483. Pour Assouvissement Des Estafilades Intérieures

Glass sent son corps crocheté se soumettre aux giclées de l’éclair. Les muscles fondent.

La vision grandit éclate et disparaît.

Dans ses oreilles la musique des retentissements.

Ce balcon d’hexagone comme une double étoile pliée.

Ici on voit tout. Les serpents géants dévorer les autoroutes.

On sent les cœurs s’emballer.

Les bouches étouffées de feuilles de plastique.

Glass pose un pied après l’autre. Lumière de la lune sur son visage.

Sous la porte de la chambre filtre la lumière du jour, mais sur ce balcon il fait nuit.

Il fait toujours nuit.

La lumière colorée de la verrière.

Ce balcon sur le toit.

Paratonnerre de la vie qui craque.

Signes cabalistiques d’un soleil à plusieurs voix.

Une main étendue, verticale, les doigts légèrement écartés ; l’autre à moitié fermée, pointant partiellement vers la première ; polaroids volés au passé ; sous cet angle, le monde paraît survivre ; sous cet angle, l’univers dépiauté par une colline sans passé, aspiré dans ses concavités, les tunnels gastriques, la musique des contreforts, et des générations de Glass pénétrés d’estafilades.

Une pièce à l’autre.

Une pièce à l’autre.

Glass se retourne et rouvre la porte étroite, pour assouvissement de son puzzle interne.

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