304. A L’Ouest De Wier : Le Monastère

Un homme disparaît sans enquête, juste un cauchemar qui s’incruste, déporte son ombre sur les chambranles, et cette main dessinée qui dépasse du coin de la porte cache mal ses crocs anormalement longs. Il existe peu de relations du monastère, il agit comme un anti-aimant, repoussant la pensée, éparpillant les intérêts, absorbant coprophage ses propres mystères. Personne ne regarde le monastère dans les yeux, cette forteresse contre l’océan, dressant sa falaise aux abords immédiats de Byble. Un furoncle de fureur au bord même de la bouche qu’est dans le fond Byble. Un main qui s’oppose à l’avalement. D’anciens baraquements militaires reconvertis en lieu de foi, où, à défaut de lame ciselée, l’on manie d’ores le fouet d’orties et le cilice démoniaque. Le collier étrangleur. Et où le concave n’aspire pas à le rester bien longtemps.

Les cellules y sont des puits, on y entend des grognements, des déchiquètements, des songes qui se passent mal. Des commerces avec soi-même. Et l’on y perd beaucoup, bien que pas assez pour en sortir. La mémoire. L’inespérance. Le dégoût de soi.

Le monastère de la Sainte-Trinité-Du-Diable est outil dressé contre la vie.

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