308. La Vue Pétrifiante De Sa Gorgone Laideur

– Où sommes-nous ?
– Byble, ma préférée. La vie ici est comme un rêve.
– Ta vie est un rêve, mais par rapport à quoi ?
– J’ignore ce que je suis, si tel est le sens de ta question. Mais je sais où je suis. Byble.
– Tu parles d’un axe-soleil. Celui du Dharma ?
– Byble est une roue, en effet, mais pas un cycle de vie. Pas même un cycle de mort. Peut-être un peu des deux.
– Ou la logique de la vie appliquée aux champs de pavots inverses de la mort.
– On ne saurait mieux dire. On va boire un verre ?
– Tu es trop léger pour cette gravité, tu ne crois pas ? Et SteelSun, ce nom, d’où vient-il ?
– A force de Passages, je suis venu de partout. On ne peut tous recevoir un patronyme de danseuse écarlate.
– Tu te moques, tu souris mais tu ne m’as jamais vue danser.
– Comblons ce manque, veux-tu ? Je connais l’endroit. Un lieu en forme d’oeuf renversé. Ce sera parfait pour toi.
– Pour moi ?
– Et pour ton mode de nutrition. Suis-moi.
– Tu te moques à nouveau.
– Tout ceci n’est qu’un grand cirque, ma chérie. Un grand cirque lunaire. Et nous sommes reflets torturés, peintures animales, illusions de visage projetées sur une tête de plâtre sans expression. Tu comprends ça en débarquant à Byble. Et si tu ne l’as pas compris, c’est que tu n’as pas encore senti la ville tourner sur elle-même. Grincer sur ses fondations. Mirer sa réflexion dans l’océan. Et crier de rage à la vue pétrifiante de sa gorgone laideur.

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