Archive pour novembre, 2019

465. Sur Tous Les Envers De L’Horizon : Syphilis Au Souterrain II

Posted in immolation with tags on novembre 14, 2019 by 1000morts

Ici la danseuse, celle aux couteaux.

Jeu d’ombres sur la toile de peau. L’odeur de renfermé, de vieux bois, de poussière, l’odeur du bruit du vent dans les feuilles, des branches de peuplier qui ploient comme un ver, l’odeur du son des moteurs qui découpent l’horizon, suivent à la trace les spectateurs du divin, les amateurs de paumes de la main, l’escamotage dans les boîtes verticales, voyage au royaume des morts, qui peut dire ce qui passe et ce qui demeure ?

Phyllis comme terreau de terreur.

Énumère ses orifices.

Se creuse la cervelle, métonymie du vent et de la sciure, des vieux papiers-peints, de la colle au plomb, des artifices du silence. Elle s’éprend de l’horizon et se penche sur lui ; soleil noir de la haine ; ciel du soleil d’acier. Elle lit sur sa peau les anciennes écritures, les parchemins épars, les sentiers qui mènent à la lune. Vision des lumières obliques. Expression des zigzags jusqu’aux surfaces rondes.

Pression du soleil sur les lieux inféconds. Leurs coupes stériles pour l’œuvre au blanc ; passage parmi les foules, un corps alerte, cathédrale d’allumettes toutes enflammées, dessinent une silhouette entravée dans la chaleur et l’odeur d’essence. Baignée dans le parfum des disparitions. Et le sortilège des mains sans articulation.

464. Pour Lente Agonie D’Une Main Sans Phalanges : Sous L’Angle De La Maison-Sorcière VI

Posted in operation chirurgicale with tags , on novembre 13, 2019 by 1000morts

Passage sur le billard, l’homme invisible à la main martelée, peau du serpent sur l’étoffe verte et la chair de marbre. Cheminée jumelle, escamotée jusqu’à l’os. Autour de la dalle funéraire, quatre joueurs, quatre queues, quatre bandes. Cinq noms dans le cercle, d’abord le centre puis de gauche à droite. Et dans l’angle où tout soupire, le clavecin du diable, ses marteaux sur tendons résonnent l’hallali des alimentations déficientes.

Trop de fenêtres, trop d’yeux braqués jouant dans les veines, les veines épuisées des oiseaux sans souffle. Peau creusée sous la plume. Témoignage interdit.

Et dans ce renfoncement, les outils de couture, la peau ligaturée, et les statues de femmes nues aux sphères en équilibre, la réunion des farfadets aux dents de sabre, le métronome qui penche de gauche et de droite, et quand les battements s’accélèrent, c’est le monde qui craquelle de droite et de gauche.

Porte-fenêtre ne donne sur rien.

Miroir incandescent.

La lente agonie des mains sans phalanges.

463. Éveil Aux Cités Dévastées Des Montagnes Oculaires : Double Abîme Scalpel Éternel V

Posted in torture with tags on novembre 12, 2019 by 1000morts

À nouveau mort dans la maison sans miroirs, ceux qui tombent le saluent, Tim Glass ouvre un œil, couché sur une statue, un socle des spectres fossiles.

Sa canicule pointe à l’instar d’une clé de verre.

Penché sur lui, sa voilette effilochée comme par trop de baisers humides, son odeur troublée par la désignation des constellations du chien, le visage de jaguar, le visage sans cervelle.

Elle ses yeux minces comme des interstices, accaparée par le show-business, le grand frisson, l’Oubli, inspire et rêve et ses yeux s’agitent sous la membrane.

Ses yeux sans nombre.

Sa chair oculaire.

Électrique pensée d’aventurine.

Ode à la femme-serpent.

Elle ses yeux ses yeux du tracé artériel, mère de toutes les perles, d’une bombe lâchée comme un songe sur une ville endormie, dépiaute les somnambules, désosse les oiseaux de nuit, équarrit la matière même des statues de cire.

Tim Glass sent les ongles qui s’enfoncent dans la bouche et tirent de ses cordes vocales un semblable aux Stukas.

