386. Chambres Corporelles Avec Vue Sur Un Autre Plan

Sa tête dans une bassine, la bassine dans ses mains, Lodger ne sait plus où donner de la tête.

Le raccourci l’a laissé sans souffle. Même l’ascenseur lui paraît menaçant. Plein de cadavres hypnotisés par la drogue.

Trop de naissances laissent des blancs dans la tête, des zones de crépuscule, des angles morts. C’est là mais ce n’est pas vu.

Lodger doit pencher légèrement la bassine pour que ses yeux voient plus loin que le bord d’aluminium.

Le prosaïsme de la situation lui échappe légèrement ; il a perdu au change. Mais les corps nus sont bien là, étalés sur leurs tables de fer, accrochés aux sommiers continus. Certains se meuvent doucement ; la plupart sont inertes. Les yeux, cependant : tous les yeux sont écarquillés. Attachés à une réalité qui n’est pas celle-ci.

Leurs matières composent une chambre avec vue sur un autre Plan. Un hôtel étrange à l’échelle d’un crématorium, dont Lodger est désormais le gérant.

Et l’unique locataire.

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