525. Comme Généalogie Des Bâtisseurs D’Épaves : Chute 4/2

Tomber dans l’abysse est une façon de remonter à la surface.

Les tunnels ressemblent de plus en plus à un réseau de veines.

Elle attend l’écrasement ; elle appelle l’écrasement. La fin du temps, le courant d’air derrière la pierre, ces colonnes d’hommes tendues vers le plafond, ces étais squelettes, ossatures des générations successives, leurs cages blanches dans la terre noire, cité construite sur un meurtre, holocauste qui se dresse comme une vague, et leur peau blanche enserrée dans les barreaux, collée aux givres, animaux froids fixés à la terre, Liz pense à elle, ces pattes d’une même araignée, bruit des griffes sur la toile, leur basalte intérieur, papillon comme feuille morte tombée des bras secs, Liz bat des ailes mais la terre s’est déjà fermée sur elle.

Elle se relève. Pose une main à terre. Bascule sur la pierre. Agenouillée du silence, comme un bec enfoncé dans la gorge.

Ce poids sur l’épaule.

Couleurs d’hommes ascendants, ces photos encadrées près de la cheminée, ces cendres et leurs yeux partis en fumée, leurs mains parties en fumée, leurs verges parties en fumée, ces bâtisseurs d’épaves, assemblés en cercle autour de la table où elle s’allonge, elle pose les paumes sur ses yeux clos quand l’horloge sonne les six coups de minuit.

Cette odeur de chat fendu, se dit-elle. Et qui joue du piano dans la maison vide ?

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