Archive for the operation chirurgicale Category

228. Le Cinquième Satyre De La Colère-Serpent

Posted in operation chirurgicale with tags , on octobre 14, 2009 by 1000morts

J’ai habité dans un œil. Ma dernière mémoire vampire, greffée sans rejet, fixée au plafond, muscles atrophiés signifiaient spectacle permanent, l’immobile musée d’ombres chinoises, les discours préenregistrés de l’activité humaine, tout autour de moi, figé dans l’espace d’un lit sous la couverture, tubes pour nourrir et évacuer, prendre le relais, magnifier l’interne.

Dans mon corps vitré, mes os de verre, tout se déformait, bombé comme une mouche, en constant dévissement. Une expédition dans mon crâne, convaincu de vivre à l’intérieur d’une sphère, braquant ses canons d’orgone vers le haut en espérant un ricochet vers les rangs ennemis. Cruelle déception, pelotons d’exécution, j’ai perdu nombre de mes meilleurs scientifiques dans l’opération.

J’ai habité un œil, mais la greffe n’a pas pris, et me voilà, dans ma blouse d’hôpital, à hanter les couloirs de Notre-Dame-De-La-Douleur.

175. Le Guetteur De Doubles Qui Sont Un

Posted in operation chirurgicale with tags on août 22, 2009 by 1000morts

Au puits où les fauves vont boire, North observe à la jumelle les épanchements disjoints des siamois originels.

043. Où L’On Entend Chrome Invoquer Ses Origines Reptiles

Posted in operation chirurgicale with tags , , on avril 12, 2009 by 1000morts

Tout se joue sur un jukebox numérique, derrière le bruit des grilles d’un ascenseur qui se referment et projettent leur clarté entrecoupée sur le mur blanchi à la chaux. Tout se joue là, se dit Chrome, la main droite appuyée sur le côté de la machine, l’autre dans la poche intérieure droite de sa veste noire. Tout se joue là, tout au fond, se dit Chrome, derrière le bruit de la voiture qui s’arrête dans le parking du Core Motel, et dont les phares projettent sur le mur plongé dans l’obscurité de l’accueil des jets chauds.

Chrome sort sa main gauche de sa veste et l’appuie sur son front, laisse la capillarité de sa paume aspirer la sueur chaude, ses paupières se referment, sa vie intérieure est un dieu qui chante sur une certaine fréquence. Tout se joue là, dans la chiasse, dans un no man’s land gerbant, dans la parfaite sanieuse purée de foutre de ce motel émétique, se dit Chrome qui escamote de sa manche droite dans sa paume gauche une lame courte et recourbée – Chrome se penche, l’ascenseur descend, les phares s’éteignent, le Core Motel va bien sortir de son sommeil paradoxal et pour que l’effet tranche dans la chair du silence, Chrome sectionne le câble ombilical du jukebox à la base de la pire se courant.

Tout se joue là, dans la tête de Nile, dans son reflet sur une glace sans tain, dans la terrible marque qu’il a à la base de la nuque, se dit Chrome. Dont la voix intérieure a le sifflement saurien d’un ongle sur l’ardoise de sa nuit éternelle.

024. Où L’On Voit Chrome Changer D’Arme Au Mépris De Sa Vie

Posted in operation chirurgicale with tags , , , , on mars 24, 2009 by 1000morts

– Insérez vos données personnelles…

– [Chrome, agent WIH, matricule FXHD-16674]

– Insérez votre demande…

– [Elssler, Messaline, lieu de résidence actuel]

– Accès refusé.

(Comment ça, « accès refusé » ? C’est la première fois que… Son dossier n’est tout de même pas…)

– [Elssler, Messaline, statut]

– Confidentiel.

(Merde. Ils ont classé son dossier ? Ils ne sont même pas censés connaître son existence. A moins qu’on ne les ait tuyautés.)

(Je connais deux ou trois gars au parfum, qui auraient pu monnayer ce genre d’information. Même aux WIH.)

– Nouvelle assignation : Rossetti, Nile ; lieu de résidence : Core Motel, plan Tikal.

(Merde de chiotte, une mission à perpète, c’était pas le moment bordel. Pas que ça à foutre. C’est qui le gars, d’ailleurs ? Jamais entendu parler.)

– [Objet de l’assignation ; profil du sujet]

– Chasse & capture, vif, interrogatoire préliminaire sur place & escorte jusqu’au Cube Central pour interrogatoire profond ; artiste revendiqué (cinématographe), assassin de six cents personnes lors de la première de son premier long métrage, recherché pour meurtre de masse avec préméditation, association de malfaiteurs, faux et usage de faux, trafic d’organes, milice illégale, contrefaçon d’œuvres d’art, proxénétisme.

