Archive pour novembre, 2009

276. L’Hallali Dans Les Caves De Notre-Dame-De-La-Douleur

Posted in etouffement with tags , on novembre 30, 2009 by 1000morts

North touche au but, il est dans les étages inférieurs, touffus comme une jungle de carrelage. Il s’y estompe, laisse la gangrène mâcher ses extrémités, abandonne des morceaux, l’homme porté disparu dans l’extrême-centre joue les kamikazes d’opérette dans une chasse à courre sans destination. Objectif : les pièces basses. Les bouts qui ne se revendent pas. L’éclat des mouroirs, leur parfait agencement panoplient leurs mille reflets dans les becs Bunsen. Les tétons de laiton, les trucs qui ne se recousent plus, les inutiles, les superflus, les en-trop, la collection des recueils sans préface, et voilà que North parvient dans la dernière pièce avant le grand saut, l’arsenal des fantômes, l’asile des rebuts, il saisit Rossetti à la gorge au moment précis où celui-ci s’engage dans le mur du fond, saisit Rossetti à la gorge mais ne referme les doigts sur rien que du sable pailleté d’os de colibri.

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275. Traumas Différés, Comas Hypnagogiques – Quatrième Type

Posted in etouffement with tags on novembre 29, 2009 by 1000morts

La colère-serpent de Nile, ses anneaux resserrés sur la gorge en tatouent l’interne agencement. D’ores proie et déjà prédateur, Rossetti égrène ses noms dans les ailes qui s’escamotent, Notre-Dame-De-La-Douleur et son odeur de volières, la trame qui s’y effiloche, ce qui se passe derrière les paravents et dans les arrière-salles d’opération. Obscures. Changées. Traumas différés, comas hypnagogiques. Et l’homme des Cités tendra la main, bandera le muscle, serrera la vie dans son poing jusqu’à ce qu’elle étouffe.

274. Jusqu’Au Passage Des Fleuves

Posted in poison with tags on novembre 28, 2009 by 1000morts

Les couloirs s’autoalimentent autour de North. S’enroulent comme des serpents autour de sa taille. Pénètrent son cœur et entaillent ses ventricules. Les anguilles dégagent leur électricité. Seul, les méandres sont pour lui. Il avale les bruits, les lumières crues, les pharmacopées de l’hubris. Jusqu’au passage des fleuves.

273. Vision De Lodger En Satan Lapidé

Posted in meurtre with tags on novembre 27, 2009 by 1000morts

Arrivée dans le réfectoire. Cette tache en forme d’élan, cette tête et ses deux envolées, rouges, au mur, les frères qui épongent au sol, d’autres assis bien droit sur des chaises, le regard dans rien, les yeux plus clairs que l’eau qui purifie, et Lodger, Lodger au centre de la pièce cathédrale, sa pourpre grise à la lueur de néon, dressé cardinalice et tel un phare au milieu des tempêtes, donne ses ordres pour creuser le sillon et organise la lapidation des stèles de Satan.

272. Le Syndrome D’Euryale IV

Posted in calcification with tags , on novembre 26, 2009 by 1000morts

« Je sais que tu m’entends, je sais ce que tu es. Tu es le plafond de verre au-dessus de cette ville fausse, le confluent des fleuves sous terre, les bissectrices et les ordonnées, les noeuds telluriques, les angles obtus, pointes et concavités. Tu m’obéis en sachant qui je suis, L’Une Des Trois, L’Une Des Trois. Je suis survivance. Tes yeux de pierres voient le monde à leur semblance ; ainsi entendent tes oreilles. Le monde est lourd sous tes paumes appuyées ; son goût est celui du galet mouillé de salive, son odeur celle du moellon qui éclate percé par l’incendie. Je suis vision, oeil de chat émeraude, racines les plus anciennes. Tu es à moi », soupire-t-elle l’index pointé vers Glass, et depuis son banc opposé, chantonne doucement. Des ultrafréquences qui caressent sa peau de statue. Les yeux clos, les lèvres à peine mobiles, Euryale est un automate noir à six pattes recroquevillé dans la position du dross. De caresse, son chant se fait morsure. Laisse des sillons de griffures. Et craquèle comme une pellicule de calcaire la seconde peau de Tim S. Glass.

271. Quatre Points Noirs Sur La Peau De Liz III

Posted in demembrement with tags on novembre 25, 2009 by 1000morts

Seule entre ses parois, Liz, démembrée par l’écartement, ouvre la voie, laisse place, libère l’espace, et quatre forts chevaux n’ont pas assez d’une éternité pour en fixer l’envergure.

270. La Sainte Trinité Des Bandes-Sons De La Cécité

Posted in enterrement with tags on novembre 24, 2009 by 1000morts

L’aveugle se relève, énonce des oracles, dans la fumée des noix de muscade et les volutes du volcan souterrain. Il sort de la cellule, s’appuyant lourdement sur son bâton et pourtant marchant d’un bon pas, engendrant l’écho dans les couloirs déserts. Une lente et lourde marche, ses trois jambes contre la pierre, l’assurance de la cohérence. Toutes les partitions défilent derrière ses yeux, déconstruites et rapiécées à la va-vite ; portées issues des songes, clés des chants organiques, silences nourris des cliquètements, la sainte trinité des bandes-sons de la cécité.

Lodger, le visage relevé dans sa ténèbre, évolue parmi les brouillards colorés de son enterrement permanent.