Archive pour waldorf astoria

335. Retour De Messaline Au Waldorf Astoria Du Diable (6/6)

Posted in reproduction, torture with tags on janvier 28, 2010 by 1000morts

14e au 229e étages. On Entre Au Pays Des Morts.

Un univers unique, fruit fusionnel des 215 étages supérieurs. Une reine. Une matrice. La parfaite incarnation. Un univers du développement, de l’expansion. Les voiles se tendent. Le vent se lève. Les vagues se creusent sur le fil de l’échine. Eclatent leurs outres d’hydrogène. Les cocons de cuir qui pendent, gobés de l’intérieur, sèchent, composent de nouveaux globes, participent de l’évolution.

Le choix de l’unique, de l’autosacrifice, de la permanence de la souffrance. De l’augmentation de soi. Du trépan. Du rasoir infini.

333. Vision De Nile Dans L’Interzone

Posted in fantôme, operation chirurgicale with tags , , on janvier 26, 2010 by 1000morts

L’horreur du chiffre, culte de la fenêtre rouge et de l’ascenseur qui ne remonte jamais, Rossetti s’endort hanté dans les couloirs de l’hôpital, jusqu’au jour où il trouve cet étage particulier, plutôt un entre-sol où se rejoignent deux anciens, très anciens bâtiments. L’un est le Waldorf Astoria ; l’autre mène au Lyceum réaffecté en asile psychiatrique. Prison des âmes, pénitencier des inanimés. Il demeure interdit devant cette parfaite forme du Y. Et siège en cette intersection telle, hystérique, une madone aux trépanés.

332. Retour De Messaline Au Waldorf Astoria Du Diable (5/6)

Posted in demembrement with tags on janvier 25, 2010 by 1000morts

13e étage. Le purgatoire. Une pièce d’échelles, définition de l’être humain, sur chacune à la fois. Monte, descend. Est écartelé. Membres pris entre les barreaux. Et toujours cette immonde obligation du déplacement.

Mécanisme obturé dans la danse des roues. Ça coince au niveau des jointures. La dégénérescence se déploie. Et trouve ses enfants dans des poches trouées.

330. Ciel Du Soleil D’Acier IV

Posted in fantôme with tags , , on janvier 23, 2010 by 1000morts

– Dans quelle fantasmagorie de l’ordure vis-tu ?

SteelSun parle à une silhouette en creux, dernière définition des spectres.

Messaline n’est plus.

Qu’un souffle d’air qui recule dans le patio ; qu’une histoire qu’on se raconte entre femmes de chambre ; qu’un pourboire laissé sur un lit au milieu des taches.

329. Retour De Messaline Au Waldorf Astoria Du Diable (4/6)

Posted in poison, reproduction with tags on janvier 22, 2010 by 1000morts

3e au 12e étages. On s’enfonce. Les tripes de l’Astoria plongent au milieu des nuages, où la vie s’effondre sur elle-même. On croise des champs de pavots, des creusets d’acier fondu, c’est le plan des guerriers, on monte dans la hiérarchie. Des horreurs à plusieurs jambes passent entre les feux. Le noir trime, il produit à plein, c’est l’ère des industries, du mensonge de masse, des léviathans, des nouvelles créatures. L’ère des procréations assistées, de la multiplication du sang. De la dilution du même.

Les miroirs partout possèdent des axes impossibles. Il faut des milliards de sacrifices pour une puissance identique. Le métal par plaques mouvantes sur les paumes. L’alchimie de l’épuisement.

La fiole se vide. Le poison se déverse. Les barreaux commencent à bouger de leur vie fœtale. Le souvenir du vide frappe contre la vitre. Comme un anophèle contre la lumière.

326. Retour De Messaline Au Waldorf Astoria Du Diable (3/6)

Posted in disparition with tags on janvier 19, 2010 by 1000morts

2e étage, celui des prévisions, des cartes solaires, des atermoiements, de la nostalgie du futur, des effritements. La peinture s’écaille, les sirènes de police sont dans les conduits auditifs, et la répression fonctionne si bien que les paroles n’ont plus cours. Nous sommes protestants, nous affrontons la nature dans ce qu’elle a de plus dégueulasse.

C’est le niveau des artificialités, du plastique moulé, du blanc et des encaustiques. La tiédeur du pétrole contre la peau, une beauté mécanique, la grande perfection des mannequins modernes. L’amour total qui naît du coma. Le niveau des vibrations derrière les parois, de la douceur, des tissus indéformables, des matières primaires, de la couleur unique. De l’attente aussi, la misère, et l’oubli misérable.

C’est une tristesse qui flotte sous les globes, entre dans les narines, parcourt les systèmes, les billes de mercure, les dérivés, tout ce qui sent la main de la femme.

L’étage, la dernière fois que nous l’avons visité, semblait disparaître.

