude de rock-star, lumière qui se brise aux abords de l’aurore. Elle penche en approchant de l’extrême-centre. Elle penche vers les couleurs sourdes, ses doigts entamés de poudre blanche, elle prend le train en marche, abuse des crépuscules comme on abandonne des chiens trop laids dans une contre-allée de minuit, détruits par l’absence, en quête de colère-serpent, des six cents déplacements de la main qui invoquent, taches blanches taches noires qui se poursuivent, la haine pitoyable, la haine du soleil noir, la haine du retard et des portes dérobées, des enfants ployés sous l’échine, le bruit des moteurs qui s’enclenchent sur les quais vides, de la dernière lune et Liz qui s’ébroue dans l’étoffe même du matin, dans les artères démantibulées d’une essence rare, coups de canon dans la face cachée du soleil, trop tard pour s’éveiller ici, trop tard pour les pièces capitonnées de sève, seul au milieu des foules, cette odeur de train lâché dans la nuit, d’oiseau enflammé de soleil, traces du royaume incandescent, sous l’océan les chemins du lendemain, début de la route, impasse des démons qui s’engagent, machines affolées de songe, tu brilles de couleur se dit Liz, du métal de l’iris, du verre cassé inséré dans la paupière du ciel, quand les reflets sont tessons, s’évasent s’y brillent la chance et la cécité, les longues introductions au parlement des oiseaux.

506. Wier Coupé Lèche Son Poison À Même La Peau : Cercle Six

Posted in famine, maladie, poison with tags on décembre 25, 2019 by 1000morts

Noyau immobile.

Recroquevillé au centre de la chambre, Wier cache son visage. Dehors la lune de coupes, clarté du visage, ici l’envahissement des armées du levant, toutes ces écailles brillantes, ces facettes aux yeux multiples, ces corps fixés par le visage, la cécité des incendies volontaires, et là le ciel noir et la lune de lames, qui recueille et boit les liquidités amères, et recrache en l’intérieur le dross des dominations millénaires.

Wier tombé comme un météore. Une inflammation des muqueuses. L’allumette grattée au goût de soufre. La brume qui sourd des arbres abattus, la lune de veines auréolée d’éclaboussements de vert et de magenta.

Il sécrète son propre poison qu’il lèche à même la peau, luisante de rayonnements.

Derrière les murs les visions inconnues.

Ici la chaleur des dernières extrémités où tout s’éclaire de révélations bleutées de blanc. Ici où guettent les bêtes privées de tout. Enfants des famines, animaux de la peste, l’affûtage des crochets, lune d’argent ramassée sur un coin d’ongle, retombées en pluies chlorées, ici sous le toit qui ne protège pas, Johannes Wier invoque sans bouger la protection de ses dieux d’os.

Immobilité nucléaire.

456. Les Soixante-Six Pleureuses Du Territoire Insensé : Extrême-Nord (5/4)

Posted in maladie, minéralisation with tags on novembre 5, 2019 by 1000morts

Son peuple délimité du ciel.

Sur ce carré de trente mètres sur trente, toute une civilisation réduite à néant.

Parcours des musées morts, d’une tombe à la suivante, d’une croix à l’autre, un nom suit un nom, des lieux et des prénoms, des hommes et des femmes suturés de murmure, le bois et la terre sèche comme une obole, Henry North roi païen d’un parterre de rocs, chimères bois et terre, le goût de la cendre, le vent qui pousse les boules de poussière, le canon des volutes sèches, le roulis des bateaux qui n’ont jamais vu la mer.

Une goutte d’eau salée sur sa croix incertaine.

Henry North, silhouette sèche, tête et corps, bras tendus, deux dimensions de bois veiné de noir, émaux des eaux fortes, vagues de violons, lancinantes comme une marée sur une terre intouchée, le lichen du temps abasourdi, reniflements, les six cent soixante-six pleureuses professionnelles, toits et tessons, demeure du chancelier, cinéma d’acteurs allemands, l’homme aux yeux du globe, maladie vénérienne, ses yeux sont immenses mais il ne voit pas, pornographie des maladies vénériennes.

North accompli dans la fatalité de son intestin grêle.

Ici gît la perte et le commencement.

Crocs en batterie derrière la porte entrouverte.

Et dans son territoire insensé, Henry North pointe vers le cardinal tellurique. Et joue son âme éternelle au vieux tarot du diable.

426. Contemplation De L’Ombre Déchiquetante III

Posted in maladie with tags , on novembre 11, 2011 by 1000morts

Nile patauge dans les premiers rangs, obnubilés par l’ombre écarlate. Un fantôme gustatif, quelque chose comme un souvenir s’impose à lui, une brièveté d’une puissance inouïe, la diffusion, l’épuisement, la dilution, tout cela mène à aujourd’hui, à sa faiblesse, à son miroir noir de la jalousie, à sa fascination extrême, à son regard cloué, à l’ouïe des tréfonds, des instants, ses mains levées en signe de soumission, ventre offert, voix qui double, qui souffle, une tumeur en mouvement, la peste et la lèpre qui s’accouplent, et engendrent.

422. Cinquième Cercle De Résurrection

Posted in immolation, maladie with tags on novembre 6, 2011 by 1000morts

Elle déchire les membranes, son armée s’exfiltre dans les dimensions voisines d’abord, ses prophètes annoncent sa venue dans toutes les langues, gravent son image dans le sable et la glaise, les montagnes oculaires aveuglées par son incandescence. Electrifiées par l’immensité de sa peau. Dans les univers les plus lointains ensuite, déversés comme une gangrène, polluant les systèmes nerveux, une erreur devenue la norme devenue la loi, et l’impératrice des voies obscures impose à tous son monothéisme génétique, abattant le vertical, écrasant le dressé, scandant son ordre horizontal, ses dynasties du gisant.

418. Contemplation De L’Ombre Déchiquetante II

Posted in maladie, meurtre with tags , on octobre 31, 2011 by 1000morts

Acte 2, l’apesanteur de l’abattoir, Rossetti accroupi au bord de la scène, défie les lampes à huile et à acétylène, apprécie la démonstration, applaudit par moment, ses lettres se reforment dans son esprit, celles de l’errance et des complications, des infections nosocomiales, du virus de la peste et de la lèpre mêlées, qui devant lui avait pris corps, une forme non préhensible mais déchirante, délabrant les rangées du fond avant de sauter jusqu’au premier balcon.

399. Vision De North/Wier/Lodger En Triple Echo De Chair Etiolée

Posted in etouffement, maladie with tags , , on décembre 22, 2010 by 1000morts

Il lui fallait cela : faire un avec la surface après s’être uni au souterrain. Son oeuvre au rouge : Wier et lui, Lodger et lui, trois facettes de l’extrême-nord, unis dans la canicule alimentaire des corps qui dégoulinent et s’étiolent dans la maladie et l’étouffement des cellules.