Archive pour glass

444. Ses Yeux, Ses Yeux, Ses Yeux : Le Double Abîme Du Scalpel Éternel I

Posted in torture with tags on novembre 5, 2017 by 1000morts

Et cette cliente habillée de noir. Celle de l’absorption. Des infrasons.

Des heures qu’elle attend sur son fauteuil. Glass l’épie à travers le tableau noir, flashback dans les modes d’emploi de la nutrition déficiente. Celle qui exige des crocs au lieu des dents, et la famine éthylique à la place du sommeil.

Les adages défilent dans son esprit ; aucun ne s’adapte, aucun ne l’abreuve en sa nuit de pleine lune, aucun ne répond à la situation. Ses doigts courent sur le clavier. Les fréquences se succèdent. Se multiplient comme rats pris dans les vibrations d’un roseau, comme les enfants du paiement de la dette. La mythologie du commerce : tu me prends, je te donne ; tout le monde perd. L’épiphanie des sabots fendus.

La course en esprit de Glass : deux jambes amputées, balancements sur ses gros orteils, ses oreilles percées, les sons en sourdine, le monde qui s’efface en coulisse, le rideau s’abaisse, l’inconscience baigne son cerveau quand la cliente se lève, s’approche du bureau, le contourne, s’approche du tableau noir derrière, son visage à quelques centimètres, sa voilette frôlant la surface irradiée, et ses yeux, ses yeux, ses yeux-vortex chantent des libations aux dieux à tentacules, honorés d’une lueur rougeâtre qui fait glisser de la sueur dans le dos de Glass, qui le pique dans la nuque et le transforme.

– Herr Glass, la multitude…

La voix fait vibrer ses os des échos du scaphisme.

– … vous appelle dans la nuée du double abîme.

Glass, sa chair démultipliée se découpe dans l’immobilité éternelle du scalpel.

437. Où Glass Entrevoit Les Octosquelettes

Posted in metamorphose with tags on juin 24, 2012 by 1000morts

Cessation de l’arrêt, quand l’éternité s’enfourche comme un cheval de famine.

Son toit d’ardoises rousses. Ses jambes croisées prodromes d’éclairs.

Les bandes magnétiques défilent, sont stockées dans les arrière-boutiques doublées de plomb.

Glass épie ses clients aux rayons X. Entrevoit les octosquelettes, les tentacules raffinés, les yeux multiples fardés en pupilles fendues des veuves.

Maison du devin, demeure des océans, asile des réfractions. Où les échos des pas se répondent à eux-mêmes, dans le silence et l’épiphanie païenne des métaux lourds.

423. Vision De Glass En Tisserand D’Ombre

Posted in decorporation with tags on novembre 8, 2011 by 1000morts

Assis en tailleur, le Rouquin respire. Simplement. Il est nu. Voyez sa nudité. Le froid de l’asphalte. Ce vieux carton sur lequel il était appuyé il n’y a pas si longtemps. Et le bruit, soudain, le bruit d’un magnétophone dont on a pressé la touche [STOP].

Glass s’effondre.

389. Vision de North/Glass En Double Cascade Inversée

Posted in commerce, devoration with tags , on novembre 8, 2010 by 1000morts

Penché sur lui, il l’abreuve ; appuyé sur un vieux carton, il festoie. Troc des sécrétions et des dévorations dans les ruelles de la chair.

385. North Se Perd Au Jeu Sanguin Des Miroirs

Posted in maladie, meurtre with tags , on octobre 20, 2010 by 1000morts

North a l’impression de cet autre avant de réaliser sa présence.

Un instant, le siège à côté de lui était vide ; le suivant, on lui parle semble-t-il depuis des heures, à en juger par son propre épuisement. Le déferlement d’informations noie ses récepteurs, court-circuite ses terminaisons. Pourtant, le rythme du discours est incompatible avec le sien, il le sait. Pas tant sa vitesse, non, bien qu’elle soit d’une faiblesse quasiment insoutenable.

La tonalité adoptée lui fait mal, un mal profond.

Lui fouraille le ventre.

Il reconnaît cette voix mais elle est par trop déformée.

Un enregistrement passé au ralenti.

Un ralenti extrême.

Une voix qui lui dit quelque chose.

Une voix qui est la sienne.

Lui dit des mots qu’il n’a pas encore prononcés.

Le prévient d’atrocités qu’il n’a pas encore commises.

Lui détaille les coulées et les sections.

Lui dessine dans l’air ses massacres complexes.

