Archive for the disparition Category

374. Rouge Sur Chrome, Le Soleil Des Désossés

Posted in disparition, Uncategorized with tags on février 27, 2010 by 1000morts

Sa silhouette parsemée de hérissures comme des clous. Vengeance du contre-champ, douce douleur petit à petit qui atteint les rétines.

Rouge sur Chrome, le soleil des désossés.

Il avance parmi les ronces, s’empiffre de lumière, laisse la lenteur mordre ses bras qui glissent parmi les ronces. « En ces nouveaux territoires je ne suis personne ; en ces nouvelles contrées je ne suis rien. » Les caches d’armes sur l’île Art déco, contrebande des goules, Chrome en manière de coup de soleil, de brûlure d’estomac, ouvre enfin les yeux.

Les vibrations des couleurs, la danse de chaleur qui parcourt les distance, au visage de l’éternel couchant.

L’océan derrière lui, qu’il sent sans se retourner ; devant, la jetée, le ponton, des barques plates, un bâtiment de bois brut en longueur, ensuite un chemin qui se perd en disparaissant derrière une avancée rocheuse, puis la falaise, droite comme un précipice supérieur.

Chrome prend conscience de son mouvement juste avant de s’ébranler. Il hésite à explorer le bâtiment de plain pied, il en subodore les cadavres, les crânes géants qui explosent en aboyant, les fusils planqués cependant, des fusibles d’énergie, assurances sur la mort, des rats infectés, l’expression du contrôle, musiques et cynclintros du blafard, la vermine grouillant dans la paille et les caisses de bois. Il entrevoit les pieds de biche, la gnôle et les antiquités égyptiennes, la volonté du triomphe, occultisme au rabais, spirites en solde.

Chrome prend ses jambes à son cou et s’effondre en un spasme.

368. Vision De Wier En Fourmi-Lion Du Désespoir

Posted in disparition, magie noire, Uncategorized with tags on février 21, 2010 by 1000morts

Toute sa monarchie réduite à cela : un réfectoire vide aspiré par une âme qui implose.

326. Retour De Messaline Au Waldorf Astoria Du Diable (3/6)

Posted in disparition with tags on janvier 19, 2010 by 1000morts

2e étage, celui des prévisions, des cartes solaires, des atermoiements, de la nostalgie du futur, des effritements. La peinture s’écaille, les sirènes de police sont dans les conduits auditifs, et la répression fonctionne si bien que les paroles n’ont plus cours. Nous sommes protestants, nous affrontons la nature dans ce qu’elle a de plus dégueulasse.

C’est le niveau des artificialités, du plastique moulé, du blanc et des encaustiques. La tiédeur du pétrole contre la peau, une beauté mécanique, la grande perfection des mannequins modernes. L’amour total qui naît du coma. Le niveau des vibrations derrière les parois, de la douceur, des tissus indéformables, des matières primaires, de la couleur unique. De l’attente aussi, la misère, et l’oubli misérable.

C’est une tristesse qui flotte sous les globes, entre dans les narines, parcourt les systèmes, les billes de mercure, les dérivés, tout ce qui sent la main de la femme.

L’étage, la dernière fois que nous l’avons visité, semblait disparaître.

S’estomper.

Couler dans l’éternel répétition. Nul n’y survivait.

Le 2e étage, où la vie s’était figée, où le codex prévoyait le passé.

Iris qui se ferme. L’heure est aux remembrements.

La vie à l’envers. Accumulation et sang mêlés. Quelque chose comme une poupée de griffes qui abriterait la clé des sous-sols.

