Archive pour cut-up

157. Derrière Les Couloirs De Cendres

Posted in devoration with tags , on août 4, 2009 by 1000morts

Tout l’univers dans la neige à l’écran, le bruit blanc/lumière blanche, taches de poussière agglomérée qui se pourchassent, musique d’ambulance au fond de la ville, qui s’arrête brusquement une fois le carrefour franchit, et reprend juste sous ses fenêtres, fait vibrer le verre presque vide, Glass se parle à l’un de ses lui-mêmes, s’envoie la fin de son verre et en frotte les parois intérieures avec un doigt et le lèche et renverse la bouteille dans le verre. La neige télévisée commence à réagir, Glass saisit un crayon et la fixe, ses paupières ne clignent pas, ses cils ne frémissement plus, ses yeux sont deux longs couloirs noirs de gaz garbonique où s’engouffrent, affamés, les papillons et le parfum de la cendre oculaire.

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007. Les Noms De Tim S. Glass

Posted in meurtre with tags , , , on mars 7, 2009 by 1000morts

«Le Rouquin, c’est Glass, il lui arrive toutes sortes de trucs pas très courants, il entend des gens hurler dans un couloir vide, il voit un gosse bleu translucide passer d’une pièce à l’autre en rigolant à travers les murs, ce genre de choses, les cliquetis de chaînes et tutti quanti, et tu penserais qu’il s’en servirait pour son job, noooon, Monsieur Tim S. Glass c’est du sérieux, ça vous découpe un journal en branchant sa radio sur random search, ça mélange les morceaux et recolle le tout au pif, ça lit le résultat d’un air bien concentré comme il faut, branché sur le bruit blanc d’au-delà des stations de radio, et ça vous prétend résoudre des énigmes enfermées dans un coffre plongé au fond d’un puits, bah…»

«En plus, j’ai entendu dire qu’il se livrait à des orgies du type sexuel avec des jeunes gars du port, en vrai bien dégueulasse si vous voulez mon avis, on l’aurait vu avec les Jumeaux Olivâtres dans un boui-boui échangiste à costumes, un leather sauna tenu par une grosse blonde à nichons qu’on n’appelle plus – on la touche, juste… – il s’est fait un tas de potes dans le milieu, mais il ne porte pas son nom alors, ça non…»

«On le voit bien, là-dessus, tenez – vous permettez que je dépose la photo ? – voilà – c’est flou, vous trouvez ? – non, pas vraiment, regardez mieux – plus près – plus prèèèès…»

Elle défit sa peau de mitaine ses lambris de chair opaque et reprit sa complexion vert d’eau pâle, laissa la rouge essence faire gonfler le formica de la table, s’insérer entre les couches de cellulose compressée, écarter les veines de pseudo-bois, faire craquer le cercle de fer et éclater les échardes superficielles dans la peau qui la surplombait, le parchemin laminé qui, coccinelle écrasée dans un bain d’eau bouillante, achevait sa mutation au cœur même de la vie.

Elle avait changé de partenaire lorsqu’un sourire défigura le cadavre, que sa viande claquait comme il se relevait et abandonnait la table échouée comme une touche géante d’ancienne Remington, quittait la maison de passe et s’engageait dans une impasse dont il ne revint pas. Johannes Wier échappa dans un léger flash, juste un frôlement des paupières du soleil. Il savait ce qu’il voulait savoir, le reste serait confirmé par les événements polaires. D’ici là…