Archive pour north

385. North Se Perd Au Jeu Sanguin Des Miroirs

Posted in maladie, meurtre with tags , on octobre 20, 2010 by 1000morts

North a l’impression de cet autre avant de réaliser sa présence.

Un instant, le siège à côté de lui était vide ; le suivant, on lui parle semble-t-il depuis des heures, à en juger par son propre épuisement. Le déferlement d’informations noie ses récepteurs, court-circuite ses terminaisons. Pourtant, le rythme du discours est incompatible avec le sien, il le sait. Pas tant sa vitesse, non, bien qu’elle soit d’une faiblesse quasiment insoutenable.

La tonalité adoptée lui fait mal, un mal profond.

Lui fouraille le ventre.

Il reconnaît cette voix mais elle est par trop déformée.

Un enregistrement passé au ralenti.

Un ralenti extrême.

Une voix qui lui dit quelque chose.

Une voix qui est la sienne.

Lui dit des mots qu’il n’a pas encore prononcés.

Le prévient d’atrocités qu’il n’a pas encore commises.

Lui détaille les coulées et les sections.

Lui dessine dans l’air ses massacres complexes.

Il réalise alors que l’autre c’est lui, son image projetée à ses côtés par un jeu complexe de miroirs, ricochets sur des bouteilles et des ampoules, des tissus luisants, les peaux en sueur et les muqueuses, des illusions en fragments recomposant son futur.

North se courbe alors en avant et vomit du sang dans ses mains, et tandis que la lame dans son fourreau pousse un cri de colère, clopine vers la sortie pour lui donner ce qu’elle désire le plus au monde.

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376. North Afocal Part Dans Toutes Les Directions

Posted in suicide, Uncategorized with tags on mars 1, 2010 by 1000morts

« On n’a plus le temps de s’effondrer. » Au bar, cette voix sort de nulle part. North a le regard vitreux. Sa rétine n’imprime plus rien. Quelque part en lui, le communisme auriculaire se répand malgré tout, malgré sa soûlographie, en dépit des blocages, des parois internes de son système lymphatique. Une colonie de fourmi passe le long d’une flaque sur le comptoir. Fait un détour, s’en imprègne, repart en zig-zag, shootée aux globules, défoncée aux vomis de stupéfiants. Un nanomorceau d’humanité, reproduit à l’infini, comme dans un palais des glaces.

North émerge mais en miettes. « Humant l’air elle s’élève dans le froid et l’azur des cieux morts. » North à la gueule de bois déteste les puzzles et tout ce qui réactive ses fonctions psychiques engourdies.

« Courir à la chute dans les bouis-bouis de l’armée où l’on trait le lait aigre à l’aune des sergents en bas nylon. » Trop complexe, North veut se tirer une balle.

Ses oeillades afocales se stabilisent. La forme accoudée à ses côtés lui paraît d’abord être lui.

369. Comment Le Rouquin Trouve Désormais Son Plaisir Dans La Famine Et Le Fouet

Posted in devoration, meurtre, Uncategorized with tags , on février 22, 2010 by 1000morts

Ca tintinnabule dans le fourreau de North. « Elle a faim. »

Le Dévoreur grince des dents, bave du sang, du feu, du pus, du foutre, en vain. « Tu n’auras pas ton meurtre. Pas maintenant. »

North sait patienter. Comment dresser les pur-sangs, leur inculquer le goût de l’holocauste plutôt que du massacre, le sens du cannibalisme enseigné aux omnivores. « La décision et l’offre me reviennent. »

Il sent la lame crisser contre le cuir bouilli, cela tient tant du regret que du plaisir, celui d’être fouetté par plus affamé que soi.

348. Glass, Une Lame D’Ombre Qui Chemine

Posted in devoration, meurtre with tags , on février 10, 2010 by 1000morts

Sa nouvelle ombre marche au pas, North reprend la route du Là-Haut. Retraverse les strates meurtrières des fondations de toute ville, prête l’oreille aux petits gémissements dans les anfractuosités, aux pirouettes des bifurcations, s’interroge : que faire d’un Dévoreur ? Et surtout : le Rouquin était-il destiné à cela ?

Cela peut paraître une question bien futile, une fois le sacre accompli. Mais tout dépend de cela, martèle-t-il en battant les pavés. Glass était-il prêt à être forgé ?

339. Vision De Glass Comme Reflet De La Vie En Creux

Posted in fantôme, meurtre, possession with tags , on février 1, 2010 by 1000morts

Il marche dans les couloirs sous la montagne mais ses pieds frappent ceux de l’autre à chaque pas. Attaché à un corps qui n’est pas le sien, Glass déambule, homme sans sommeil, voyant sans yeux propres, arme dans l’étui de North, plus terrible sans doute que le pire métal, condamné à dévorer les ombres de ses ennemis, leurs âmes d’obscurité, au service d’un tueur inanimé.

328. Eveil Des Races Obscures

Posted in demembrement, devoration, fantôme with tags , on janvier 21, 2010 by 1000morts

La congère lui transperce le foie. Cette somme d’incrédulité aspire la matière, la concentre en sa glace oculaire, tourbillonne entre deux monstres des fondations, les formidables gardiens du troupeau souterrain, toutes races obscures, celles qui traînent bordées de soie, celles qui perdent morceaux et lambeaux, celles qui ingèrent toujours et toujours meurent de faim, celles dont l’échine s’épanouit en éventails d’acier, celles qui s’enroulent sur un poing et s’endorment dans un océan de nuit, celles enfin qui hantent les cercles concentriques.

Le petit peuple pyramidal comme nation d’esclaves pour Glass, s’éveille au cri du maître.

Quand North plonge son poing dans le magma, son ombre ne lui appartient déjà plus.

327. L’Engendrement Mutuel Du Sud Extrême Et Du Nord Interne

Posted in immolation, maladie, reproduction with tags , on janvier 20, 2010 by 1000morts

Aux accumulations de l’extrême-sud répondent les frissons de l’ultra-nord. L’un perché sur le promontoire, l’autre étendu en lac de fusion ; le noir laiteux, suspendu entre cavité et dome, le rouge aveuglant, disperé en sa masse ; North surplombant Glass, un duel sans contact, une escarmouche de cécité.

Le premier au-dessus de sa mer de nuages, le second ce même océan intérieur, qui engendre la multiplication, scandant ses origines, déplorant la maternité et l’engeance, les cabinets de curiosités, les collectionneurs sans âme.

Mendiant aux mains vides quand il faudrait vendre, Glass aiguise ses armes du vitriol.

A l’inverse, North dégoupille l’incroyance et enfonce son poing dans le ressac.

Perpétue le son d’antimatière, perfore la poche amniotique, injecte la semence de vide et referme la plaie des laves.

Le temps à rebrousse-poil s’enroule jusqu’au pixel originel.

Et explose en infinies myriades.

Qui pleuvent leurs grèles, leurs affections, sur son visage à la peau blanche.

Trop blanche pour ne pas être mutagène.