(Un charmant bambin : tout ça à moins de 33 ans, une partie de plaisir.)

(Ceci dit, quelqu’un sur Tikal peut me rancarder sur Messie – d’une pierre deux coups.)

– [Chrome, agent WIH, matricule FXHD-16674 ; mission acceptée]

– Bien sûr ; passage à l’armurerie obligatoire ; bon voyage.

Chrome quitte la chaise, déconnecte ses liaisons neuronales, ces fins fils de fibre optique tressée, invisibles à l’œil mais innombrables dans la fumée de certains cigares bleus de Sinhef Zone1, se passe la main dans les cheveux, repasse la porte qui se reclôt derrière lui dans un crissement de lame qui s’aiguise, reprend des couloirs de pénombre, l’enfilement des corridors murmurants, la grande menterie des plans préconçus. Chrome dévisse dans les étages intérieurs, dans l’entonnoir vert émeraude, suit les lumières, les sigles, les logos. Chrome aboutit au bout de la pelote filaire, devant les grilles de l’armurerie.

La jaquette noire lustrée, peau d’orque ointe et brossée avec amour, l’Armurier tend la main dès lors que Chrome est entré. Celui-ci sort son tube d’acier de son étui sous le bras, le dépose dans la serre tendue, s’assied dans le fauteuil de dentiste, noir et mélange cuir/latex. L’Armurier soupèse l’âme du chaland, sourit en manière de liane de crocs et empoche à son tour l’antiquité. « On va vous proposer mieux que ça, mon trésor », dit-il dans un couinement métallique. « Reposez le bras ici, je vous pris – désignant un accoudoir muni de lanières – et, surtout, détendez-vous. Cela pourrait faire moins mal ainsi. »

Chrome transpire un aura de peur mais pose le bras au lieu idoine. Les liens se referment d’eux-mêmes et claquent le long de la veine, d’autres invus s’enroulent autour de son torse et de ses cuisses, des seringues déboulent des doublures du rembourrage et injectent un maximum de scopolamine néo-synthétisée dans son système nerveux et ventriculaire, tandis qu’un fil de nano-diamant s’enfonce dans la veine de son bras droit, remonte les transports artériels et jusqu’au cœur où il sectionne les liaisons entre l’Est et l’Ouest, le Nord, le Sud et l’Extrême-Centre pour les remplacer par lui-même.

L’Armurier s’approche, sourit à nouveau mais au rictus de Chrome cette fois, coupe le fil du bout des doigts et fait un joli nœud.

« Pas d’inquiétude, mon précieux, tout ce qui dépasse se désagrège en quelques minutes à l’air libre. »

023. Vision De Liz : Partage Des Hémisphères

Posted in mutilation, operation chirurgicale with tags on mars 23, 2009 by 1000morts

Liz-la-Poisse, à trois ans défenestre son chien et son chat, découpés en deux et remontés l’un avec l’autre moitié de l’autre, explosés en bas des quatorze étages, personne n’a vu les coutures.

Mauvais karma.

016. L’Assuétude Des Elémentaux

Posted in operation chirurgicale with tags , , on mars 16, 2009 by 1000morts

«Je suis son esclave.»

Sa voix résonnait encore, propulsée par des cordes sèches. «Attaque-toi à moi.

– Pas besoin de chaînes pour toi.

Elle ne pouvait plus bouger, juste son amour autour du cou, une couronne d’épines et de fourrures, et ces pleurs sardoniques dans une des pièces contiguës, derrière une de ces portes, dans ce restaurant désaffecté où «les Marcheurs d’Enfer vont boire, boire jusqu’à chier par la bouche et se comprimer l’aorte jusqu’à plus soif, dit-elle.

– C’est le grand soir, je dis.

– Cesse tes conneries. Le crépuscule me tient éveillée, quand bien même la brise avait raison de ces liens, et la ronde continue, encore et encore, les pactes, les accords, le sens du commerce, rien de tout cela n’a cours ici, la seule monnaie qu’ils connaissent, c’est le collier de poisons, la gousse vénéneuse, la mithridatisation des élémentaux.

Elle ne bougeait pas, pourtant son corps craquait, les piqûres des corneilles laissaient des dessins mutants ; la varicelle des morts, ce vieux souvenir de mes 14 ans. Quelque part entre les grilles, à l’entour des pierres crevées.

Messaline planta son regard dans mes yeux, «Nile, ça recommence.

– Ne t’inquiète pas, j’ai tout ce qu’il faut.

Des renflements bougèrent le long de sa nuque, elle pencha la tête en avant, sa chevelure dégoulina sa poix sur mes genoux, ses joules du décès pesant sur mes cuisses, et quand la chose pointa son dard pour transpercer la chair je sortis une lame de mon avant-bras et déchiquetai la cervelle de jaguar femelle.