Archive for the sacrifice Category

235. Le Waldorf Astoria Du Diable (7/7)

Posted in sacrifice with tags on octobre 21, 2009 by 1000morts

L’Astoria était médium, devin, étripeur de canailles. Sacrifice de vaudous, bûcher d’inquisiteurs, parfait instrument dans les mains du diable, le stylet déchirant l’enveloppe du ponant.

A cette heure où les corneilles vont décider de la vie et de la mort d’un peuple, nous étions là, au bord du crépuscule, à gauche le soleil-opale, à droite la lune-indigo. Et la marche qui monte ne menait qu’à la chute.

226. Le Waldorf Astoria Du Diable (4/7)

Posted in sacrifice with tags on octobre 12, 2009 by 1000morts

L’Astoria donnait le tempo. Tous lui obéissaient, des petites gens à ses pieds aux grosses légumes à sa tête. Certains dominaient le monde en empruntant la baie vitrée d’un étage supérieur. D’autres se contentaient de détailler ses veines incolores à sa base. Ce n’étaient pas les moins heureux, ils avaient accès à ce qui fait la vie de la chair, la pourriture du vivant, l’atteinte à la personne. Les huiles essentielles. La graisse grésillante sur le bûcher où s’efface, latéralement, l’existence.

Les matières fécales nous composaient. On était comme des enfants pétris dans la boue. Fuyants. Amnésiques. Et l’incandescence nous attrapait par la peau du cou et nous ramenait toujours. Dans ses couloirs étouffés. A traînailler comme des bandits manchots.

185. Je Suis Toi Et Je Me Vois

Posted in sacrifice with tags on septembre 1, 2009 by 1000morts

La vision s’approche de l’autel. La pulpe de ses doigts renifle l’encens, la persuasion, l’hypnotisme. La pulpe de ses tentacules explore les autres versions de la même pièce, ses diverses dimensions, les facettes de son diamant nucléaire. La vision s’approche de l’autel et c’est une rythmique, comme une déformation de battements cardiaques entremêlés, qui sourd d’elle-même. Chaque pore est un coeur qui ne demande qu’à percer ; une rangée d’incisives qui dessine, sur sa peau, les pointillés à découper. La vision s’approche de l’autel-silhouette où baigne Liz sous un manteau de miroirs.

134. Les Douze Heures De Chrome A Tikal : Huitième Heure

Posted in sacrifice with tags , , on juillet 12, 2009 by 1000morts

L’homme dans son fauteuil roulant, l’homme aux moignons de doigt sur le second accoudoir. L’homme ne parle pas, mais il sait où se trouve Messie. Alors, où est-elle, demande Chrome.

L’homme assis ne répond pas. Il ne parle pas, mais il communique. Loin, pense-t-il, et la pensée de Messaline lointaine pénètre la pensée de Chrome.

Où ça, loin ?, se demande l’homme rafistolé debout. Ça veut dire quoi, loin, quand on a traversé la peau de Tikal pour déboucher dans les intestins des Plans ?

L’homme assis ne bronche pas, sa respiration sifflante, la main sans presque de doigt ne frémit pas au souffle du courant d’air étouffant. Son café fumant expurge l’oxygène et le remplace par des particules de cyanure. Peut-on se mithridatiser contre la vie, s’étonne Chrome.

Oui, à force de temps et de disparition de soi, répond l’homme plié. A force de faiblesse et de fleur de sel, dit-il en son for intérieur. A bout de patience.

Où est Messaline, redemande Chrome, inlassablement, minute après minute. Où est Messaline, martèle-t-il  Où est Messiaen. Où est la Danseuse, indic ?

Indic, oui, c’est bien cela, un indic, marmonne l’homme assis. Un indic, une saleté d’indic, une balance, une sœur Parque, un aveugle manchot mais qui a la vision, pas vrai ? L’homme rassis ricane intérieurement, et ses éclats résonnent dans la boîte crânienne de Chrome, qui hurle Pourquoi ne répondez-vous pas à ma putain de question.

Parce que la réponse tuerait plusieurs galaxies ; si Messaline revenait sur Tikal, voilà ce que cela signifierait. Mais je peux vous donner son prochain point de passage, si vous le désirez. Vous connaissez le prix, l’élément du troc, la mesure du sacrifice.

112. Les Douze Heures De Chrome A Tikal : Troisième Heure

Posted in sacrifice with tags , , on juin 20, 2009 by 1000morts

Impossible de ne pas rater l’Astoria de Tikal : c’est un bunker souterrain. «J’aurais pu chercher plusieurs vies, pense Chrome. J’aurais pu sacrifier plusieurs fois Messaline. J’aurais pu…» Sa voix s’éteint dans son oreille interne, subsistent sa respiration et les coups sourds de son palpitant, une vraie nuit de boucan d’enfer.

Sur Tikal, le Waldorf se love sous un pan entier de quartier. Un morceau de morceau, le marbre sous un caramel suant. Sous Tikal habite le Diable et ses suites qui n’ont jamais vu le jour, gonflées, blanchâtres, aveugles, que de la chair bouffie et des dents, beaucoup de crocs, des myriades d’incisives, des légions de molaires, enchâssés dans une gencive mauvaise montée sur pattes. Et le Waldorf Astoria est leur repaire, la sauce où ils baignent, sous couvert d’abri antiatomique c’est ici que les atomes sont séparés.

