290. L’Armée Des Trois Nords

Sort de l’hôpital écroulé. S’éloigne dans une rue de traverse. Avise la chambre éclairée. La lueur ocre. Les jeux d’ombre sur les rideaux. Lui semble une foule alors qu’il n’y a qu’un seul homme. S’engage sous le porche de l’immeuble d’en face. Monte les escaliers quatre à quatre tout en dégainant un long tube d’acier. Ajuste le viseur quand déboule dans un appartement, charge dans un couloir, engage la première cartouche dans une chambre à coucher, perce d’une balle les deux parts du couple accouplé, et appuie son coude droit sur l’appui de fenêtre. Fait un avec la lune, sa lueur ocre qui traverse le verre et transperce la rétine. Comme un millier d’aiguilles de pin à travers le chas de la pupille. Sa rage contamine la piège qui se recroqueville comme une chenille. En face, rien n’a bougé. Les silhouettes creuses attendent qu’on leur coupe le fil. North est trois sous la projection de la lampe de chevet, du lampadaire et de la lune, ajuste son oeil de verre, appuie sa paire de ciseaux explosive sur son bras, et prend la mesure d’un espace qui pourrait tout aussi bien être infini.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :