Archive pour novembre, 2019

481. Pour Celle Qui Se Nourrit De Tessons Nocturnes : Syphilis Au Souterrain V

Posted in enterrement with tags on novembre 30, 2019 by 1000morts

Dans les interstices du miroir, retour Rorschach vers l’assuétude des chiens fendus, leurs silhouettes-réponses, un écart entre la voix et l’œil, celui qui tombe et celle qui hante, barré de rouge et voile de soie translucide. Quelque chose de différent entre le cintre et la profondeur. Qui est qui sous le masque. Qui est le masque.

Les généalogies du meurtre.

Phyllis descendue aux tombeaux, ouverts dans les champs sous la lune, moirés de toisons luisantes, huilées aux fluides des chardons, la fleur qui égorge et le vent qui suinte, ici, sous ses coudes repliés, ses mains posées sur le haut des cuisses, la gisante aux canopes, ces familiers qui l’entourent, chacun raconte son histoire, et c’est une libation des mensonges qui s’enchaînent, dans la maison du mal, la perpétuelle musique de nuit.

Elle la voici, danseuse dans ses voiles, tourbillonnante couchée sur son lit de pierre, le monde qui tourne, pris dans sa glaise, son cyclone de boue, une allée entre deux rangées de chaise, et chacun y va de son refrain mortuaire.

Depuis les profondeurs, elle rend à ceux qui l’observent leur regard.

480. Des Tigres Cachés Dans La Doublure De La Chair : Sous L’Angle De La Maison-Sorcière XI

Posted in devoration, poison with tags , on novembre 29, 2019 by 1000morts

Les marches d’escalier, celles où mordent les chiens.

Les crocs du silence dans l’allée oblique où les tapis étouffent les pas. Où la viande étouffe du silence. Piquée des dents de sabre, alignée dans ses épaisseurs successives, pointée au tournevis caché dans la doublure de la chair. Ici Soient Les Tigres.

Les trains de nuit. Serpent de lumière dévorant le ciel des villes écarlates. Ici on monte vers la raréfaction de l’air.

Glisser sur la rampe ; glisser vers l’échafaud. Et quelque part à mi-chemin, la boîte blanche où dorment les lamproies.

Le balcon de béton. Où les morsures dépassent du revers. Où les bêtes attendent derrière les portes entrouvertes sur le vide.

Courir vers le haut ; exciter les chasseurs. La détonation d’une canine. Les déflagrations du cri. Et ce doute qui plaque au sol, vissé dans la fréquence, dans la lumière grisée d’une fin d’après-midi, celle où l’on condamne sans preuve, où des poisons entrent dans les veines, où les garçons dévalent des échelles de serpents pour tacher de rouge leurs jambes de pantalon.

479. Sa Mue Aux Marées Gonflées Du Ponant

Posted in sacrifice with tags on novembre 28, 2019 by 1000morts

Et sur les toits de pignons, démence de la tristesse, la silhouette ébréchée, pendue par les pieds dans un silence de plomb, ses plaies ouvertes aux bras en croix, bénit le monde inverse. Le vent dans ses poumons joue des grandes orgues avec les bronches, les alvéoles des chœurs antiques disent la vérité quand le monde ment. Quelque chose coule depuis ses jambes.

S’égoutte sur l’arête du toit. La rivière infime des recommencements.

Quelque chose du monde se forme ici. Enchâssé dans sa croix du corps. Sa serrure aux clés. La beauté des lucioles quand l’oxygène vient à manquer.

Entre deux eaux, son éclat du soleil levant énumère les facettes d’une étoile de matin, elle qui indique l’extrême-centre piqueté d’acide. Enduit comme d’une résine, la chaleur d’un cadavre qui s’égoutte sur l’arête du toit, déchiquette amoureusement les six cents pignons qui ondulent comme un dragon volant.

Luisent des alcôves brisées, des éclats d’avenues rauques, des assemblages de tessons comme une seconde peau déchirante. Glass, sa mue l’emporte aux marées de narvals, gonfle au poison des lotus, et prend peur dans les ventres gonflés des rangées de crocs du ponant.

478. À L’Oubli Des Générations De La Faim : Sous L’Angle De La Maison-Sorcière X

Posted in famine with tags , on novembre 27, 2019 by 1000morts

Passé la porte du verre, le rectangle découpé, étroit, jusqu’aux sorties grandioses. Vision du béton, de la pierre, du calcaire dont on fait des temples. Ces corps extraits des vallées de pauvreté.

Tout a disparu qui semblait gravé pour l’éternité.

Les proportions du bois sombre.

Toutes ces fenêtres qui ne seraient qu’aux fantômes.

