272. Le Syndrome D’Euryale IV

« Je sais que tu m’entends, je sais ce que tu es. Tu es le plafond de verre au-dessus de cette ville fausse, le confluent des fleuves sous terre, les bissectrices et les ordonnées, les noeuds telluriques, les angles obtus, pointes et concavités. Tu m’obéis en sachant qui je suis, L’Une Des Trois, L’Une Des Trois. Je suis survivance. Tes yeux de pierres voient le monde à leur semblance ; ainsi entendent tes oreilles. Le monde est lourd sous tes paumes appuyées ; son goût est celui du galet mouillé de salive, son odeur celle du moellon qui éclate percé par l’incendie. Je suis vision, oeil de chat émeraude, racines les plus anciennes. Tu es à moi », soupire-t-elle l’index pointé vers Glass, et depuis son banc opposé, chantonne doucement. Des ultrafréquences qui caressent sa peau de statue. Les yeux clos, les lèvres à peine mobiles, Euryale est un automate noir à six pattes recroquevillé dans la position du dross. De caresse, son chant se fait morsure. Laisse des sillons de griffures. Et craquèle comme une pellicule de calcaire la seconde peau de Tim S. Glass.

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