529. La Musique Lente Des Confédérations : Chute 6/2

Quand elle sent le limon céder sous ses mains, elle sait qu’elle est remontée vers les profondeurs.

Son ciel d’eau enfoncé comme un clou dans la nuit indigo.

Hommage aux grandes cités vides sous la lune.

Mais ici la lumière n’atteint pas. Elle choisit la lâcheté.

Remonte vers la surface. Abandonnant derrière elle. Sautant dans le vide. Drapée d’espoir ; touchant la peau bleue des avenues, échangeant d’apparence avec le reste du monde, pourpre de sang, perdue pour toujours dans la foule, entourée de bulles d’acier, étoiles filantes, constellations qui perdurent, clouent ses bras sur le bois passé, ici son monde se réduit à des muqueuses, l’assemblage de ligaments qui fait sa vie, puis tout s’espace, se dilate, elle voit les poussières dispersées dans le vent, dans son dos les femmes couronnées d’étoiles, celles qui piétinent les anciennes créatures, réunies dans des motels, soleils d’opale où les miroirs sont d’eau lourde, troublée seulement par des fleuves à ses yeux.

Sa bouche trouve l’air.

Son jeu de serpents et d’échelles.

Perdue dans les labyrinthes où seule une voie mène au dénuement.

Les pièces magiques, cases cachées, cartes de l’assentiment, dés pipés qui remplacent le hasard, elle dévisse dans le ciel, pose une main sur le dernier embarcadère, repousse l’eau de l’air, bulle d’humidité dans la sécheresse des visages de larmes, les montagnes ne bougent pas, casse l’aileron, viole les jardins cramoisis, Et Liz se demande, pourquoi ressent-elle ?

Elle tourne en rond dans les eaux noires, Et Liz se demande, que reste-t-il ?

La musique lente des confédérations, autour des cendres dans les pièces froides, ces corps allongés parmi la chimie et les molécules étranges, pourquoi s’assemblent-ils ? Ils rient sous la peau bleue des oranges. Se prennent la main. Plongent au royaume quand elle en émerge.

Dans son empire de larmes.

Elle franchit les doubles fonds. La magie dérisoire des lunes calmes.

Emportée par le flot, elle pense à ses doigts sur un clavier. Ses doigts qui dansent autour d’une petite boîte annelée quand les horloges sonnent le soir. Tête baissée tous les deux. Sans le réconfort du goût de l’alcool sur sa langue.

Sa prise la trahit. Plus moyen de continuer.

Plus de force dans les doigts.

Fillettes attachées à des hommes aveugles.

Ces images qu’elle repousse. Dans la salive intérieure des montagnes.

Mentir et sourire.

Éviter de trop faire souffrir.

Clouée sur sa croix de mensonges.

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