533. Sous Son Dos L’Exosquelette De La Fin Des Temps : Attachement 2/2

Son sourire du feu, Liz à l’écoute des craquements de la pluie sur les murs, les lézardes envahissant les miroirs sur les murs, et les passages interstitiels, une lumière rouge foudre, voitures sans volants déboulent dans les bifurcations, tournent à angle droit dans les avenues euclidiennes, ces rêves sans bruit, ces lames poussées sur les paumes, et ces yeux fermés quand les géants lui tournent le dos. Leurs épées flammes. Les portes gardées en vain. Personne derrière les jardins. Les jardins derrière les paupières, dans les étages vides. Quelque chose se passe au soixantième étage, cette disparaissance, la vocation de rire dans le feu, sa voix comme ligne rouge discontinue sur son bras, coulant dans un flacon de verre blanc.

Est-ce toujours ainsi ?, dit-elle dans sa voix d’os.

Ses premières couleurs fossilisées. Pendentifs tremblant dans les soupirs.

Cette ville bleue, parcourue comme un chant vaudou, de serpents dans les parages, les fenêtres sans reflets, machineries immenses derrière les maisons closes, lentement, lents escaliers, lentes montées vers les cités abandonnées, ses jambes nues la trahissent, baiser des clôtures, le son cuivré des derniers abandons, et cette flambée dans l’huile du matin.

Elle continue de marcher.

Sa peau chante.

Elle vieillit sans parole, elle hurle le rien, l’alcool comme effet testamentaire, ses mains plongées dans l’eau des incendies.

Liz tend un bras vers le Soleil Bleu de Skylight Republic. Ses biospots cyanurés séparent l’or du poison. Partout la poudre et les corps secs. Intestins dénoués sous la lumière crue.

Liz tend un bras vers la Lune Pourpre de Tikal. Ses biospots muqueux, la musique de ses trous de verre, la souple engeance des danses qui s’y donnent, cette maison décevante, à moitié en ruine, en contrebas d’une forge à l’acier froid, et ces traces partout, ces chants à l’ouverture, retranchée dans sa chambre elle écrit des lettres du suicide, traîtresse dans les évocations du matin.

Liz tend ses jambes, jointes aux encolures, vers l’émanation du Core Motel, Les six chambres encore libres, vacuité des intérieurs, où résonnent les pas de cellule en cellule. Tout dessine des caractères romains. Brillant dans l’obscurité. Malades d’une énergie radieuse. Des tatouages démolis à la racine des cheveux.

Aucune rue ici ne se souviendra de sa voix.

Semaine après semaine.

Tous ces yeux brillant de couleurs.

Sous ses pieds les étoiles.

La peau des dragons.

La langue pointue des éperons.

Sous son dos l’exosquelette de la fin des temps.

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