Archive for the sacrifice Category

442. Transdéfiguration De Johannes Wier

Posted in sacrifice, Uncategorized with tags on octobre 24, 2017 by 1000morts

Le Soleil gobé, Wier transparaît dans l’âtre. Sa tête au grenier couronnée de Lune ; ses pieds aux souterrains, percés de six et six Étoiles. Sa descente aux tombeaux décuplés. Voyage immobile dans les catacombes.

Couloirs sont veines.

Formes de la cité fractale, la Cité-Sainte, la citadelle fondée sur les douves, le pouvoir appuyé sur des latrines, l’exhibition atroce.

Les Enfers ligotés sur l’autel devant lui, Wier transpercé de l’enfantement. Son visage gonfle. Sa peau se tend, se fendille, dessine des circonvolutions écarlates. Perce ses volcans sous la poussée du désert. Emporté par le contentement et l’extase, Johannes Wier irradie ses becquerels au cœur battant des atomes.

« Mon Œuvre Au Noir. »

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235. Le Waldorf Astoria Du Diable (7/7)

Posted in sacrifice with tags on octobre 21, 2009 by 1000morts

L’Astoria était médium, devin, étripeur de canailles. Sacrifice de vaudous, bûcher d’inquisiteurs, parfait instrument dans les mains du diable, le stylet déchirant l’enveloppe du ponant.

A cette heure où les corneilles vont décider de la vie et de la mort d’un peuple, nous étions là, au bord du crépuscule, à gauche le soleil-opale, à droite la lune-indigo. Et la marche qui monte ne menait qu’à la chute.

226. Le Waldorf Astoria Du Diable (4/7)

Posted in sacrifice with tags on octobre 12, 2009 by 1000morts

L’Astoria donnait le tempo. Tous lui obéissaient, des petites gens à ses pieds aux grosses légumes à sa tête. Certains dominaient le monde en empruntant la baie vitrée d’un étage supérieur. D’autres se contentaient de détailler ses veines incolores à sa base. Ce n’étaient pas les moins heureux, ils avaient accès à ce qui fait la vie de la chair, la pourriture du vivant, l’atteinte à la personne. Les huiles essentielles. La graisse grésillante sur le bûcher où s’efface, latéralement, l’existence.

Les matières fécales nous composaient. On était comme des enfants pétris dans la boue. Fuyants. Amnésiques. Et l’incandescence nous attrapait par la peau du cou et nous ramenait toujours. Dans ses couloirs étouffés. A traînailler comme des bandits manchots.

185. Je Suis Toi Et Je Me Vois

Posted in sacrifice with tags on septembre 1, 2009 by 1000morts

La vision s’approche de l’autel. La pulpe de ses doigts renifle l’encens, la persuasion, l’hypnotisme. La pulpe de ses tentacules explore les autres versions de la même pièce, ses diverses dimensions, les facettes de son diamant nucléaire. La vision s’approche de l’autel et c’est une rythmique, comme une déformation de battements cardiaques entremêlés, qui sourd d’elle-même. Chaque pore est un coeur qui ne demande qu’à percer ; une rangée d’incisives qui dessine, sur sa peau, les pointillés à découper. La vision s’approche de l’autel-silhouette où baigne Liz sous un manteau de miroirs.

134. Les Douze Heures De Chrome A Tikal : Huitième Heure

Posted in sacrifice with tags , , on juillet 12, 2009 by 1000morts

L’homme dans son fauteuil roulant, l’homme aux moignons de doigt sur le second accoudoir. L’homme ne parle pas, mais il sait où se trouve Messie. Alors, où est-elle, demande Chrome.

L’homme assis ne répond pas. Il ne parle pas, mais il communique. Loin, pense-t-il, et la pensée de Messaline lointaine pénètre la pensée de Chrome.

Où ça, loin ?, se demande l’homme rafistolé debout. Ça veut dire quoi, loin, quand on a traversé la peau de Tikal pour déboucher dans les intestins des Plans ?

L’homme assis ne bronche pas, sa respiration sifflante, la main sans presque de doigt ne frémit pas au souffle du courant d’air étouffant. Son café fumant expurge l’oxygène et le remplace par des particules de cyanure. Peut-on se mithridatiser contre la vie, s’étonne Chrome.

Oui, à force de temps et de disparition de soi, répond l’homme plié. A force de faiblesse et de fleur de sel, dit-il en son for intérieur. A bout de patience.

Où est Messaline, redemande Chrome, inlassablement, minute après minute. Où est Messaline, martèle-t-il  Où est Messiaen. Où est la Danseuse, indic ?

Indic, oui, c’est bien cela, un indic, marmonne l’homme assis. Un indic, une saleté d’indic, une balance, une sœur Parque, un aveugle manchot mais qui a la vision, pas vrai ? L’homme rassis ricane intérieurement, et ses éclats résonnent dans la boîte crânienne de Chrome, qui hurle Pourquoi ne répondez-vous pas à ma putain de question.

Parce que la réponse tuerait plusieurs galaxies ; si Messaline revenait sur Tikal, voilà ce que cela signifierait. Mais je peux vous donner son prochain point de passage, si vous le désirez. Vous connaissez le prix, l’élément du troc, la mesure du sacrifice.

112. Les Douze Heures De Chrome A Tikal : Troisième Heure

Posted in sacrifice with tags , , on juin 20, 2009 by 1000morts

Impossible de ne pas rater l’Astoria de Tikal : c’est un bunker souterrain. «J’aurais pu chercher plusieurs vies, pense Chrome. J’aurais pu sacrifier plusieurs fois Messaline. J’aurais pu…» Sa voix s’éteint dans son oreille interne, subsistent sa respiration et les coups sourds de son palpitant, une vraie nuit de boucan d’enfer.

Sur Tikal, le Waldorf se love sous un pan entier de quartier. Un morceau de morceau, le marbre sous un caramel suant. Sous Tikal habite le Diable et ses suites qui n’ont jamais vu le jour, gonflées, blanchâtres, aveugles, que de la chair bouffie et des dents, beaucoup de crocs, des myriades d’incisives, des légions de molaires, enchâssés dans une gencive mauvaise montée sur pattes. Et le Waldorf Astoria est leur repaire, la sauce où ils baignent, sous couvert d’abri antiatomique c’est ici que les atomes sont séparés.

On ne descend pas dans le Waldorf Astoria tikalien. Ici plus qu’ailleurs, les ouvriers qui l’ont littéralement creusé dans les strates marmoréennes l’ont payé de leur vie. Ils ne sont pas tombés dans le vide béant du chantier, non : ils ont été avalés par l’immeuble inverse.

082. Vision De Liz : Low (Again)

Posted in sacrifice with tags on mai 21, 2009 by 1000morts

Au milieu des pierres dressées, son ombre, comme un animal mutilé, devient canal pour l’énergie de la terre qu’elle accouple à la furie des spectres et des vampires. Le géant d’osier, ces flammes qui lui lèchent la peau, l’oubli picotant des nerfs qui carbonisent, et cette liquide sensation des yeux qui fondent. Liz-la-Promise arrachée d’un autel de buisson réclame vengeance au milieu des hurlements et de l’appétit vermifuge.