373. Passager (10/10)

Le soleil au zénith trouve le Passeur sous un orme, un arbre étrange qui ne pousse plus ici. Un pot de terre cuite est posé à ses côtés, il est assis à l’ombre, appliquant l’onguent sur ses cicatrices. Des lignes rouges sur ses bras et ses jambes, et labourant son torse nu dans la lumière vibrante. Ses cheveux noircissent légèrement sous le poids de l’ombre bleutée.

Encore une chaleur à vitrifier l’asphalte.

Un peu plus loin, les vagues accordent aux engoulevents un autre jour de répit. Une tache rousse s’approche de l’arbre, trottine au milieu des herbes rares, dodeline de la tête, avise une poussée de fraîcheur sous une branche avancée, pas trop proche du Passeur, et s’assied. La chose arrondie se lèche tranquillement les pattes.

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