510. Triste Vipère Enserrée Dans Son Gobelet D’Aurore

Ses mains aux quatre doigts, son âme-sorcière, sa procession de flambeaux, sa colère-serpent, ses espaces atténués de bézoards, sa robe-acier, ses échanges contre nature, ses hume-pistil, et la cadence avec laquelle elle descend les échelons, marche après marche vers la cave et plus bas que la cave, les passages secrets, les découvertes escamotées du soufre, étage bleu des concaténations quand tout boursoufle au toucher, tout la démange et l’hémophile, dans la terre ancienne, l’heure sonne pour le troc et l’anéantissement, devant la grande baie vitrée donnant sur le sable et le calcaire ensanglanté, devant la foule, devant les formes attablées qui la pointent du doigt, les sourires aux langues fendues, sa toux sonore, baleines échouées, ses souvenirs comme coagulation fossile, l’œuvre avance des outils du diable, ici creusent les fantômes dans la glaise des corps, ici les tunnels et la vie dans étuis de cuir, marqués des chansons dénuées de sens, la chance en première base, pioches débusquées dès l’aurore, masquent discrètement les fauteurs de troubles, la mémoire émiettée sur la couverture de boue savante, gravée au front des symboles de mouvance, l’homme aux gants de peau, les secrets du dessous, éclairs assouvis de chair, dans la crasse et la lueur, la danse des effrayés au sommet des mâts, mais ici les montagnes abattues, condensées dans l’incandescence d’un ventre de colline.

Liz-sans-nom, seule de son espèce, silhouette centrifuge, couverture tannée de cervelle, expose ses antennes au soleil noir des abîmes. Ici où la colombe dévisse dans les lacs d’acier définitif. Bas-relief aux cris de serpent. Dans les creux et les concaves.

Elle parvient à une fourche où elle ne s’aventure pas. Dans les cavernes violettes des interzones, résumé des opérations, une fois dans l’année où les âmes sourdent, enivrées de rosée, humant l’air aux pistils d’aube, au nord des fleuves fendus, soulignent l’invasion des insectes, Liz pointant les étoiles dans les toitures, la fluorescence, la musique ténue des ponts d’Obéron, ces avancées rocheuses enjambant les aqueducs souterrains, où elle s’offre aux recommandations des conseils de l’inceste, amour du pourrissement, course contre la mort, elle ignore qui s’avance parmi elle, figure encapuchonnée, l’heure tourne, bruit de balancier, de métronome dans les couloirs interrompus, de sauvagerie dans les pièces verrouillées de l’intérieur, cerveau gommé de crocs de boucher, chambre des mauvaises chances, aux lieux des vieilles créatures, bouffies de sainteté, violées dans l’adolescence par les reflets de tristesse et de carreaux de poussière, doigts marqués dans la sauge, racines de pendus, racines qui hurlent, sirènes des sous-sols, plongent et remontent respirer les airs du poison.

Liz repose l’amour où elle l’a trouvé.

Triste vipère enserrée dans son gobelet d’étain.

Tatouée dans sa peau de chimère.

Échouée des falaises trouées, fabriquées de toutes pièces, parcourues de tunnels cicatriciels, du flanc tacheté des lamentations.

Liz-la-blanche se repent du malheur des autres dans les grandes cités vides sous la lune.

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