Archive pour steelsun

362. Candeur Sucrée Tombée Des Plaies

Posted in involution, possession, torture, Uncategorized with tags on février 15, 2010 by 1000morts

Déplacé, SteelSun a laissé une silhouette de cendre, de quoi jouer les Fu Manchu de l’ombre quand retombe la gravité. Il a voulu cette combustion spontanée.

Elle lui a paru plus logique, plus évidente, comme retentissaient les coups sur la tôle. Ce qu’on entend en crise d’insomnie ; derrière le choc de la pluie, l’incessance des paratonnerres.

A toute vitesse, SteelSun recule dans le temps, emprunte des corps, saute de l’un à l’autre, pénètre les carapaces et les toisons, soupèse les grains de beauté, énumère les taches de rousseur, passe les selles de fée au tamis des malformations, SteelSun tératogénèse à toute berzingue et change de conception du monde.

D’un solipsisme latent, la candeur des torturés.

Publicités

344. SteelSun > Léthé > Colère Des Tranquilisants

Posted in demence, vampirisme with tags , on février 6, 2010 by 1000morts

Le danger que représente cette fille sur la toile projetée de son corps. Son regard de maniaque à la fin de la bande-image, les cordes qui grincent et s’écharpent, qui saccadent leurs mille thèmes monteurs d’angoisse, et la poursuite la suit longtemps après son départ, SteelSun abasourdi est toujours là, assis, accoudé, sa mémoire a perdu plusieurs minutes de conscience, du sang sur la pointe de ses doigts, la couleur mais non du sien, une voix aigre, des sous-vêtements qui révèlent tout, comme un coeur latent.

La pâleur de ses sous-vêtements, pureté du toucher, le secret bien gardé, l’intelligence des choses cachées.

La ténèbre de ses sous-vêtements, lame qui mord, main sur la bouche, l’échangisme individuel comme forme moderne de la schizophrénie.

Il a son instinct, il flirte avec elle puis c’est l’oubli. Les marques sur la peau. La colère des tranquillisants.

338. Une Fille Au Visage De Mouches Et De Scalpels

Posted in catastrophe naturelle with tags , , , on janvier 31, 2010 by 1000morts

Accoudé au bar, il boit des oreilles la soupe qui sourd du semi-piano dans l’ombre. Les tables sont à peu près pleines, elles lui semblent des canots de sauvetage où les naufragés trinqueraient à la santé du capitaine. Mentir ; se soulager. Tout brûler à la lueur de l’alcool. Noyer tout et son contraire. Entreprendre, sauter, oublier. Permettre à la moelle épinière de faire un tour, s’aérer sur les docks, tracer des rails de chance en élévation. Des vibrations sous ses pieds ; il n’y a pas de métro à Byble. SteelSun ne sait plus qui il est, jusqu’à ce que cette fille l’accoste franco :
– Vous êtes libre ?
– Je suis quoi, pour vous, un gigolo ?
– Vous prenez quoi ?
Le sol commence tout doucement à bouger ; le reste de liquide dans son verre balbutie son Coriolis inversé.
– La même chose. Dégagez.
– J’étais sur un coup, il est parti en fumée entre ici et la porte d’entrée.
– La même chose. Dégagez.
La fille en noir s’assied malgré tout, l’air d’être en paix avec le monde entier, ce qui a le don de le mettre en rogne. Les bonnes intentions, ça sert juste à justifier les pires saloperies, selon lui. Il s’en sort mieux avec une belle gueule qu’avec l’air paisible. Il sent sa chaise se soulever très, très légèrement au rythme des tremblements qui s’intensifient ; la sauce monte de plus en plus, ça lui file un mal de mer terrible. Il angoisse ; la nuit en finira-t-elle jamais avec lui ?
– Vous entendez ça ?
Le grondement ; il n’y avait pas prêté attention.
– On dirait un tsunami dans les fondations de la ville : je gagne quoi ?
– Le maître arrive.
SteelSun la regarde pour la première fois, et le visage de Phylis, extatique, transfiguré, semble habité par les mouches et des pointes de scalpel.

330. Ciel Du Soleil D’Acier IV

Posted in fantôme with tags , , on janvier 23, 2010 by 1000morts

– Dans quelle fantasmagorie de l’ordure vis-tu ?

SteelSun parle à une silhouette en creux, dernière définition des spectres.

