531. Sa Langue Fissurée D’Angles Goûte Le Bruit Des Filaments Qui Cèdent : Dénuement 2/2

Des oiseaux, ici ?, se dit-elle. Des oiseaux qui plongent pour dévorer leurs proies. Des oiseaux immenses à son visage. Ils dévorent son foie, le lieu de tous les échanges, un creuset où tout le monde frappe, maisons de carton et de bois flotté, tomber dans les couloirs pour ne plus se relever, musique qui suinte des murs, sa propre petite cathédrale de toile et d’araignée.

Dans sa bouche un jardin d’écailles.

Penchée sur un mouvement, morceaux d’étoffe immobiles malgré la tornade, zébrures sur ses bras, vomissures, les dents pointues dessinent des autorisations sur ses bras, l’effet secondaire des préméditations.

Ce goût acide du poisson-globe. L’air qui pourrit tout. Ses poumons enflammés par l’eau. L’étincelle des remous.

Monocorde, sa voix sous influence. Drapée de dorsales, Liz parle aux surfaces. Les grandes cités vides où l’air est l’eau.

Sa langue se recroqueville. Fissurée d’angles. Elle sent la colère. Engloutit les épaves. Elle goûte le bruit des filaments qui cèdent.

Démangeaisons non euclidiennes. Sous ses pieds le sol qui remonte.

Elle touche le fond et émerge, bougie de fèces vouée à la solitude, recrachée sur la grève dans un grand rire sans écho.

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