251. Le Syndrome D’Euryale I

Glass sort de l’immeuble pour se jeter dans la foule comme une épaule démise. Il mâchonne les mots qu’il avale et régurgite, ça lui laisse un sale goût de bile au fond de la gorge. Il se sent d’humeur chiroptère, les passants sont fontaine de sang, pistils gorgés, il doit s’asseoir quelque part, avise un parc caché derrière une antique porte de pierre blanche et s’assied sur l’unique banc libre de deux.
Glass transpire terriblement, malgré le froid, la neige. Il a son propre soleil de honte prêt à carboniser la Terre.
Perdu dans ses pensées, celles soufflées par le fantôme de la fille en noir, il sent une pression sur son crâne baissé. Des doigts manipulent son lobe frontal. Un moiré frange-pie se pose sur son genou. Il relève la tête et capte un double faisceau braqué sur lui, deux iris d’émeraude qui le fixent avec la vulgarité d’une plante carnivore, et le clouent sur place. Son sang se solidifie. Ses muscles deviennent de l’os.
Glass est pris au piège.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :