Archive for the suicide Category

240. Glass Et Le Fantôme Félin De La Fille En Noir

Posted in suicide with tags , on octobre 26, 2009 by 1000morts

Glass claque la porte de sa chambre, emprunte l’escalier qui descend puis, se ravisant, opère un militaire demi-tour et monte jusqu’au toit. De là, la vue imprenable sur rien, le brouillard et la nuit. « Comme un promeneur solitaire au sommet de la montagne », se dit-il. Sauf qu’il n’est pas seul, que la montagne est en béton même pas armé, et que ses poches à lui aussi sont vides. Qu’opposer à ces deux yeux vides qui scintillent au bord du vide ? « Approche. »

La voix lui rappelle quelque chose, un goût métallique, une table ronde qui pue la sueur plus chère que l’alcool, des chaises en bois, un long miroir derrière le comptoir, des habitués surtout, et cette fille face à lui qui hurle à l’intérieur. « Approche, tu ne risques rien à faire le premier pas. »

C’est ce qu’on dit, qu’il pense, avant de marcher lentement. Un écho parcourt l’univers du vent, une silhouette qui marche sur le tonnerre, la vieille arcane du pendu retourné comme un Pierre aux regards d’énucléé, la main dans la clarté difforme. Glass a des envies de branlette soudain, de perte de soi, de jouissance dans l’éparpillement sous forme de gouttelettes, la nuit la plus longue, les couteaux qui se dressent et s’enchâssent dans la chair. « Tu sais ce qu’il te faut. Je sais ce que tu sais. »

Le chat qui jappe dans le noir perd la boule et saute dans le vide, au moment précis où Glass est à portée de griffes.

159. Glass Lit Dans La Neige Grise Et La Glace Noire

Posted in suicide with tags on août 6, 2009 by 1000morts

L’homme est à nouveau assis à sa table, devant l’âtre où tremblent encore l’image de l’air et la chaleur de déformation. Il médite, élabore, ses synapses flashent plus que des flics aux heures de pointe, les contraires s’assemblent; la neige carbonique éteint son incendie intérieur, la glace noire entremêlée développe un réseau de réseaux, et comme une passiflore lance ses crochets vers les points d’ancrage les plus proches. Glass commence à lire le début de l’histoire, et ce qu’il voit lui colle une migraine du diable. Sa main griffonne à toute allure, remplit des pages et des pages, quand bien même l’étau se resserre autour de son front Glass ne peut lâcher le crayon, l’écran lui parle toujours, les Passages, les Plans, une femme aux cheveux sombres, un homme un costume-cravatte noir et chemise blanche, un autre qui finit masse originelle sous une triple lune, et le dernier, le vieil homme, et sa chair meurtrière. La routine, pour le Rouquin. Alors, d’où vient cette profonde envie d’en finir ?

122. Les Douze Heures De Chrome A Tikal : Sixième Heure

Posted in suicide with tags , , on juin 30, 2009 by 1000morts

Descente continue jusqu’à la Porte, enfin. Son étoile locuste brille sur le chambranle, accrochés aux murs du couloir des portraits vampires, les yeux suivent Chrome en mouvement, les crocs ressortent de la toile, horizontaux, pointés hérissés comme une haie du déshonneur.

Une plaque d’obsidienne brillant, impressionnante, sans fissure ni jointure d’aucune sorte avec son pourtour. Juste un dessin, trois lignes droites qui se rejoignent en deux points, et des étoiles cabalistiques, chutes de comètes, les météores interdits.

Chrome passe ses paumes doucement, caresse, examine les yeux collés aux fioritures. Hume le parfum de la silice, lèche la lave acide – ses papilles se rétractent en cascade – mais sèche sur le mode d’ouverture. Il vocalise les commandes usuelles, murmure, hurle, pratique les gestes et enchaînements de l’ennemi, s’arrache les cheveux et s’écorche les ongles sur l’aplat désespérément noir de l’obsidienne.

Puis il sort un flingue, plaque l’âme sur sa tempe, s’éparpille la cervelle sur un portrait qui se pourlèche les babines. Et la porte s’entrebâille.

114. Les Douze Heures De Chrome A Tikal : Quatrième Heure

Posted in suicide with tags , on juin 22, 2009 by 1000morts

C’est une impression vraiment étrange, pense Chrome. Les immeubles d’échine ondulent imperceptiblement ou presque. L’agent fugitif doit concentrer son regard sur un point fixe extérieur pour réaliser que, sous ses pieds, ce sont 38 étages qui se meuvent comme une dune sèche sous la main androgyne de l’eau et du vent. Avec un œil pointé vers cette tour à quelques pâtés de maison, il tend un bras vers la troisième endolune et l’autre vers la première exolune, puis Chrome ferme les yeux, enjambe le parapet et se laisse gagner par la torpeur du vol vertical.

064. Vision De Messaline En Alchimiste Du Sommeil

Posted in suicide on mai 3, 2009 by 1000morts

Messie manipule les flacons. Aubépine et passiflore, le double et lent poison des abrutissements.  Quinze gouttes de chaque alimentent un Lété temporel ; il n’est plus possible d’en déboucher, car toute bifurcation ne mène qu’à l’origine. Où commence le cercle ? Demande à l’allumette tendue par la main gelée. Et le scorpion cerné de flammes ne se donne pas la mort : il tue simplement la vie étrangère qui est en lui pour en sortir.

049. La Fée Du Golgotha

Posted in suicide with tags , on avril 18, 2009 by 1000morts

Syphilis, la fée aux mains vertes, la lady en gants blancs, ses gencives violettes, ses prunelles arc-en-ciel, ses pieds aux bouts carrés, ses griffes rétractables, et sa voix, sa voix, sa caverne buccale aux jardins d’épines, son golgotha, son suicide par crucifixion qui n’était qu’un Passage de bas étage.

036. Vision De Liz : La Mort En Cristaux Liquides

Posted in suicide with tags on avril 5, 2009 by 1000morts

Liz-la-Sorcière-des-Neiges, une tête plantée dans son globe de cristal liquide ; Liz est parfois un piège, un labyrinthe organique, où se perd la nutrition, cette munition de la vie qui s’autoflingue trois fois par jour.