Il réalise alors que l’autre c’est lui, son image projetée à ses côtés par un jeu complexe de miroirs, ricochets sur des bouteilles et des ampoules, des tissus luisants, les peaux en sueur et les muqueuses, des illusions en fragments recomposant son futur.

North se courbe alors en avant et vomit du sang dans ses mains, et tandis que la lame dans son fourreau pousse un cri de colère, clopine vers la sortie pour lui donner ce qu’elle désire le plus au monde.

369. Comment Le Rouquin Trouve Désormais Son Plaisir Dans La Famine Et Le Fouet

Posted in devoration, meurtre, Uncategorized with tags , on février 22, 2010 by 1000morts

Ca tintinnabule dans le fourreau de North. « Elle a faim. »

Le Dévoreur grince des dents, bave du sang, du feu, du pus, du foutre, en vain. « Tu n’auras pas ton meurtre. Pas maintenant. »

North sait patienter. Comment dresser les pur-sangs, leur inculquer le goût de l’holocauste plutôt que du massacre, le sens du cannibalisme enseigné aux omnivores. « La décision et l’offre me reviennent. »

Il sent la lame crisser contre le cuir bouilli, cela tient tant du regret que du plaisir, celui d’être fouetté par plus affamé que soi.

348. Glass, Une Lame D’Ombre Qui Chemine

Posted in devoration, meurtre with tags , on février 10, 2010 by 1000morts

Sa nouvelle ombre marche au pas, North reprend la route du Là-Haut. Retraverse les strates meurtrières des fondations de toute ville, prête l’oreille aux petits gémissements dans les anfractuosités, aux pirouettes des bifurcations, s’interroge : que faire d’un Dévoreur ? Et surtout : le Rouquin était-il destiné à cela ?

Cela peut paraître une question bien futile, une fois le sacre accompli. Mais tout dépend de cela, martèle-t-il en battant les pavés. Glass était-il prêt à être forgé ?

339. Vision De Glass Comme Reflet De La Vie En Creux

Posted in fantôme, meurtre, possession with tags , on février 1, 2010 by 1000morts

Il marche dans les couloirs sous la montagne mais ses pieds frappent ceux de l’autre à chaque pas. Attaché à un corps qui n’est pas le sien, Glass déambule, homme sans sommeil, voyant sans yeux propres, arme dans l’étui de North, plus terrible sans doute que le pire métal, condamné à dévorer les ombres de ses ennemis, leurs âmes d’obscurité, au service d’un tueur inanimé.

328. Eveil Des Races Obscures

Posted in demembrement, devoration, fantôme with tags , on janvier 21, 2010 by 1000morts

La congère lui transperce le foie. Cette somme d’incrédulité aspire la matière, la concentre en sa glace oculaire, tourbillonne entre deux monstres des fondations, les formidables gardiens du troupeau souterrain, toutes races obscures, celles qui traînent bordées de soie, celles qui perdent morceaux et lambeaux, celles qui ingèrent toujours et toujours meurent de faim, celles dont l’échine s’épanouit en éventails d’acier, celles qui s’enroulent sur un poing et s’endorment dans un océan de nuit, celles enfin qui hantent les cercles concentriques.

Le petit peuple pyramidal comme nation d’esclaves pour Glass, s’éveille au cri du maître.

Quand North plonge son poing dans le magma, son ombre ne lui appartient déjà plus.

327. L’Engendrement Mutuel Du Sud Extrême Et Du Nord Interne

Posted in immolation, maladie, reproduction with tags , on janvier 20, 2010 by 1000morts

Aux accumulations de l’extrême-sud répondent les frissons de l’ultra-nord. L’un perché sur le promontoire, l’autre étendu en lac de fusion ; le noir laiteux, suspendu entre cavité et dome, le rouge aveuglant, disperé en sa masse ; North surplombant Glass, un duel sans contact, une escarmouche de cécité.

Le premier au-dessus de sa mer de nuages, le second ce même océan intérieur, qui engendre la multiplication, scandant ses origines, déplorant la maternité et l’engeance, les cabinets de curiosités, les collectionneurs sans âme.

Mendiant aux mains vides quand il faudrait vendre, Glass aiguise ses armes du vitriol.

A l’inverse, North dégoupille l’incroyance et enfonce son poing dans le ressac.

Perpétue le son d’antimatière, perfore la poche amniotique, injecte la semence de vide et referme la plaie des laves.

Le temps à rebrousse-poil s’enroule jusqu’au pixel originel.

Et explose en infinies myriades.

Qui pleuvent leurs grèles, leurs affections, sur son visage à la peau blanche.

Trop blanche pour ne pas être mutagène.