462. Souvenir Du Poème En Noir : Sous L’Angle De La Maison-Sorcière V

Posted in calcification, fantôme, irradiation with tags , on novembre 11, 2019 by 1000morts

Ici la salle-à-manger du meurtre, ses deux portraits en surplomb, l’échange des sangs assemblés, l’ancêtre à la souvenance et l’autre qui calcifie sur sa chaise percée, l’organe a son absence d’os, lieu du chien et de la misère, cheminée sur du vide et bibliothèque qui s’escamote sur le mensonge, promesses sans merci, l’échappatoire des estropiées, un bureau près de la fenêtre par où l’on regarde la créature qui s’approche, le soir qui tombe, la grosseur derrière la mâchoire, ne plus tenir à rien quand les stores s’abaissent comme un train de marchandises. Et derrière les carreaux de verre, la contre-allée vers la falaise, le kiosque où se déclarent les flammes, les champs de moutons et les connexions siamoises, l’erreur et le doute et le troc du sang d’absence. Quand les visages se multiplient en un seul, ces deux portes dont une fausse ouvrent aux plaques de marbre et aux marteaux qui frappent la peau fine des tympans. Elle est miroir sur le manteau. Elle est buffet aux couteaux. Et sous le lustre qui fait pleuvoir la nuit, Liz accroche ses filaments d’hivers nucléaires aux démangeaisons du diable.

461. Pour Dispersion Des Pistils Incarnés : Syphilis Au Souterrain I

Posted in immolation, minéralisation with tags on novembre 10, 2019 by 1000morts

Elle appuie sa tête sur le coussin de pierre froide. Et change l’eau en vin dans les cathédrales du sang.

Elle étend ses bras contre ses jambes. Sous les arcs-boutants qui prennent feu. Gémissements du sommeil.

Courbures contre nature. Tout supporte le poids des ans en un point, ce lieu où tout s’accumule, où tout pèse, où les rêves défoncés d’éveil s’appuient ensommeillés.

Phyllis apprend de ses erreurs sous la pierre enchevêtrée et les échafaudages carcinogènes qui lui racontent, en surplomb, des histoires de dispersion. D’anéantissement. Et de parthénogenèse.

Elle dans son habitat naturel, démultipliée par la force des choses, tirant les racines et les tubes de chair, lance ses pistils à l’assaut du ciel et de l’enfer, quand tout rougit sous la poussée du songe ; Syphilis étend son emprise sur tous les envers de l’horizon.

460. Pour Cécité Des Ombres Portées : Extrême-Nord (6/4)

Posted in passage, pourrissement with tags on novembre 9, 2019 by 1000morts

Sous son cadavre le vide. North pousse vers le bas la probabilité de trouver du son. Un siège pour sa cathèdre utérine. Sous ses mains l’attente, les miettes de corps, le compost du vivant, les vers qui s’entortillent contre ses yeux et l’ongle des pierres aiguisées comme des chardons.

Henry North passage vers le néant.

Une porte à sa silhouette. Creusée de veines à la forme de ses doigts.

Les baleines échouées, leurs formes énormes contre le ciel de la nuit, la nuit en volume, la nuit en creux, un son qui dit le passage, North au-delà s’enfonce de la terre sous les ongles, une terre qui ne vieillira pas. Boucan dans le vaisselier, il se bouche les oreilles, verres assiettes services brisés, et sous la lune de sang, North émerge à Tikal fredonnant aux esprits un air de flûte répétitif comme un corps enchaîné et la cécité des ombres portées.

459. Voyage Au Cœur De La Colline Intérieure : Sous L’Angle De La Maison-Sorcière IV

Posted in demembrement, fantôme with tags , on novembre 8, 2019 by 1000morts

Après elle, l’espace où tout finit. Monte-charge vers l’infini des enfants désossés, boire le verre au plus vite, cet état où le bois verni disparaît dans son ouverture, plateau articulé, corps qui se momifient dans la certitude, des raccourcis plein la bile, danse des cheveux dans un siphon de musique, ici les hommes se tordent en nuée, ici les femmes changent de nom, et d’ores c’est les carreaux qui déchirent la structure d’un étage en raz-de-marée, et déjà la musique estropiée des généalogies coagule sur une faïence amère. Ici apparaissent les contradictions qui étirent le sourire. Ci-gît l’attente aux cheveux gris. Images qui se tordent sur elles-mêmes, souvenirs d’une carrière gâchée, planisphère des familles du fer de la cordite et du calcaire. Odeur de quelque chose qui ressemble à un viol. Ici dans le carré des pierres arrachées aux bras des hommes, servitude volontaire d’un système perdu, pendu à ses lèvres, à elle qui hante les couloirs d’artères, son fantôme immense, ses yeux à la fenêtre qui n’existe pas, et toute une enfance gâchée dans un carré d’un mètre de côté. La fenêtre de bois. Montée écarlate vers des espaces, incertain, l’échappée aux chiens à crocs, pas ici au-delà de la porte et sur l’escalier des trouées dans la jambe, mais ici, au mètre carré, quelque chose comme l’écho des passages, savoir que tout le monde s’y retrouve, et que l’organisme général plonge ses racines dans la terre marneuse d’une colline intérieure.