On ne descend pas dans le Waldorf Astoria tikalien. Ici plus qu’ailleurs, les ouvriers qui l’ont littéralement creusé dans les strates marmoréennes l’ont payé de leur vie. Ils ne sont pas tombés dans le vide béant du chantier, non : ils ont été avalés par l’immeuble inverse.

082. Vision De Liz : Low (Again)

Posted in sacrifice with tags on mai 21, 2009 by 1000morts

Au milieu des pierres dressées, son ombre, comme un animal mutilé, devient canal pour l’énergie de la terre qu’elle accouple à la furie des spectres et des vampires. Le géant d’osier, ces flammes qui lui lèchent la peau, l’oubli picotant des nerfs qui carbonisent, et cette liquide sensation des yeux qui fondent. Liz-la-Promise arrachée d’un autel de buisson réclame vengeance au milieu des hurlements et de l’appétit vermifuge.

065. Lorsque Nile Se Projette En Astral

Posted in munchhausen, sacrifice with tags on mai 4, 2009 by 1000morts

Lorsque Nile habite à nouveau le rouleau de pellicule originel des Cités, la bobine frissonne légèrement dans son acier. Et les ombres projetées, dans le coffre fort où elle est enfermée, rejouent la sarabande de Yule et Thulé et s’arrachent leurs yeux de pétales en agonisant les nuits de typhons.

056. Slough Feg

Posted in sacrifice with tags , , on avril 25, 2009 by 1000morts

Liz sorcerise dans son trou dans la terre, ses sept poteries bulbeuses fumant de sept essences, hêtre, if, noyer, pommier, aulne, noisetier et surtout saule. Dieu Du Passage, dieu peint sur les parois internes de Liz, dieu à la corne brisée par la danse, dieu de la trinité idéale : mouvement, changement, simplicité.

Les volutes quintessentielles déplacent les ombrures au plafond et s’extirpent pour embaumer le chemin d’accès, tout juste une fissure dans la paroi abdominale de la montagne qui brûle en son sommet. Les pièges tapis, le carrelage noir et blanc, les portraits aux yeux mouvants, minotaure caché derrière une porte, vampires et fantômes, le dragon charmé et la flèche qui ne manque jamais son but, formule magique, outils qui creusent et déblaient par eux-mêmes, les parties de dés où se jouent la vie d’un homme. Liz, blottie au fond de la montagne sacrée, perpétue ses ensorcellements. Ses trois clés multiplient leurs erreurs d’un éparpillement dans les souterrains, les galeries, le labyrinthe, une conque de déraison. Liz appelle le dieu cornu des anciennes croyances, l’animal humain, son dévouement dans l’ouverture des portes menant aux enfers respectifs. Et l’acier mêlé de sang se goûte dans son rire.

032. Vision De Liz : La Montée Des Scorpions

Posted in sacrifice with tags on avril 1, 2009 by 1000morts

Ptolémée brandissant son ankh face au soleil, tous deux horizontaux, lentement levant le bras vers le soleil, refaisant le geste, encore, sa toge empourprée par le feu divin, encore et encore, l’or salissant le bleu nuit, Ptolémée communiant communiquant avec le seul vrai satellite de son Monde, et Liz a sa vision d’un dieu protéiforme auquel elle s’offre, ses filaments de puissance contrecarrant sa naturelle inclination à posséder, Liz-la-Coupe accueille en son giron la perspective de guingois d’un univers qui n’est plus le sien. Liz-l’Holocauste se laisse tuer des milliers de fois pour servir son Maître.

020. Les Poches De Johann Wier

Posted in sacrifice with tags on mars 20, 2009 by 1000morts

Toute la troupe rassemblée à mi-chemin entre ciel et terre. L’autel est dressé, le velours y combat le satin, l’odeur pénètre les canaux oculaires, l’odeur, l’odeur des ongles arrachés. L’obsidienne joue sur le double sens des mots prononcés et tus, le basalte officie aux fondations, une manière de hauteur.

Profusion : son nom est légion. La victoire en surplomb. Et c’est une cacophonie qui prend le pas sur l’avancée des dramaturgies. La victoire des sans-sens. Le démiurge des belettes. Le duc de la peste. Parmi ses familiers : l’aconite. La fleur aux chiens. Décoction de flèches empennées de plumes de cyclopes. Les carquois sont pleins jusqu’à la gueule. Les dents sont prêtes à ronger leurs liens. Réduire les battements cardiaques, diminuer la pression artérielle, circonscrire l’inflammation. Empoisonner l’eau des conquérants.

Accouchée par césarienne, la meute s’ébroue à l’aune du crépuscule. Les montagnes oculaires se détachent sur le noir marqué de lait rougi. L’air et l’onde sont électricités. La fréquence des couleurs s’estompe, laisse place aux quilts du jais. Plus un grognement, et déjà l’heure approche de se retrouver seul face au vide.

– Amants de la nuit contrariée…

Au sommet entre les pierres, au pied des cimes, l’argent sent le soufre, et les poches de Johann Wier sont pleines à craquer.