Messaline n’est plus.

Qu’un souffle d’air qui recule dans le patio ; qu’une histoire qu’on se raconte entre femmes de chambre ; qu’un pourboire laissé sur un lit au milieu des taches.

314. Ciel Du Soleil D’Acier III

Posted in demembrement, destruction with tags , , , on janvier 7, 2010 by 1000morts

Messaline s’arrête pile. Leurs pas les ont portés loin des docks, loin des marchés noirs, jusqu’aux places du centre-ville. Les avenues y sont larges, les plans réguliers, l’architecture s’élance et s’entrechoque avec aisance, la lumière des néons n’a rien de sexuel, juste le talent des slogans et l’art des éclairages. Le quartier cardiaque de Byble, ses ventricules à fric, sa veine-cave diagonale qu’empruntent les voitures de luxe et les semi-tanks des transports de fonds, la vie à l’odeur de billets, l’âme qui troque son acier contre l’aluminium et le cuivre des courroies de transmission. Messie est en son territoire, reine absolue parmi les impératrices, la mère de toutes les perles, son destin lui est exposé en rouges et bleus clignotants. Jusqu’à ce qu’une silhouette massive, un gouffre s’élevant jusqu’au ciel inférieur, la cloue sur le bitume et déchiquète couche après couche de pensée. Et c’est dans une vape de courants descendants que Messaline pénètre, peut-être à nouveau, dans le Waldorf Astoria Du Diable.

311. Ciel Du Soleil D’Acier II

Posted in commerce with tags , on janvier 4, 2010 by 1000morts

– Et toi, tu es d’où ?
– Tu devrais plutôt demander : à qui es-tu ?
SteelSun l’observe intensément.
– Je suis marchandise. Je suis monnaie d’échange.
Il fait un geste de la main en direction du serveur, qui apporte deux verres pleins et fait disparaître les verres vides.
– Tu t’es vendue ?
– On m’a vendue.
– C’est ce que j’ai dit.
Cette fois, c’est Messaline qui appelle le garçon. Il y a un insecte dans son verre. Le serveur jette un oeil, repose le verre et s’éloigne à nouveau. Cela paraît beaucoup amuser SteelSun.
– Tu n’aurais pas dû. Tu l’as vexé. Et nous allons devoir partir.
– Vexé ?
– La tête de mante religieuse dans ton verre était un signe mais tu n’y as pas répondu favorablement. Toute la flicaillerie à la botte du patron va nous tomber sur le râble.
– Quel genre d’appel ?
– Une tractation, bien sûr. Allez viens. On file.

308. La Vue Pétrifiante De Sa Gorgone Laideur

Posted in calcification with tags , on janvier 1, 2010 by 1000morts

– Où sommes-nous ?
– Byble, ma préférée. La vie ici est comme un rêve.
– Ta vie est un rêve, mais par rapport à quoi ?
– J’ignore ce que je suis, si tel est le sens de ta question. Mais je sais où je suis. Byble.
– Tu parles d’un axe-soleil. Celui du Dharma ?
– Byble est une roue, en effet, mais pas un cycle de vie. Pas même un cycle de mort. Peut-être un peu des deux.
– Ou la logique de la vie appliquée aux champs de pavots inverses de la mort.
– On ne saurait mieux dire. On va boire un verre ?
– Tu es trop léger pour cette gravité, tu ne crois pas ? Et SteelSun, ce nom, d’où vient-il ?
– A force de Passages, je suis venu de partout. On ne peut tous recevoir un patronyme de danseuse écarlate.
– Tu te moques, tu souris mais tu ne m’as jamais vue danser.
– Comblons ce manque, veux-tu ? Je connais l’endroit. Un lieu en forme d’oeuf renversé. Ce sera parfait pour toi.
– Pour moi ?
– Et pour ton mode de nutrition. Suis-moi.
– Tu te moques à nouveau.
– Tout ceci n’est qu’un grand cirque, ma chérie. Un grand cirque lunaire. Et nous sommes reflets torturés, peintures animales, illusions de visage projetées sur une tête de plâtre sans expression. Tu comprends ça en débarquant à Byble. Et si tu ne l’as pas compris, c’est que tu n’as pas encore senti la ville tourner sur elle-même. Grincer sur ses fondations. Mirer sa réflexion dans l’océan. Et crier de rage à la vue pétrifiante de sa gorgone laideur.