347. L’Occupante Des Espaces Mentaux

L’oubli fait d’elle une Messaline parfaite, plus achevée encore que l’original.

Syphilis, maîtresses des coins de rue mal éclairées, des propagations de rumeurs, obscurarum viarum imperatrix parmi les essences rares, appuie là où ça fait mal, où la plaie creuse la voie des vers. Et des métamorphoses.

Elle, dans les coulisses, s’assied devant le miroir enguirlandé d’ampoules nues. Les autres danseuses, phénomènes de foire, l’observent du coin d’un oeil unique écarquillé, les veinules à se rompre, le souffle coupé de longues minutes, Phylis assise toujours, contemple son anatomie, occupe l’espace physique, dévore l’espace mental, digère le temps comme pain sec et eau, son entourage s’efface lentement car seul compte son reflet dans l’eau tétanisée.

Son affreux visage s’est passé de maquillage. Sa collection d’âmes lui rosit les joues.

Elle quitte sa chaise et éteint définitivement les lumières de sa loge.

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