324. Passage De Chrome Déchiqueté Par Des Crocs

Posted in disparition, passage with tags , on janvier 17, 2010 by 1000morts

Le vent soulève ses cheveux noirs, corps qui ondule, yeux à trop voir, aveugles. Ses vêtements noirs, blancs, volètent. La gravité d’un instant, d’ores abasourdi par l’élévation et déjà appesanti par le vol. Sa serpentance démarre lentement, gentiment, il pourrait encore battre des ailes ; les nuages sont gorgés d’eau mais secs à sa gorge. Ils se percent à son passage, vomissent leur moiteur sur un sol qu’ils imaginent. Au centre de tout, en contrebas, ce point vers lequel il chute, ce point unique de l’alunissement en plein jour. Sa statue de saint Pierre, ce regard oblique, qui oblige à détourner le visage ; cette certitude de l’erreur. Tout s’accélère, Chrome se jette à toute vitesse vers la meute enragée, babines bavantes, crocs urticants, griffes, lames, tout un hérissement de pointes et de tranchants dressés vers sa pauvre enveloppe si facile à la scie, au scalpel, mais Chrome n’est plus là, ce qu’il était n’est plus, Chrome a disparu dans un flash de magnésium ultraviolet.

321. Comme Une Chair Absorbée In Utero

Posted in devoration, disparition, immolation, noyade with tags on janvier 14, 2010 by 1000morts

Ses os calcinés, Glass prend un instant conscience de sa position centrale dans l’univers. Glass est cavité dans la lave. Puis il est noyé, à nouveau. Et son fantôme règne sur des cascades. L’hypotisme de ses yeux. La rapide agonie de ses hyènes en troupeau. La naissance remplacée. Les bras percés de barrières et l’attaque des chiens. La chance dans les oreilles hors l’église où elle n’est pas. Le sens du tragique, politique de la main tendue, torture électrique, Glass tourne en rond et se retourne et se retourne. Mais son ombre reste gravée en lui comme une chair absorbée in utero.

306. A La Poursuite De L’Extrême-Alcool

Posted in devoration, disparition, etouffement, maladie with tags on décembre 30, 2009 by 1000morts

Le quartier du port paraissait le meilleur endroit pour se saouler jusqu’à l’oubli. Après tout, c’est un fils qui est mort, pensait encore North. Après la section, la séparation brutale avec sa proie, le chasseur sait qu’il a perdu la partie. Commence alors une autre poursuite, où perdre, comprend-il, permettrait enfin de gagner ? Henry North, porté disparu dans l’extrême-centre, se lance à la recherche de l’extrême-alcool, le condensé des essences, il parcourt les rues perpendiculaires aux docks, interroge, hume les alambics clandestins, les creusets souterrains, les adeptes de la Grande Démangeaison, les malades volontaires, ceux dont les plaies purulent de la meilleure dope métabolique, North fait commerce, transige, spécule sur la Sanie Merveilleuse, entrevoit des portes sans chambranle, des feuilles de papier suspendues dans les ouvertures des fenêtres mais il n’ose s’approcher par du déchiffre. Sa barbe s’allonge comme il marche, mange ses yeux comme il observe, s’étend à la surface de sa peau, reprend racine en ses millions de cages corporelles, elle est son à ses oreilles et sept saveurs sur et sous sa langue, spectre à son esprit qui épouse, exosquelette velu, son corps en marche.

305. Ciel Du Soleil D’Acier I

Posted in disparition, meurtre with tags , on décembre 29, 2009 by 1000morts

«… La seringue pénétra l’avant-bras et BLAMBLAMBLAM tête explosée contre le mur de briques rouges. Moralité : le Plan Byble tourne sur un axe-soleil. Les districts étalent leurs avenues à partir d’un centre unique aux nombreuses lignes de fuite : treize, pour un noyau simple de cinq terres. La race des deux-foix-nés est restreinte à quelques rares unités, et s’érige en véritable caste dans des cités-bunkers, endormie au creux des montagnes de l’Extrême-Nord. Les glissements de terrain de 1949 ont fait basculer les continents dans des plans différents. Skylight Republic, par exemple, nourrit ses monstres, cachés sous les croûtes de ses plaies de guerre. Le temps incarne ces changements de Nature, mais il n’est qu’un facteur ridiculement secondaire.»