Les portemanteaux en creux. Quelque chose de l’œil unique, déformé par le gigantisme, comme l’éléphantiasis oculaire des maisons-sorcières. Quelque chose qui se concentre ici, dans la poésie amère du passé.

Ces quelques marches menant aux autoroutes du passage.

La terre écœurante. Les noisetiers de chair ; nos noms sur chacun d’entre eux, comme tatouages entés sur des peaux vairon.

L’homme aux yeux tachetés.

Son manteau jaune derrière la vitre du placard ; salle d’attente des atermoiements et des reproches aux enfants, envoyés en larmes dans la forêt qui toujours sépare une maison d’une autre.

Coup d’œil au ciel. Leurs regards descendant comme des clous. Leurs sourires constellations. Les souffles nébuleuses dans l’air frais de l’aube. Attendre le lever du soleil, caféiné jusqu’à la moelle, pour le geste. L’amour des situations.

Ici convergent les lignes de force, et l’oubli des générations de la faim.

477. Chaque Parcelle D’Elle Comme Nébuleuse De L’Étouffement : Syphilis Au Souterrain IV

Posted in devoration, passage with tags on novembre 26, 2019 by 1000morts

Ici cache ton visage. Penché sur le lutrin. L’aigle désossé.

Homme livre ouvert, déplié sur la couverture, l’avenir dans une flaque huileuse, des cartes tatouées de viande, l’odeur des mouches, chambre avec vue, l’éclat des ossuaires, fenêtre sur passerelle, escalier de fer, elle descend aux voitures, tout descend, l’épanchement d’étoiles sous le rebord de sa robe, ses yeux inclinés dans l’axe d’un autre monde.

Visages multiples des morsures d’araignée.

Phyllis nimbée d’aurore pose le pied sur le premier pavé de crépuscule. Ici Tikal déroule lentement son parchemin de verre. Ici tu caches ton visage aux collines où tout s’arrête.

Le souffle et la fournaise.

L’architecture des embrasements.

Plans découpés dans des enchevêtrements de corps.

Et sa pulsation sous le tissu, gonflée pleine insérée dans la quête. Femme-sorcière pratiquant l’inceste et l’échangisme de soi.

Chaque parcelle d’elle comme nébuleuse de l’étouffement.

Sur le sentiers des sentiers, au naos peuplé de loups, creusée dans la terre où tu caches ton visage, elle prend pied et éjacule ses reflets dans les fentes du miroir sans tain.

476. Jouissance De La Perte Au Labyrinthe : Extrême-Nord (9/4)

Posted in poison with tags on novembre 25, 2019 by 1000morts

Descente aux particules du golem. Chacune crie en sa bouche de pores. En chaque d’entre elles le golem, entier, ses lettres à moitié effacées au front des vengeances. Reproduction efficiente. Changer de langue en cours de route.

La voie double des mutations.

Les odeurs propres d’un corps de terre.

Toute veine est un sentier qu’il suit du doigt jusqu’aux buissons de clématites et d’anémones. Les poisons tissés de liserons. Les coupes entachées de muguet et de ciguë.

Son corps enserré par la vigne. Pressé de questions.

Or en son origine, dépeint la clarté glauque des nuits de Tikal.

Son ombre portée comme un fardeau. Il peine sur les sentiers immenses qui s’écoulent de ses bras.

475. Armée D’Adamantium Dans Un Corps Incomplet : Extrême-Nord (8/4)

Posted in disparition with tags on novembre 24, 2019 by 1000morts

Aux artères où se concentrent les improvisations de North, la voix de l’alcool, cul-de-sac des générations. Quelque chose d’un corps qui aboutit sur son lit d’adamantium, le régolite des aveux, poussière d’ange, souvenir encadré des favoris, trois corps dont un mort, yeux fermés de l’assoupissement toujours, North pense à la sexualité des cadavres, debout dans une rue immobile, il pense au règne des poupées, à la morsure des anophèles, leur vol silencieux au fil des bougies, représentation des mains sans doigt.

Debout sur la grand-place faite de ciel et de mots incomplets, toutes ses formules ne mènent à rien. Cartel de l’or alchimique. Vouloir trop en faire. Une saison d’éther et d’insouvenir.

Comme un poisson susurré dans la tête.

Les recoins de mémoire, raclés pour payer des chaussons de danse.

Tout l’or du monde.

Tout l’or du monde.

Dans un monde de ciel, l’or d’une aube enrage les ailes du cuir. L’orage guette. L’orage mécanique des poings tendus, ceux qui captent l’éclair et reçoivent les piqûres et perlent les sangs abandonnés des mains incomplètes.

Henry North laisse de lui dans chaque incarnation.