S’estomper.

Couler dans l’éternel répétition. Nul n’y survivait.

Le 2e étage, où la vie s’était figée, où le codex prévoyait le passé.

Iris qui se ferme. L’heure est aux remembrements.

La vie à l’envers. Accumulation et sang mêlés. Quelque chose comme une poupée de griffes qui abriterait la clé des sous-sols.

323. Retour De Messaline Au Waldorf Astoria Du Diable (2/6)

Posted in maladie, passage with tags on janvier 16, 2010 by 1000morts

Entrée dans l’amnésie.

Les portes coulissent, closent la vision. Détournent l’essentiel vers des chambres plus obscures, vers des colonnes vertébrales, vers des dégénérescences cérébrospinales, vers des amyotrophies latérales sclérosantes, vers l’assoupissement, vers les auges, vers les loges où les empereurs règnent sur la vermine, où l’on peut enfin se faire chier dans la tête, où les troubles ne sont que ce qu’ils sont, vers la fin des complexes et des galaxies, vers les sutures mal faites, les séparations au cutter, les désiamoisements sauvages, les frayeurs volontaires, l’absence de clés dans cette cage d’escalier vers l’enfer ne nous effrayait pas.

Nous étions de passage.

320. Retour De Messaline Au Waldorf Astoria Du Diable (1/6)

Posted in maladie, metamorphose, mutilation with tags , on janvier 13, 2010 by 1000morts

1er étage, des pièces sourdes, le plafond à quelques centimètres du crâne, l’impassible assentiment du lustre à hauteur des yeux. Des pièces sourdes, et c’est tout l’instrument du déclin qui susurre derrière les rideaux d’organza. C’est l’étage des échanges, des communications, de la magie blanche. Des vases de recueillement, du lilas et du lithium en cachet.

Celles et ceux qui échouaient ici avait la gorge enflammée. La peau gonflait. Ils finissaient par ressembler à des squales. Avec des hauts de forme et l’assurance d’être torturés dans leur chair. Certains lisaient. Les autres violaient une jeune chienne.

L’étage des assoupissements, du dross, des assassins.

Au bout du couloir, la ligne de vie fait un T, une bifurcation qui ressemble à un dernier baiser. Trois portes. Une seule mène au couloir suivant. Les tapisseries cachent des pièges à loup. Y passer la main, c’est désirer la vie de couple pour encore applaudir. A l’ombre des portraits qui bougent, des carrelages électriques, les frottis vaginaux tournent mal. Se dédoubler pour être enfin seul.

Le 1er étage s’espace, gagne en profondeur, réarrange ses épis, moissonne les nubiles, préfigure l’anéantissement dans un simulacre de coït.

314. Ciel Du Soleil D’Acier III

Posted in demembrement, destruction with tags , , , on janvier 7, 2010 by 1000morts

Messaline s’arrête pile. Leurs pas les ont portés loin des docks, loin des marchés noirs, jusqu’aux places du centre-ville. Les avenues y sont larges, les plans réguliers, l’architecture s’élance et s’entrechoque avec aisance, la lumière des néons n’a rien de sexuel, juste le talent des slogans et l’art des éclairages. Le quartier cardiaque de Byble, ses ventricules à fric, sa veine-cave diagonale qu’empruntent les voitures de luxe et les semi-tanks des transports de fonds, la vie à l’odeur de billets, l’âme qui troque son acier contre l’aluminium et le cuivre des courroies de transmission. Messie est en son territoire, reine absolue parmi les impératrices, la mère de toutes les perles, son destin lui est exposé en rouges et bleus clignotants. Jusqu’à ce qu’une silhouette massive, un gouffre s’élevant jusqu’au ciel inférieur, la cloue sur le bitume et déchiquète couche après couche de pensée. Et c’est dans une vape de courants descendants que Messaline pénètre, peut-être à nouveau, dans le Waldorf Astoria Du Diable.

313. Le Dernier Voyage De Chrome Sous Sa Forme Actuelle

Posted in maladie, passage with tags , on janvier 6, 2010 by 1000morts

Qu’a-t-il vu sur la carte du monde ?

Une tumeur, purulant au coeur même de la cité. Une araignée gigantesque, sur le dos, les pattes retournées sur elle-même, comme plantée au sol par une pique longtemps disparue. Et cette lumière oblique qui tombe sur elle, cette pluie d’or qui enfante, ce revenant fertile, lui redonne la couleur de la rouille coagulée.

Mais il sait que le Waldorf ne le laissera pas entrer. Pas cette fois. Il doit ruser. Trouver des voies détournées, y compris dans son propre esprit, pour esquisser un Passage des passages, une méta-circonvolution, un voyage autour et tout à la fois au centre de la Terre.

Sauf que ce sera le dernier voyage de Chrome sous sa forme actuelle.