Il lui sort son baratin tout en s’extrayant de la pièce sombre, envapée des lueurs débiles scène plongée dans le rouge profond, une tombe dans le soupir du son ; bruits de baleine, déboule sur la piste, trémousse ses courbes sur les planches, sous une rangée de lampes à pétrole brisées, jeu de miroir fait croire à un fantôme derrière elle mais SOUS la scène se déroulent des exactions pour les communs mortels en nourritures ; Messie tord son corps bras levés cassés, longs gants de soie noir, robe sans manches de velours pourpre, vague de corbeau ambre sur les épaules bouche et langue mouillée (on devine) ; tout s’éteint dans la lumière. Passe dans le sas du dehors.

SteelSun époussète son costume sombre légèrement atteint par les orgones mortes qui tapissaient les couloirs d’aluminium des mines d’alcool, ascenseur vers le haut à l’inverse, ressort dans un monde différent, indifférent. Le train arrive, se retrouve sans plan dans la ville dorée, immenses immeubles brillants, prend une ville au hasard, se perd, se retrouve, se rencontre, perd la mémoire en chemin vers les grands abattoirs de destins.

Tout se souvient du rien quand Messaline lui adresse enfin la parole.

304. A L’Ouest De Wier : Le Monastère

Posted in disparition, torture with tags on décembre 28, 2009 by 1000morts

Un homme disparaît sans enquête, juste un cauchemar qui s’incruste, déporte son ombre sur les chambranles, et cette main dessinée qui dépasse du coin de la porte cache mal ses crocs anormalement longs. Il existe peu de relations du monastère, il agit comme un anti-aimant, repoussant la pensée, éparpillant les intérêts, absorbant coprophage ses propres mystères. Personne ne regarde le monastère dans les yeux, cette forteresse contre l’océan, dressant sa falaise aux abords immédiats de Byble. Un furoncle de fureur au bord même de la bouche qu’est dans le fond Byble. Un main qui s’oppose à l’avalement. D’anciens baraquements militaires reconvertis en lieu de foi, où, à défaut de lame ciselée, l’on manie d’ores le fouet d’orties et le cilice démoniaque. Le collier étrangleur. Et où le concave n’aspire pas à le rester bien longtemps.

Les cellules y sont des puits, on y entend des grognements, des déchiquètements, des songes qui se passent mal. Des commerces avec soi-même. Et l’on y perd beaucoup, bien que pas assez pour en sortir. La mémoire. L’inespérance. Le dégoût de soi.

Le monastère de la Sainte-Trinité-Du-Diable est outil dressé contre la vie.

300. A L’Est De Wier : La Capitainerie

Posted in disparition with tags , on décembre 24, 2009 by 1000morts

Un homme gravit les escaliers, mais c’est une extension de Wier qu’il escalade, ver grouillant, amas cellulaire, Wier est à l’échelle du monde, du moins le croit-il. L’un de ses cinq points cardinaux, la Tour Noire, pont vers le corps éthéré de Byble, ses strates supérieures, à quelques encâblures des biospots, ce soleil techno qui brûle et suinte son électronique du contrôle. Les lèvres du Dieu Wier se sont refermées au-dessus des toits, des ponts et des nuages, et ses mâchoires de montagnes enserrent la vie de la ville, une existence qui ne se suffit plus à elle-même et aspire à l’expiration.

298. Fiction De Peau Sous La Mouvance De La Chair

Posted in disparition with tags on décembre 22, 2009 by 1000morts

Messaline irisée. Son nombre. L’incandescence de son élégie. Son appétence pour l’autodestruction, l’alcool et l’allumette mêlés en un cocktail baptisé Orgasme De Nonne. La haute silhouette qui s’imprime en creux dans les bars, boit, se consume, passe de bouche en bouche, mâchonne ses apprêts à la recherche du nouvel acier. Dans sa robe bleu électrique, Messie éclipse les beautés locales. Elle est lumière noire et nuit en plein jour, éteint les sens en réduisant les terminaisons nerveuses. L’image d’un oubli, du passé, d’une fiction de peau sous la mouvance de la chair. Et de l’admiration du reflet pour la viande qui l’a provoqué. Messie, son précipité dans un creuset vaginal.