537. Reine Des Échos, Neige Sur Les Fréquences, Dynasties De La Fièvre : Détachement 2/2

Elle sent la toux monter dans sa gorge, Liz engoncée dans sa bière de viande et d’os.

Descendue aux terres asséchées, chaudes de pierres et d’animaux fossiles, la douceur de sa voix, de sa main sur sa joue, un baiser dans la paume, tête heurtée avant la chute, un frisson de froid ou de désespoir puis s’allonger sur le lit de labeur.

Donner des corps. Donner des corps où s’incarner.

Respirer dans les tuyaux plastiques. Le goût des machines.

Trouver le remède, la chimie d’oublier, ces bruits jaunes d’amertume.

Elle tourne et se retourne, et ces bras qui l’enserrent, les fleuves rendus sourds aux supplications, ces peaux disparues, que la chair brûlante, la chair brûlante, le chant de la viande exacerbée, se jeter d’un immeuble, accélérer les couloirs, répondre aux démangeaisons, le virus d’en finir, escalader les grues éloignées, planer dans le vent des matins, elle tombe dans les bras d’un fleuve de larmes, les yeux noirs, cohérence et cohésion, ces peaux écailleuses où elle se perd, elle porte le masque d’alcool, je suis désolée.

La honte de prononcer ces mots.

Les mains dans sa bouche.

Dans ses bras à lui.

Un mausolée de bois enflammé.

Reine des échos dans les corridors vides.

Massacre du retard. Je suis désolée.

Elle, perdue derrière les paupières closes, ne peut que sentir le monde renoncer lentement.

Dans les prairies du jour supplémentaire, le vrai sang des herbes, dressées comme des antennes, captant les fréquences et les stridulations des félins, maladies anodines, courbes d’échines sous la pression des tropiques. Constellations noires dans l’estomac. Leurs griffes plongent au cœur. Cirque de la tranquillité. Quelque chose de l’apaisement, de la désolation industrieuse, de la volonté de continuer, d’être là et de rester, pour autre chose, pour quelqu’un d’autre, la bonne excuse la bonne excuse.

Sous ses pieds le bois puis rien, puis les mains qui la détachent, esquissant des rires et la grande fête des disparitions. Quatre et trois. Fatigue des conquêtes.

Elle dit, je suis désolée, quand l’eau monte à la rencontre du brouillard.

Neige sur les fréquences parfaites quand nous tombons tous.

Aux frontières du feu, elle renonce à toute intégrité. La forme intérieure de son crâne. Clé de ses serrures internes. Je suis désolée.

Recueillie comme un verre d’eau sous la lune.

Précise comme un oiseau parti pour le Levant.

Pour un désir de vrai sang.

Au prix des désolations.

Son cœur battant rendant les armes.

Face à la falaise, à la fois au pied et au sommet. La compacité et le vide. Et partout, la profondeur. Songes de caves électriques. D’anfractuosités mécaniques.

Elle baisse la tête, touchant l’épaule de la joue, tissu elle-même dans les bras d’une autre, drap de chair, montants d’ossements, un drapeau noir aux doigts calcaires, réchauffant ses cuisses à elle tout en planant vers le sol, vers le vide, tenue à bout de bras, dévissant vers les profondeurs, son amour à elle comme un puits de goudron, chiens abandonnés parmi les pneus, tout est bon pour oublier la vie, dernières photographies volées à la vie, sables du bitume, dynasties de la fièvre, massacre des corps tournés, du temps passé à envisager les combinaisons, ceux qui souffrent et ceux qui souffrent moins, la musique d’un autre jour comme celui-ci, bruit des radios bloquées sur les extinctions, poussées dans les yeux, combattre les pensées, combattre l’infection, je suis désolée, je suis désolée,

je suis désolé.

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