Archive pour octobre, 2019

451. Comme Incantation Des Terres Qui Dégorgent : Contemplation de L’Ombre Déchiquetante V

Posted in demembrement with tags on octobre 31, 2019 by 1000morts

Au paradis des pièces de couleur successives, les accords de la chance, sa mécanique intérieure prend des ratés pour des traits de génie. Rossetti ses battements de cœur intermittents, la tyrannie des mariages invoulus. Long métrage douloureux projeté sur grand écran, le grain des chairs en gros plan, chaque regard vissé à sa veine, lui ténu debout devant la foule, attaché au premier rang, des paires d’yeux braqués comme flingues sur sa tempe, tous ces gens essoufflés, la toile derrière lui palpitante d’images d’alcool, de lumières atrophiées, de scènes où des filles acceptent tout, où tout part d’un meurtre rituel, des messages au mur, viande grillée, où tout part d’une disparition et d’un retour.

L’agenda caché d’un homme aux tatouages mal placés.

Ses sceaux sur la peau ne veulent rien dire. Répétition du vide. Cage d’escalier qui aspire. Poumons se gonflent. J’entends les chants du vide, il pense. C’est pourquoi je suis ici, dans l’escalier à moitié descendu, quatre ou six ou huit marches vers le cocon, puis un garde-fou, puis le tout-venant.

Rossetti, projetée sur sa peau l’encre de son âme, son algèbre des descentes aux cercles, le jeu des anneaux sur bras tendus, triomphe de l’écartelé, et ici, sous ce ciel tatoué, des nuages faux et l’odeur du porc grillé, ici sur la femme qui enfle et la terre qui dégorge, ici Rossetti étend les bras et accueille en son sein, comme des mouches aux flammes, l’incantation des cordes qui claquent et des visions brisées.

450. Incantation Au Magistère Des Mouches : Messie Noire I

Posted in defenestration with tags on octobre 30, 2019 by 1000morts

Icônes sur les murs, ceux du couloir-mausolée, sous la toile qui s’embrase ici, les chambranles qui vibrent et qui éclatent, la peau de bois se fendille, l’âme de Messie s’en échappe et rassemble sa nuée de mouches sous la verrière, les carreaux éclatés de vert et d’orange, et par-dessus la vision de monticules de poussière et d’acier, des silhouettes qui ne bougent plus, penchées sur leurs articulations, muettes, musée mort, tessons sur le sol de l’escalier qui grimpe, coude sous la fenêtre, les marches se déploient comme des membres, et quand Messaline Elssler enjambe le parapet, c’est tout le ciel qui s’inverse pour la cueillir en son envol.

449. Échappée Dans Les Robes De Clés Internes

Posted in pourrissement with tags on octobre 29, 2019 by 1000morts

Ici, tout s’espace.

La poussière, fragments de corps, tous les temps du corps rassemblés en l’espace clos, tous les espaces du corps réunis à l’instant T, dessus la fresque, dessus le lustre, au-delà du ciel, l’enfer qui surplombe, écrasé par la nuit, Phyllis accroupie sur les rouages, inspire longuement les particules.

Sa peau lavée de cierge. Passée aux flammes du grand lustre. Luisante de vide.

Passée par tous les stades du manque et la géométrie, l’algèbre du remembrement, elle, Phyllis, parcourue de frissons, fébrile en sa fin première, dansant immobile dans le vent faible, à peine les flammèches s’estompent avant de revenir, sous elle la catatonie massive, et au-dessus le tunnel vertical vers les trous noirs qui font le paradis.

Syphilis dansante aux bois de cerfs, l’un brisé et l’autre fier, pointe vers la craquelure dans le plâtre aux formes qui s’amorcent dans la pénombre de sa chair ouverte.

Ici est tout. Le reste est en bas. Tout en bas.

Elle demeure pour montrer la voie, pourrissante comme un cadeau, debout dans sa fange interne, cœur brisé offrant ses ventricules, et la viande noire grésillant dans les câbles électriques, sonne l’hallali quand elle referme sur elle les pans de sa robe de clés et de serrures organiques.

448. Glass En Son Cocon Gastrique : Double Abîme Scalpel Éternel II

Posted in famine with tags on octobre 28, 2019 by 1000morts

Ses visions de soi, toile articulée, une viande proche de la sienne, crocs de la faim, trop de pattes, trop d’abdomens en dehors, des choses qui pendent au plafond, dans les angles absolus d’une pièce qui n’existe pas dans ce monde.

447. Wier En Danse De Rage Comme Apostat Des Accouplés

Posted in immolation with tags on octobre 27, 2019 by 1000morts

Et sous sa peau d’obscur, l’homme aux grimoires de tout basalte, une moitié de visage offerte aux bâtiments immenses, ressac contre sa joue, cris de proie dans les rouleaux, écrasée sous la pression, éclairs traversent les parois d’eau et changent, passent par l’irisé et la contre-couleur, « Mon Œuvre Au Rouge », la peau déchire sous l’ongle palmé, autoroutes noyées par la mer, et son regret des batailles perdues, et sa haine des étoiles du matin abandonnées dans les opéras désaffectés.

Wier, ici officiant seul, autoportrait du robot, l’apostat des accouplés à l’ombre de l’océan, sous les gouttelettes qui fondent, acides, perméables, histoires menées jusqu’à l’extrême dans les cellules, et le cœur qui pompe, les poumons qui se gonflent, les cavernes sous-marines qui se chargent d’embruns et d’air, le trou noir sous la Ville, l’abysse vers l’espace, interzone des dédoublés.

L’angle des pénitences. Avancée sur la digue, piste d’atterrissage pour les symboles du jour et de la nuit. L’histoire duelle : Wier s’ébroue dans les foyers, enfante mille masques de la mort et la peste fait rage quand les organes s’inversent et rejouent le déluge aux dés d’os.

Wier, dressé dans sa rage, vertical au bord de l’aurore, face au soleil qui se couche au zénith, l’heure qui brûle au mois des songes, danse dans la chaleur montant des profondeurs. Et hurle sa rage aux échelles du Ponant.

446. L’Arthrose Au Puits De La Nuit : Sous L’Angle De La Maison-Sorcière II

Posted in mutilation with tags , on octobre 26, 2019 by 1000morts

Liz plonge en montant l’escalier, tourne dans l’éther figé, la glace du souffle, silhouette du troisième frère coupée en deux, l’un la plante dans le sol et récolte le désert, l’autre ente son âme en tube.acier dans les rangées de fruits et dégorge sa splendeur de dieu.

Sur les marches de pierre Liz bâtit son église. Un échafaud d’hommes et de robes. Enfant escamoté dans les placards magiques. Quêtes et troncs, la forêt cachée des soutanes, Liz se souvient et entrouvre la porte, sans jamais savoir si elle mène à l’escalier ou à l’enfer.

Au premier hall, fenêtre sur arbres, vent dans les feuilles, et le bois fixé sur les parois, le carrelage, les peaux d’animaux tendues d’un mur à l’autre.

Liz sent l’odeur des caillots.

Les écluses qui rompent. Jonction des deux fleuves en contrebas. Ses artères qui s’entrelacent.

Ses fibres qui claquent.

Liz frôle de la main les parois du songe. L’ampoule brûle lentement dans son cocon verre et cuivre. Jette des frelons sur ses bras, son visage, l’eau mouvante coulée par la lumière, comme bassin vitriol des dernières sorcières.

Peau du cou découpée par la lumière. Alterne pulsations et silence, pulsations et silence, dans la jonction muette de la main et du chambranle. De la main qui d’ores tranche son arthrose au pli organique de la nuit ; du chambranle qui déjà pousse sa sève d’os dans les veines gainées de xylophène.

445. Les Silhouettes Chancelantes Du Dernier Vitrail : Extrême-Nord (3/4)

Posted in poison with tags on octobre 25, 2019 by 1000morts

Lui, l’homme délaissé, avide sur sa couchette, dans le couloir aux émaux et camées, aux carreaux cuits dans la fonte et bleus de visages, aux serpents-dragons et vases rouges de suie, dans la vapeur photosynthèse et l’émanation de ce qui sort de l’aiguille, au bout du roseau la musique des attendrissements, les scènes schématiques qui disent l’avenir, vitraux du nord qui lisent la fin, sept chœurs en efflorescence, la femme au piédestal d’étoiles, les doigts plantés sur un croissant de lune, électrise les points de cornes quand le ciel bleu nuit, amolli par la moiteur d’un reflet sur l’océan, joue les portes contre elles-mêmes et les banquets du souvenir du sang versé.

Henry North, sa sépulture en point de crochet, signé sur le sable, gravé dans la créosote, cyanure pour l’or escamoté, silhouette portée sur les cimetières sous la lune, décale le soleil vers la droite, le fond, toujours derrière, vitrail du nord, celui où tout finit, le plomb que rien n’atteint, le verre que rien ne dégage de lui-même, aventures circulaires des pèlerins du diable.

North, porte de sortie des voyageurs du labyrinthe. Suivent le chemin jusqu’à l’extrême-centre. Fusionnent l’atome en éclairs de latence. Et destinent les carreaux de verre cuit en silhouettes chancelantes sur le chemin des caves irradiantes des centrales de Byble.