Archive for the munchhausen Category

265. Les Mains Au Collet, La Tête Dans Les Flammes

Posted in munchhausen with tags on novembre 19, 2009 by 1000morts

Les mains de Lodger se sont détachées du corps disparu, électrifiées par la discontinuité du toucher. Le Marcheur lui-même a les yeux qui bavent et ses bras tremblent, toute bouche de son corps commence à exsuder, sa température interne monte en flèche, Lodger bouillonne et son sang et son eau et toutes formes liquides de son esprit ; Lodger, pris dans le jeu d’une marche interrompue, a la vision d’un oiseau qui s’enfuit d’un collet en abandonnant sa tête derrière lui.

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237. L’Alchimie Du Kevlar Mental

Posted in munchhausen with tags , on octobre 23, 2009 by 1000morts

On mettait le pied dans le Waldorf Astoria, et cela pouvait nous mener à toutes les chambres. Comme d’entrer dans un fleuve en crue, me rappelait une phrase ancienne, dont les couloirs sont les affluents, et le delta d’ascenseurs menait ici toujours vers le haut. North tâtonne dans sa poche. Ses plusieurs vies sont bien rangées à l’intérieur de sa veste, contre sa poitrine, trois tubes d’acier soudés et clos de cire.

Sa moustache, qu’il lisse, lui fait un ramassis d’ombres au milieu du visage, North détonne dans un paysage glabre, huilé et brillantiné, rasé de frais et tiré à six cents épingles. Lui sortait d’un long voyage, un poussiéreux parcours de souvenirs et de chausse-trappes, la même diligence qui l’avait emporté, à moitié mort, vers son lieu de délivrance.

Son reflet sur une colonne de marbre poli : la silhouette passée d’un fantôme, encore musculeux malgré la mort, et déjà la lecture des dernières runes, sur la peau cachée par les vêtements. North ne s’est pas contenté de pianoter : il a joué des aiguilles devant l’âtre, avalant son encre noire par ses mille bouches épidermiques. Des formules chimiques, codex mathématiques, éphémérides du futur, une armure de kevlar mental faite passer à la vodka.

Et North s’avance vers le robot couleur chair derrière son comptoir de basalte à lambris.

065. Lorsque Nile Se Projette En Astral

Posted in munchhausen, sacrifice with tags on mai 4, 2009 by 1000morts

Lorsque Nile habite à nouveau le rouleau de pellicule originel des Cités, la bobine frissonne légèrement dans son acier. Et les ombres projetées, dans le coffre fort où elle est enfermée, rejouent la sarabande de Yule et Thulé et s’arrachent leurs yeux de pétales en agonisant les nuits de typhons.

060. La Lanceuse De Tempêtes

Posted in magie noire, munchhausen with tags , on avril 29, 2009 by 1000morts

Ses cheveux roux roulent comme une toux amère sur sa poitrine plate. Liz-la-Tachée, avec sa selle des fées sur le haut du nez. Liz-la-Passoire, ses rousseurs empreintes du soleil hérétique. Née dans la misère, sa richesse taillée à même la roche intérieure. Elle devine et gamberge, déploie ses artifices, sa propre sagesse païenne, murmures ses borborygmes dans sa soupe corticale, comme un ruban qu’elle tord en se contorsionnant. La fumée des six essences, et sa propre septime vapeur du corps, Liz-la-Brume clarté défonce la porte de son origine et, furie, déchire sa peau pour passer à travers.

014. C’Est La Varicelle Des Morts

Posted in munchhausen with tags , on mars 14, 2009 by 1000morts

– C’est la varicelle des morts.

Toutes les petites croix faisaient un vertige, un pouls au bord des yeux. L’air était jaunasse. Ça fouettait sévère.

– T’aurais pas oublié des morceaux, des fois ?

– J’sais pas, impossible de compter s’il en manque.

– Essaie encore.

Tout ça faisait comme une substance de chaleur mercurienne, celle qui aurait eu quelque chose à voir avec le bruit étouffant d’un venin. On guettait l’arrivée des suivants. On guettait la réponse. Les recrachats de la terre, en plein dans l’ironique menstruation de l’Ecole Mécanique De L’Armée, près de la côte, en face de rien.

Qui était-elle ? Drôle de question ; vous voulez dire : maintenant, ou avant ? Hier était jadis. Un jour on est vivant : la veille c’est de la fiction.

 

Elle savait juste que la terre était une pellicule de création, un papier à cigarette comparé aux blocs de ciment qui l’abandonnaient ici. Entourée des autres. Entourée des pages blanches griffonnées, parcourues du frisson exponentiel. Parcourues du raclement souterrain.

 

Les petites croix mutaient, en fleurs d’un rouge formidable. Et ployaient, ployaient juste pour le plaisir du verbe. Elle était là, tâtonnant sa main sur l’enveloppe, pose du cadavre ; la tige en l’air comme quelque danseuse de Sinhef Zone³, les globes étalaient partiellement l’acier du secret innombrable à la surface.

– Il y a un obstacle majeur, qui que tu sois.

– Ouais ?

– Ouais.

La voir se lever, épousseter sa vieille mue, abandonner une patte et l’autre, tailler la route en morceaux. On la suit, elle marche et traverse les filaments entre les trous, petites apparitions hyperlocales. Ce visage avait le bruit d’un supersonique rasant, mais en l’air nulle trace : pas d’ombre pour oblitérer le ciel.

Tel qu’elle était en son passage. La suivre parmi les ­champs de pavots inverses.

 

Une croix penchée par la rouille, fer forgé par les vers, pointe la diagonale de l’enfer. Droit vers un tas de pierres floues, où elle s’engouffre quelle qu’elle fût. La maison avait poussé au cœur d’un sycomore où grouillaient les lentes. Un icare du sol.

Le pavement s’éclaircit : ça donnait à penser. Quelque part entre l’allonge et le bout de la table enterrée, pourrissaient ses pas qui disparaissaient trop facilement. Justement, on la suivait avec son ombre qui bougeait comme contrefort des nuages.

Quelque part entre les grilles, à l’entour des pierres crevées.

 

La folie bizarro était chez elle, bâtisse aux mille deux cents pignons, la Maison-Aux-Poussières-Mouvantes. Elle se déplaçait d’un plan à l’autre, traversait les jonctions, perçait la peau des lieux communs, des papiers à cigarette, des parois exogastriques qui la digéraient et la restituaient, vibrante, à l’éloignement.

Résumé de Liz-la-Morte, intervention liminaire, s’extirpant de la terre souillée en Tikal, la Ville-Aux-Esprits, où soufflent les cent mille vents du Grand Satan Hardcore.

Liz-la-Passeuse, et si pour cela elle devait faire sacrifice de quelque part vitale, pourquoi pas ? Le jeu en valait la chandelle – surtout lorsqu’on tente de gruger le contractant.